Le PAPE DICTATEUR par Marc-Antoine Colonna 5/6

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Message par Gilbert Chevalier le Dim 3 Fév - 10:14

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5. MISÉRICORDE ! MISÉRICORDE !

« L’Église est une histoire d’amour. Si nous n’y parvenons pas, nous n’avons rien compris de ce qu’est l’Église. »
(Pape François, méditation du matin dans la chapelle de la Casa Santa Marta, 24 avril 2013)

1) La destruction des Frères Franciscains de l’Immaculée

Lorsque Jorge Mario Bergoglio est sorti de la loggia de la Basilique Saint-Pierre et est devenu le premier Pape à prendre le nom de François, il a semblé correspondre parfaitement au pape réformateur que le public avait voulu. En utilisant ce nom, il a choisi de rendre hommage au grand saint médiéval et réformateur saint François d’Assise, aujourd’hui le plus étroitement associé à la « sainte pauvreté », le thème principal du nouveau pontificat du Pape. L’hagiographie sélective a réduit saint François à un pacifiste portant des sandales et aimant les animaux, mais le vrai homme était un sévère défenseur de la foi, prêchant l’obéissance à Dieu à travers Son Église. Loin d’une aversion au prosélytisme actif – appelant franchement les non-catholiques à la conversion – saint François se rendit en Égypte pour confronter le sultan et prêcher le nom du Christ au risque du martyre. En même temps, ses lettres témoignent de son insistance à honorer Dieu dans la liturgie avec de précieux et beaux meubles d’autel.

L’authentique spiritualité « franciscaine » a été redécouverte et réincarnée à notre époque avec la fondation d’un nouvel institut religieux, les Frères Franciscains de l’Immaculée, en 1970 à Frigento en Italie. Les Pères Stefano Maria Manelli et Gabriel Maria Pellettieri étaient des Franciscains Conventuels qui voulaient revenir à une forme plus rigoureuse de vie religieuse. Manelli est considéré comme un pionnier de la vie spirituelle, ayant rédigé la « Traccia Mariana », un plan marial pour la vie franciscaine qui expose le charisme, la prière et le dévouement de l’Ordre à la Vierge Marie. Elle peut être considérée comme le noyau de la spiritualité unique de l’institut.

La dévotion spéciale du nouvel institut à Marie a été enracinée dans la spiritualité de saint Maximilien Kolbe, Franciscain polonais décédé à Auschwitz. En 1990, l’Institut a été élevé au rang « d’institut de droit diocésain » par l’archevêque de Bénévent. Alors que le reste de l’Église tombait dans une grave crise des vocations, les vocations des FFI abondaient et bientôt le besoin d’une branche féminine devint évident. En 1993, l’évêque de Monte Cassino a érigé les Sœurs Franciscaines de l’Immaculée, un institut religieux de femmes qui vivaient selon la Regula Bullata (147) et la Traccia.

En 1998, le Pape Jean-Paul II a fait des Frères Franciscains de l’Immaculée un « institut de vie religieuse de droit pontifical », et a étendu cette reconnaissance à la branche des Sœurs la même année. L’Institut a continué de grandir et s’est étendu dans le monde entier en Argentine, en Autriche, au Bénin, au Brésil, au Cameroun, en France, en Italie, au Portugal, au Nigéria, aux Philippines et aux États-Unis. Il servait surtout dans les pays pauvres où il était difficile de trouver d’autres ordres pour entreprendre un travail missionnaire. Avec ce renouveau, le Père Manelli suivit l’idéal défini par le décret de Vatican II, Perfectae Caritatis, sur le renouveau de la vie religieuse qui appelait à un « retour aux sources », les charismes originels de leurs fondateurs.

De leur histoire et de leur esprit, les Franciscains de l’Immaculée semblaient être tout ce que saint François représentait et tout ce que le Pape François attendait d’un institut religieux : la pauvreté la plus stricte, une vie de prière intense et un engagement missionnaire. La pauvreté, en particulier, était vécue littéralement par les Frères : leurs communautés vivaient de dons, attendant de la Providence pour trouver des personnes prêtes à subvenir à leurs besoins. On pourrait appeler cela une étude de cas par l’insistance du Pape François sur la pauvreté et l’aide aux pauvres.

Pourtant, quelques mois seulement après l’apparition du Pape François sur la loggia de Saint-Pierre, l’histoire des Frères allait s’aggraver. L’histoire de ce que l’on ne peut décrire que comme la persécution papale d’un ordre religieux florissant restera peut-être dans les mémoires comme l’une des plus étranges de l’époque moderne.

---
(147) Règle originelle de l’Ordre Franciscain, approuvée dans une Bulle Papale en 1223.

(traduit de l'anglais : The Dictator Pope (Marcantonio Colonna) )
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>>> Le CAS d'un PAPE HÉRÉTIQUE : comme François l'est, concluez.
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Message par Gilbert Chevalier le Lun 4 Fév - 10:50

Une erreur fatale :
l’amour de la tradition liturgique

Dans les dernières années du pontificat de Benoît XVI, les Frères de l’Immaculée avaient commencé à utiliser l’ordo pré-Vatican II de la Messe. Même après la publication du Motu Proprio de Benoît XVI, Summorum Pontificum, en 2007, l’utilisation de l’ancienne forme liturgique a été largement contestée par les évêques, surtout en Italie. Néanmoins, l’intérêt pour son usage a connu une croissance constante, et c’est peut-être cet intérêt grandissant pour les formes traditionnelles de la liturgie parmi les vocations plus jeunes des FFI qui a suscité la colère du Vatican. Lorsque l’Ordre vota pour utiliser l’Ancien Rite de préférence, ils devinrent immédiatement le deuxième groupe le plus important de l’Église pour le faire, avec plus de 200 prêtres, 360 frères et 400 moniales. Le signal adressé à l’Église dans son ensemble par cette communauté populaire qui abandonne la Forme Ordinaire ne pouvait pas être supporté par des hommes voués au nouveau paradigme catholique.

Les FFI ont commencé à utiliser régulièrement l’ancien rite après la publication de Summorum Pontificum. Au chapitre général de 2008, ils ont pris la décision d’adopter la forme extraordinaire de la messe dans tout l’ordre, tout en continuant à célébrer la Forme Ordinaire dans les communautés et les paroisses qui leur ont été confiées ; cette tentative de « bi-ritualisme » devait être catastrophique. Sensible aux répercussions politiques d’être étiqueté « traditionalistes », le Père Manelli s’est fait un devoir de continuer à célébrer la Forme Ordinaire lorsqu’il a rendu visite aux paroisses de l’Ordre. Il s’efforçait d’expliquer que ses frères ne rejetaient pas Vatican II dans leur décision liturgique. En mai 2012, le chapitre général des Sœurs Franciscaines de l’Immaculée, ainsi que la branche contemplative, ont également exprimé une préférence pour l’utilisation du Vieux Rite dans leurs chapelles.

Jusqu’à la fin de 2011, cette décision a reçu peu d’avis de Rome. Dans une lettre du Père Manelli et de ses conseillers datée du 21 novembre 2011, le Secrétaire Général des Frères a envoyé à toutes les maisons quelques normes indicatives pour l’utilisation de la Forme Extraordinaire, certaines communautés donnant la priorité à l’ancien rite et d’autres gardant la Forme Ordinaire. Celles-ci ont été approuvées par la Commission Pontificale Ecclesia Dei dans une lettre du 14 avril 2012.

(traduit de l'anglais : The Dictator Pope (Marcantonio Colonna) )
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Message par Gilbert Chevalier le Mar 5 Fév - 10:57

Le Décret et le début de la persécution ouverte

Cela a changé lorsque le Cardinal brésilien João Braz de Aviz a été nommé à la Congrégation des Religieux en janvier 2011 : l’année suivante, il a ordonné une enquête sur les affaires de l’Ordre. Le 11 juillet 2013, la Congrégation a publié un décret exigeant que tous les prêtres des FFI cessent d’utiliser l’Ancien Rite de la Messe. « Si l’occasion se présente, le recours à la forme extraordinaire (Vetus Ordo) doit être expressément autorisé par les autorités compétentes, pour chaque religieux et/ou communauté qui en fait la demande. » La Congrégation pour les Religieux dissout le Conseil Général de l’Ordre et nomme un Commissaire Apostolique, le Père Capucin Fidenzio Volpi, comme supérieur effectif de toutes les communautés de la Congrégation et dont les dépenses sont à la charge de l’Ordre. Il devint également largement connu qu’il y avait de mystérieuses « allégations » contre l’ordre et son fondateur, le Père Manelli, mais Volpi et le Vatican refusèrent de les clarifier, alors que des rumeurs circulaient sur Internet. Ils comprenaient des récits sinistres d’un « vœu secret » (148) indéterminé que les membres avaient reçu l’ordre de prononcer. Des histoires affreuses ont été divulguées à la presse à scandales, avec des "ex-sœurs" anonymes prétendant que les sœurs avaient reçu l’ordre d’écrire leurs vœux dans le sang et de se « flageller » elles-mêmes pour la durée de « cinq Notre Père, cinq Ave Maria et cinq Salve Regina » (149).

Lentement, cependant, les réalités sont devenues claires à mesure que l’information était filtrée par des sources plus crédibles, souvent plus tard pour être corroborée par des officiels. On a appris qu’un groupe de cinq ou six « dissidents » de l’ordre s’était plaint au Cardinal Braz de Aviz, s’opposant particulièrement à l’utilisation de l’Ancien Rite, mais faisant allusion à d’autres délits, bientôt annoncés, qui n’ont finalement jamais vu le jour.

Parmi ces dissidents se trouvait le Père Alfonso Maria Bruno, bien connu pour son travail médiatique qui l’a rendu populaire en Italie. Le Père Bruno a été rapidement nommé porte-parole de l’ordre en Italie, et a dit à Catholic News Agency que la question de la Messe n’était « que la pointe de l’iceberg », bien qu’il ait refusé de préciser. Les FFI étaient maintenant largement soupçonnés d’une sorte de comportement inapproprié, un "baiser de mort" sous-entendu, compte tenu de l’alarme sur les scandales d’abus sexuels des prêtres. Un autre nom majeur de la saga est celui de l’Américain, le Père Angelo M. Geiger. Lui aussi avait une présence importante dans les médias sociaux et devait devenir le gardien efficace de l’ordre sur Internet, filtrant l’information par le biais des comptes YouTube et Facebook et du site Web de l’ordre. Le Père Bruno est allé jusqu’à accuser les sœurs contemplatives de la congrégation de tomber dans « l’hérésie et la désobéissance ». Comme aucun journaliste n’avait accès à qui que ce soit d’autre que ces deux-là, il était impossible de vérifier ces affirmations.

Avec tout cela, les Frères et Sœurs de l’Immaculée ont jugé nécessaire de publier une note « officielle » le 3 août 2013, expliquant que les allégations étaient fausses. Le Père Manelli « non seulement n’a jamais imposé à toutes les communautés des F.I. l’usage – et encore moins l’usage exclusif – du Vetus Ordo, mais il ne veut même pas qu’il devienne l’usage exclusif, et il a personnellement donné l’exemple, en célébrant partout selon l’un et l’autre Ordo ». Cette réponse n’eut cependant que peu d’effet ; le décret du Vatican fut exécuté et largement dépassé au cours des trois années suivantes.

---
(148) Les membres de l’ordre font un quatrième vœu « Marial » en accord avec leur charisme dans lequel ils sont spécialement consacrés à la Mère de Dieu et s’engagent à travailler pour la venue du royaume du Christ dans le monde. Les vœux supplémentaires spécifiques au charisme particulier d’un ordre sont normaux dans la vie religieuse catholique.

(149) L’appétit pour de telles fables de Maria Monk de la vie de couvent ne semble jamais être mort parmi une certaine classe de lecteurs. Mais leur authenticité est facilement éliminée. Quant à « l’autoflagellation », l’utilisation de « la discipline » – un petit bouquet de cordes faites à cette fin et strictement réglementées dans les règles d’une communauté – a été considérée comme une pratique pénitentielle normale de l’Église dans tous les siècles jusqu’au Concile Vatican II. La signature de vœux dans le sang est suffisamment absurde pour être simplement oubliée.

(traduit de l'anglais : The Dictator Pope (Marcantonio Colonna) )
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 6 Fév - 11:10

Le Pape sait-il ?

Plus importante que la question de la forme de la Messe – même avec ses répercussions politiques plus larges – était cette affaire comme indication des nouvelles méthodes du Pape. La façon dont le Pape François a traité la lettre des dissidents a été perçue dès le début comme une rupture radicale avec la façon de gouverner de Benoît XVI. La loi de l’Église inclut les principes de la preuve et de l’application régulière de la loi, mais l’absence de toute justification normale, que ce soit pour la visite initiale de 2012 ou la nomination subséquente du Commissaire, était révélatrice. Aucune cause spécifique d’inconduite n’a été mentionnée dans le décret ou à tout moment par la suite. Les raisons des mesures canoniques prises semblaient insuffisantes, voire triviales.

Le deuxième signataire du décret, l’Archevêque José Rodríguez Carballo, est un personnage d’une importance particulière. Le Vaticaniste Sandro Magister a écrit : « Rodríguez Carballo... jouit de la confiance totale du pape. Sa promotion en tant que second de la congrégation a été soutenue par François lui-même au début de son pontificat. » La nomination de Rodríguez Carballo à la Congrégation pour les Religieux fut en fait la première nomination majeure du Pape au Vatican en avril 2013, moins d’un mois après le Conclave. Mais Rodríguez Carballo avait déjà une réputation notoire, ayant déjà été impliqué dans un grand scandale financier au cours de ses dix années comme Ministre Général de l’Ordre Franciscain, avant sa nomination au Vatican. Le scandale avait mis en danger la stabilité financière de l’Ordre Franciscain, comme le Père Michael Perry, successeur de Carballo, l’a révélé dans une lettre à ses frères. Ce que les médias ont appelé une « maxi-fraude » a frappé durement l’Ordre des Franciscains : la fraude et le détournement de dizaines de millions d’euros l’ont mis à genoux financièrement. Sous le règne de Rodríguez Carballo, l’ordre avait investi de l’argent dans des sociétés offshore en Suisse qui, à leur tour, étaient impliquées dans le trafic d’armes, le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.

Il semble qu’il a permis la mauvaise gestion intentionnelle des fonds en Italie par des personnes extérieures à l’ordre, qui se sont enrichies avec l’aide des membres de l’ordre. Le Père Michael Perry a écrit dans sa lettre que l’ordre « se trouve dans une grave, et je souligne "grave", difficulté financière, avec un lourd fardeau des dettes », et a ajouté : « Les systèmes de surveillance et de contrôle financiers pour la gestion du patrimoine de l’Ordre étaient soit trop faibles, soit compromis, limitant ainsi leur efficacité à garantir une gestion responsable et transparente. » Les Frères avaient été impliqués dans « un certain nombre d’activités financières douteuses » et le Père Perry a dû faire appel à des avocats et aux autorités civiles pour enquêter sur le scandale.

Sans attendre le rapport complet des autorités suisses sur le cas des Franciscains, le Pape François a promu son homme de confiance à une position plus influente et plus élevée dans la hiérarchie de l’Église.

(traduit de l'anglais : The Dictator Pope (Marcantonio Colonna) )
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Message par Gilbert Chevalier le Jeu 7 Fév - 10:54

Le « règne de la terreur » du Père Fidenzio Volpi

La réaction du Père Manelli au décret de juillet a été présentée comme exemplaire. Malgré le fait d’être dans la ligne de feu et d’être par la suite blâmé pour la mauvaise gestion de l’institut et des crimes plus graves, le fondateur de l’ordre a recommandé à tout l’institut d’obéir au Saint-Père et a exprimé sa confiance que cette obéissance apporterait des « grâces plus grandes ». Son espoir aurait pu être que le nouveau pape favoriserait une évaluation objective de la situation de l’institut et apporterait la justice dans une situation où une poignée de frères se sont rebellés contre la majorité de leur institut.

Il a été révélé que le Père Volpi – qui soutenait que son « travail » avait été « spécifiquement ordonné par le Vicaire du Christ » – avait reçu l’ordre de contenir « la dissidence » dans les rangs, d’établir l’unité et d’évaluer les finances de l’ordre. En effet, il s’agissait d’une prise en charge complète de l’institut – prêtres, frères, sœurs et tertiaires. Le gouvernement du Père Volpi était impitoyable : le gouvernement général a été destitué et le fondateur, le Père Manelli, a été placé en résidence surveillée de facto, et il a reçu l’ordre de rester en isolement dans le sud de l’Italie, où il se trouve encore aujourd’hui, sans possibilité de communiquer avec le monde extérieur, y compris sa famille, ou l’un des Frères. Les Frères qui ont adressé une pétition au Vatican pour leur propre compte ont été punis ou menacés d’expulsion. Une pétition a été rédigée contre l’interdiction de la Forme Extraordinaire par quatre érudits laïcs, mais elle a été ignorée.

Déjà en décembre 2013, de nombreux catholiques en avaient assez et ont fait circuler une pétition demandant la destitution du Père Volpi. « En l’espace de cinq mois, le Père Volpi a détruit l’institut, provoquant chaos et souffrance à l’intérieur, scandale parmi les fidèles, critique de la presse, malaise et perplexité dans le monde ecclésiastique. » Cette lettre a également été ignorée.

Le 8 décembre 2013, le Père Volpi a riposté par une autre série de sanctions, y compris la fermeture du séminaire de l’Ordre, dans une lettre adressée à tous les Frères. Il y déplorait « la désobéissance et les obstacles à mon travail, ainsi que les attitudes de suspicion et de critique à l’égard de notre sainte Mère l’Église – au point même de l’accuser diffamatoirement de la "destruction du charisme" à travers ma personne. »

Cette lettre constitue la première accusation « officielle » d’inconduite contre le Père Manelli qui, dit-il, a « transféré le contrôle » des biens de l’institut à des membres du laïcat, « des personnes connues pour être des enfants spirituels ou des parents du Fondateur, le Père Stefano M. Manelli, ainsi qu’aux parents de diverses sœurs », pour les soustraire à l’influence du Commissaire. Le Père Volpi a dénoncé les religieux qui voulaient demander la fondation d’un nouvel institut centré sur l’Ancien Rite. Il a également ordonné la suspension de l’organisation des tertiaires jusqu’à nouvel ordre.

Avec l’interruption des études au séminaire et la suspension du programme d’études privées de l’Institut, les étudiants en théologie ont été transférés à Rome pour poursuivre leur travail. Les étudiants en philosophie ont été envoyés au collège diocésain de Bénévent. Les ordinations diaconales et sacerdotales ont été suspendues pendant un an. Il a été demandé à tous les candidats aux Ordres Sacrés de souscrire formellement à leur acceptation de la Forme Ordinaire de la Messe et des « documents du Concile Vatican II » dans ce que l’on appelait un « serment » de conformité. Les candidats qui ne s’y conformaient pas ont été immédiatement renvoyés de l’institut. De plus, chaque religieux devait exprimer par écrit sa volonté de continuer à être Frère Franciscain de l’Immaculée dans la forme révisée de l’Institut. La Mission laïque de l’Immaculée Médiatrice en Italie a été formellement suspendue, de même que le Tiers-Ordre des Frères Franciscains de l’Immaculée et toutes les activités d’édition – une œuvre majeure de l’Ordre – ont été interrompues.

Le Père Volpi a promu l’un des cinq premiers dissidents, le Père Bruno, au poste de Secrétaire Général (il a depuis été démis de ses fonctions). Sous la direction du Père Manelli, Bruno était responsable des relations publiques, y compris les réseaux de médias sociaux. Sa position à l’égard des médias a été particulièrement utile une fois que la Commission a commencé ses travaux ; il a été le premier à rendre publique la décision du Vatican d’avoir un Commissaire et il a informé les journalistes de manière unilatérale. Certains l’appelaient le chef des frères qui cherchaient à faire avancer l’Institut dans la direction libérale.

Pendant le "règne de terreur" du Père Volpi, d’innombrables frères ont quitté la structure officielle de l’Institut. Bien qu’il reste difficile d’obtenir des informations détaillées sur l’état actuel de l’ordre, certaines estimations estiment que plus des deux tiers de l’institut ont essayé de trouver une autre solution ; beaucoup ont appelé à une refondation. Un petit groupe de frères a demandé à quitter l’Institut, cherchant refuge aux Philippines. Six frères ont approché Mgr Ramon Cabrera Argüelles, Archevêque de Lipa, pour évaluer la possibilité de refonder l’Institut avec leur charisme originel au sein de son diocèse. Ceux-ci ont été traqués par le Père Volpi et le Père Bruno, punis d’une suspense a divinis et privés de la possibilité de se défendre. La suspense a divinis est une action pénale normalement imposée seulement pour une transgression grave, et la personne accusée a le droit canonique de se défendre.

Toute cette procédure était contraire au droit canonique, mais elle n’a jamais été traitée comme telle et jamais révisée. Normalement, la demande de quitter une congrégation, un ordre ou un institut est commune et est accordée par milliers pour une grande variété de raisons. Dans le cas des Frères de l’Immaculée, tous les membres ont été collectivement empêchés de partir et forcés de vivre dans une atmosphère de répression, une action sans soutien canonique. Pendant tout ce temps, le Père Volpi n’a jamais précisé de quelle inconduite l’ordre était coupable.

Entre-temps, les accusations de Volpi contre le Père Manelli de s’être enfui avec les biens de l’ordre ont été rejetées par des tribunaux civils. Volpi avait intenté une action en justice pour suspicion de fraude, falsification de documents et détournement de fonds, et le Père Manelli y a répondu par une action en diffamation contre le Père Volpi. Les tribunaux ont ordonné au Père Volpi de restituer les biens, lui ont infligé une amende de 20 000 euros et lui ont ordonné de présenter des excuses publiques. En juillet 2015, le Tribunal d’Avellino a jugé qu’il n’y avait eu aucune faute d’aucune sorte de la part du Père Manelli ou de toute autre personne associée aux FFI et a ordonné la libération des biens appartenant à la Mission de l’Immaculée Médiatrice (MIM) et au Tiers-Ordre des Frères Franciscains de l’Immaculée (TOFI) qui avaient été saisis par Volpi. La valeur des actifs s’élevait à environ 30 millions d’euros.

Mgr Ramon Cabrera Argüelles, Archevêque de Lipa aux Philippines, qui avait accueilli les six frères fuyant le régime du Commissaire, leur a offert un celebret – la permission de dire la Messe – dans son archidiocèse. La réaction du Père Volpi a été rapide : il a assisté à la Conférence Épiscopale Italienne de l’automne 2014 et a exhorté les évêques à ne pas incardiner les prêtres cherchant à quitter l’institut maltraité, accusant même les frères d’un complot pour « renverser » le pape. Entre-temps, l’Archevêque Cabrera Argüelles a déposé sa démission trois ans avant l’âge de la retraite obligatoire, et elle a été acceptée par le Pape François en février 2017. Bien que la démission n’ait pas été liée aux événements concernant les Frères, cela ne peut être exclu.

Le 4 avril 2016, la Congrégation pour les Religieux a décidé, par le rescrit Ex audientia, que les évêques doivent consulter le Vatican avant d’établir un institut de droit diocésain. C’est la seule réponse formelle du Pape à l’affaire, et c’est un pas bureaucratique, et elle représente un pas bureaucratique qui s’éloigne d’une approche « de base » des fondations. Beaucoup d’observateurs ont fait remarquer que cette action n’avait qu’un seul objectif : le diocèse des Philippines qui avait essayé de rendre possible une refondation des Frères de l’Immaculée.

(traduit de l'anglais : The Dictator Pope (Marcantonio Colonna) )
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Message par Gilbert Chevalier le Ven 8 Fév - 10:39

Les Sœurs de l’Immaculée

Un an après la prise en charge des Frères, le Vatican s’est tourné vers les Sœurs. Le Cardinal Braz de Aviz a ordonné une visite dirigée par Sœur Fernanda Barbiero de l’Institut des Sœurs de Sainte Dorothée, connue pour ses tendances modérément féministes au sein d’un ordre « modernisé ». Sœur Barbiero a reçu des pouvoirs égaux à ceux du Commissaire des Frères. Mais il y avait une différence importante : alors que la visite des Frères avait été causée par un petit groupe de dissidents, les Sœurs se sont unies contre la visite, et aucune plainte n’a été envoyée au Vatican.

Entre mai et juillet 2014, Sœur Barbiero a demandé deux Visiteuses apostoliques supplémentaires pour la branche contemplative de l’Institut, les prieures des Pauvres Claires Damiana Tiberio et Cristiana Mondonico, qui auraient tenu l’Ancien Rite dans une attitude générale de dédain. Les Visiteuses ont dit aux moniales qu’elles priaient trop et qu’elles faisaient trop de pénitence ! De plus, elles étaient « trop cloîtrées » et avaient besoin d’un programme de rééducation selon les critères du Concile Vatican II.

Les Sœurs de l’Immaculée ont fait appel devant le Tribunal de la Signature Apostolique – toujours dirigé par le Cardinal Raymond Burke qui avait tenté de défendre les Frères – contre l’extension des pouvoirs de leurs Visiteuses. La Signature a reconnu que les Visiteuses avaient outrepassé leur compétence telle que décrite dans le droit canonique. Quatre mois plus tard, le Cardinal Burke a été démis de ses fonctions de chef de la Signature par le Pape François.

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Message par Gilbert Chevalier le Sam 9 Fév - 11:00

De quoi s’agissait-il ?

Le 7 juin 2015, ces mesures extrêmes ont été interrompues de manière inattendue : le Père Fidenzio Volpi a été victime d’un accident vasculaire cérébral. Il a été hospitalisé immédiatement mais est décédé à 11h00 ce jour-là. Le nouveau Commissaire choisi pour l’Institut était le Père Salésien Sabino Ardito, avocat canonique, qui a poursuivi la même tâche, mais avec une approche plus modérée. Au moment d’écrire ces lignes, l’état complet – y compris les membres qui restent – de l’Ordre est inconnu. Les dernières nouvelles sont qu’au moins quinze maisons des FFI ont été fermées, 60 Frères ont officiellement demandé à être libérés de leurs vœux – on ne sait pas combien sont simplement partis – et au moins quelques maisons des Sœurs auraient refusé des vocations à cause de la crise. Le nouveau Commissaire se prépare à réécrire les constitutions de l’Ordre pour abolir la consécration spéciale à Marie, une disposition qui avait été approuvée par le Pape Jean-Paul II. Il est également proposé de changer le vœu de pauvreté absolue afin que l’Ordre puisse à l’avenir posséder des biens ; l’objet de ceci semble être de permettre au Vatican de contrôler l’Ordre par ses biens.

Les lettres et les actions du Père Volpi ont fourni des éclaircissements sur un point : « L’intervention chez les Franciscains de l’Immaculée a été précipitée par leur attachement croissant aux positions théologiques Catholiques Traditionnelles et pas seulement à la Messe latine traditionnelle. » [Emphase dans l’original.] Alors que de nombreux catholiques ont tenté de minimiser la participation et l’approbation de l’affaire par le Pape François, la dissolution continue de l’Ordre après la mort du Père Volpi, en particulier après tant d’interventions des fidèles faisant appel au pape, ne peut laisser que peu de doutes.

Le Vaticaniste Sandro Magister a écrit au sujet de « l’étonnement » du monde catholique face à l’attaque du Vatican contre l’ordre, disant que « les Franciscains de l’Immaculée sont l’une des communautés religieuses les plus florissantes nées dans l’Église Catholique au cours des dernières décennies ». Mais il est à noter que les religieux nommés pour superviser la prise en charge étaient eux-mêmes membres de congrégations en déclin rapide, y compris les Capucins du Père Volpi et les Salésiens du Père Ardito. Alors que les Franciscains de l’Immaculée ont connu une croissance exponentielle en seulement un peu plus de quarante ans, les Frères Mineurs ont subi une chute des vocations, passant de 27 009 membres en 1965 à 15 794 en 2005, soit une baisse de 41%. Il convient de se demander si c’est bien le succès même de l’approche plus traditionnelle des FFI qui a attiré la colère des "progressistes" dont l’expérience de 50 ans semble avoir échoué.

Cette spéculation a été répétée en septembre 2016 par le Vaticaniste Giuseppe Nardi, qui a écrit : « Le Commissaire et le chef de la Congrégation des Religieux ont confirmé ce que les observateurs soupçonnaient depuis le début : La raison en était la caractéristique de l’Ordre mentionnée ci-dessus. Un ordre de rite nouveau, qui s’était déplacé vers le rite traditionnel, attirait de nombreuses vocations de jeunes et attirait de plus en plus l’attention d’autres ordres de rite nouveau, qui commençaient à s’intéresser à cette "histoire à succès", un tel ordre ne devrait évidemment pas exister. » La destruction des FFI a été un message bien reçu par ces autres ordres qui ont pris soin de garder la tête basse.

Dans tout cela, l’attitude du Pape François a été typiquement opaque. Il a fait la sourde oreille aux innombrables pétitions et supplications des Frères et des fidèles, assis comme spectateur olympique des forces en conflit au sein du Vatican (José Rodríguez Carballo et le Cardinal Braz de Aviz), qui étaient en position de pouvoir mais avec un arrière-plan discutable. Aucune preuve canonique formelle n’a jamais été faite contre le Père Manelli, les allégations informelles sont restées sans fondement et aucun tribunal ecclésiastique ou laïc n’a condamné Manelli pour comportement inapproprié. Mais même les conclusions contre son propre Commissaire par les tribunaux séculiers n’ont pas suscité de réponse de la part du Pape.

De nombreuses questions demeurent, mais la plus urgente est peut-être la première : quel était le véritable motif de l’attaque contre les Frères et Sœurs Franciscains de l’Immaculée ? Si ce n’était pas la question liturgique, pourquoi était-ce la première chose à restreindre ? Pourquoi n’a-t-on jamais donné d’autre raison ? Pourquoi n’a-t-on pas abordé le fait que le décret du Cardinal Braz de Aviz s’oppose au Summorum Pontificum, un décret papal ?

Ces questions sont d’autant plus aiguës que l’affaire des Frères Franciscains de l’Immaculée est comparée à celle des Légionnaires du Christ. Le premier institut a été fondé par le bon Manelli, qui a fait renverser toutes les accusations portées contre lui par les tribunaux laïcs ; le second a été fondé par Marcial Maciel, toxicomane sexuellement libertin, qui a consacré son temps entre ses maîtresses à amasser une fortune avec les dons des riches. Peu d’organismes représentaient plus que les Légionnaires l’alliance de l’Église avec le capitalisme contre lequel le Pape François a lancé des condamnations répétées. En revanche, les Franciscains de l’Immaculée étaient des enfants dans le monde de la politique ecclésiastique. Ils ont suivi saint François en plénitude, dans leur pauvreté authentique, dans leur innocence hors du monde et dans leur dévouement à une vocation spirituelle. C’est là que se trouvait « l’Église des pauvres » que le Pape François appelait de ses vœux au début de son règne.

Dans le cas des Légionnaires du Christ, les allégations contre le fondateur et une explication des mesures qui devaient être prises ont été fournies publiquement dès le début. Le Cardinal Velasio de Paolis se comportait comme un père bienveillant envers les Légionnaires, même si leur charisme était très différent du sien.

Lorsque le Cardinal Joseph Ratzinger a été élu Pape en 2005, il a personnellement pris la décision d’enquêter sur l’affaire Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ. Un comportement immoral grave, étayé par des preuves devant les tribunaux laïques et ecclésiastiques, était allégué et devait être traité. Benoît XVI n’a pas puni la Congrégation dans son ensemble, mais il a soigneusement et méticuleusement essayé de tamiser les effets que la mauvaise influence du fondateur avait eus, et quelles parties du charisme pouvaient être conservées. C’est la ligne qu’a suivie le Cardinal de Paolis. L’enquête a été longue et difficile, mais elle a été clôturée au début de l’année 2014.

Lorsque Jorge Bergoglio a été élu Pape en 2013, il a approuvé l’enquête sur les Frères de l’Immaculée. Aucune accusation officielle n’a été portée contre le fondateur, le Père Stefano Manelli, et aucune preuve n’a été produite. Une campagne a fait surface dans les médias pour calomnier le Père Manelli, qui a été puni d’assignation à résidence et n’a pas eu l’occasion de se défendre. En même temps, son ordre était dirigé tyranniquement par un père Capucin qui a fait crouler l’ordre par terre et s’est mis dès le début à détruire un élément significatif du charisme de l’Institut, le vieux rite de la Messe.

En reflétant cette différence de traitement, on ne peut que constater une différence dans les capacités mondaines des deux instituts. Les Légionnaires du Christ se sont distingués dès leur fondation par leurs rapports étroits avec les riches donateurs et les institutions financières, et les dons somptueux qu’ils ont faits au Vatican ont été la raison pour laquelle les accusations contre leur fondateur ont été longtemps bloquées et réprimées. Les faits parlent d’eux-mêmes, et nous voyons lequel de ces enfants de l’Église a connu la miséricorde et lequel a reçu une sévérité rarement rencontré dans un autre ordre.

(traduit de l'anglais : The Dictator Pope (Marcantonio Colonna) )
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Message par Gilbert Chevalier le Dim 10 Fév - 9:42

2) L’intervention dans l’Ordre de Malte

Divisions nationales entre les Chevaliers.

« Ordre de Malte » est le nom donné aujourd’hui à l’ordre médiéval des Chevaliers Hospitaliers. Pendant cinq siècles, l’Ordre a gouverné successivement les îles de Rhodes et de Malte, c’est pourquoi ce dernier nom lui est donné dans l’usage courant. Bien que l’Ordre opère maintenant depuis Rome, ayant cédé Malte à Napoléon en 1798, la souveraineté qu’il a toujours (par une anomalie curieuse mais pleinement acceptée) a continué à être reconnue en droit international : le Grand Maître est un prince souverain, ses ambassadeurs accrédités dans plus d’une centaine de pays ont le même statut que ceux des autres États, et le siège de l’Ordre à Rome jouit d’un statut extraterritorial (150). Les chevaliers se consacrent aujourd’hui à leur tradition hospitalière et dirigent des agences caritatives dans le monde entier. Le noyau de l’Ordre est un petit nombre de chevaliers célibataires qui prononcent les vœux religieux, comme ils l’ont fait lorsqu’ils constituaient une élite combattante dans les Croisades, mais l’essentiel est constitué de Chevaliers d’honneur et de Dames, organisés en Associations Nationales. Il fut un temps où l’Ordre représentait l’apogée de l’exclusivité aristocratique, mais ce caractère s’est depuis longtemps dilué ; sa composition va de l’aristocratie stricte, comme on le voit encore dans quelques associations européennes, à des pays où il n’a aucun caractère nobiliaire.

Le conflit qui a conduit le Pape François à forcer la démission du Grand Maître en janvier 2017 trouve son origine dans une rivalité nationale qui a atteint son paroxysme lors de l’élection précédente du Conseil de gouvernement de l’Ordre. D’un côté, il y avait l’Association Allemande, qui est de loin le plus riche des groupements nationaux de l’Ordre, recevant d’importantes subventions du gouvernement allemand ; elle est aussi très efficace et gère un certain nombre d’organismes caritatifs, dont Malteser International. C’était à la tête une bûche avec le Grand Maître, l’Anglais Fra Matthew Festing (151), dont le poste était un engagement à vie. Grâce à la mauvaise gestion électorale par les partisans du Grand Maître, et à l’efficacité correspondante de l’autre côté, l’élection de 2014 a placé les Allemands dans une position très forte au sein du gouvernement de l’Ordre : trois des dix membres du Conseil étaient originaires de ce pays (le Baron Boeselager, le Comte Esterhazy et le Comte Henckel von Donnersmarck), tandis que deux autres, tous deux nobles également, étaient des candidats du lobby allemand. De l’autre côté se trouvaient quatre conseillers qui étaient des partisans du Grand Maître, avec un dixième qui pourrait être appelé un électeur flottant. Cinq des membres du Conseil, en plus du Grand Maître, étaient des chevaliers profès.

Le Grand Maître Festing était un Anglais insulaire qui, après avoir été appelé en Italie par son élection en 2008, n’avait pas fait beaucoup de progrès dans la langue, et encore moins dans la maîtrise du labyrinthe des cercles italiens et du Vatican. Bien qu’il soit issu d’une famille militaire distinguée, Fra Matthew n’était pas un aristocrate, et il se peut que ses manières modestes aient contribué à l’hostilité manifestée à son égard par certains Allemands. Fra Matthew était aussi un traditionaliste à part entière, en termes doctrinaux et liturgiques, tout comme deux ou trois de ses partisans au Conseil, ce qui, en soi, a provoqué un manque de compréhension entre les deux parties en ce qui concerne leurs perspectives religieuses. Ces derniers n’étaient pas tous des chevaliers profès, mais tous, contrairement aux cinq nobles du côté allemand, étaient des hommes de la classe moyenne qui s’étaient inspirés de la vocation religieuse séculaire de l’Ordre. C’est l’aspect que le Grand Maître a tenu à promouvoir, et pendant les neuf années de son mandat, il a pris des mesures pour renforcer la vie spirituelle de l’Ordre. Il publia des règles prescrivant des obligations religieuses plus strictes pour les profès, créa un Institut de Spiritualité, qui publia un Journal de Spiritualité en versements annuels, et commença des cours de formation pour les chevaliers et aumôniers profès, dont l’avenir (on ne peut que le dire) semble incertain sous la nouvelle direction. Lorsque Fra Matthew Festing prit le relais en tant que Grand Maître, il n’y avait qu’une trentaine de chevaliers profès, mais il renforça considérablement le groupe, l’élevant à une soixantaine de membres de différents pays – il est frappant de constater que, malgré l’insistance constante, aucun d’entre eux ne venait d’Allemagne. On peut ajouter que les chevaliers profès de nos jours sont pour la plupart non nobles, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles l’Association Allemande hautement aristocratique les regarde d’un mauvais œil.

---
(150) Un exemple de cela, dont le Vatican a profité, est donné par le cas de Monseigneur de Bonis : voir ci-dessus au chapitre 3.

(151) Le titre "Fra" indique les chevaliers profès des trois vœux.


(traduit de l'anglais : The Dictator Pope (Marcantonio Colonna) )
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Message par Gilbert Chevalier le Lun 11 Fév - 10:47

Un scandale dans les œuvres caritatives

Avant 2017, il était apparu que les agences caritatives gérées par l’Association Allemande, y compris Malteser International, distribuaient clandestinement des préservatifs dans le cadre de leur travail en Asie, en Afrique et ailleurs. C’était sous la responsabilité du Baron Albrecht von Boeselager en tant que Grand Hospitalier, poste qu’il a occupé jusqu’en 2014. Le Grand Maître Festing a ordonné une enquête devant mener à la mise en place d’un comité d’éthique sous la présidence du Cardinal Eijk ; c’est une autre partie du travail de Fra Matthew qui a été interrompu. Le rapport a été remis en 2016 et, d’après son compte rendu des activités de préservatifs, il était clair que Boeselager devait répondre, sinon en ayant lui-même commandé les programmes, du moins en ne les ayant pas divulgués. Entre-temps, cependant, Boeselager avait été élu au poste de Grand Chancelier, qui est celui de Premier ministre de l’Ordre. Le Grand Maître voulait une procédure disciplinaire contre lui pour ses actions en tant que Grand Hospitalier, et il était soutenu en cela par le Cardinal Burke, qui était le Patron de l’Ordre (152).

En novembre 2016, le Cardinal Burke a eu une audience avec le Pape François dans laquelle il a expliqué le scandale de la distribution de préservatifs et a demandé l’autorisation d’agir contre elle. Une lettre du Pape du 1er décembre semble accorder cette autorisation. Au sujet des préservatifs, il est dit : « On veillera particulièrement à ce que les méthodes et les moyens contraires à la loi morale ne soient pas employés et distribués dans les initiatives caritatives et les efforts de secours. Si, par le passé, des problèmes sont apparus dans ce domaine, j’espère qu’ils pourront être complètement résolus. Je serais franchement mécontent si, en fait, certains hauts fonctionnaires – comme vous me l’avez dit vous-même – tout en connaissant ces pratiques, notamment en ce qui concerne la distribution de contraceptifs de toute sorte, n’étaient pas intervenus jusqu’à présent pour y mettre fin. » (153)

Cela semblait être un signal pour aller de l’avant. Il y avait aussi des parties de la lettre qui reflétaient les expériences passées du Pape François avec l’Ordre en Argentine, un contexte qui doit être expliqué. L’histoire concerne les relations de Bergoglio avec le politicien argentin Esteban Caselli, qui était Chevalier de Malte et ambassadeur de l’Ordre ; associé à lui était l’Évêque Héctor Aguer, aumônier honoraire de l’Ordre. En 1997, lorsque la question d’un successeur du Cardinal Quarracino s’est posée, Aguer s’est classé avec Bergoglio comme l’un des évêques auxiliaires de Buenos Aires, et Caselli a utilisé ses liens avec le Vatican pour essayer de le promouvoir à l’archevêché de préférence à Bergoglio. Lorsque ce dernier a été nommé à la place, Caselli a tenté un geste de réconciliation en faisant en sorte que le gouvernement lui envoie un billet de première classe pour Rome lorsqu’il s’y est rendu pour recevoir le pallium, mais Bergoglio l’a rendu déchiqueté (154). Les manœuvres de 1997 n’avaient pas eu de nuance idéologique particulière (Aguer semblait être un candidat plus soigné et cultivé, mais pas sensiblement plus conservateur), mais pendant les quinze années suivantes, alors que Bergoglio se déplaçait visiblement vers la gauche, Caselli et Aguer sont apparus comme les figures de proue de l’opposition conservatrice à son égard. Le conflit a eu une recrudescence vers 2010, lorsque les mauvaises relations de Bergoglio avec le gouvernement Kirchner ont atteint un point tel qu’un groupe d’évêques et de laïcs a cherché à le remplacer en tant qu’Archevêque de Buenos Aires. Mgr Aguer n’était pas nécessairement l’alternative envisagée à cette occasion, mais Caselli, avec son influence au Vatican, était à nouveau le principal acteur laïc.

Ces événements sur son sol natal avaient donné au Pape François une expérience inhabituelle de l’Ordre de Malte. L’Ordre est une organisation décentralisée, et sa politique (si l’on peut l’appeler ainsi) a toujours été de créer une Association dans un pays et de la laisser continuer à sa manière. Le résultat est que, dans une grande partie de l’Amérique Latine, il a montré un caractère ploutocratique, avec peu d’attention aux œuvres caritatives dans lesquelles il brille ailleurs ; en d’autres termes, il représentait le genre de catholicisme capitaliste de droite contre lequel la rhétorique de Bergoglio était habituellement dirigée. Bergoglio aurait également été au courant d’une autre caractéristique, le scandale de la loge maçonnique italienne P2, qui a atteint son apogée dans les années 1990 après que le leader de la loge a été trouvé assassiné par des ennemis de la Mafia, tandis que son numéro deux, le banquier Umberto Ortolani, a été emprisonné pour faillite frauduleuse ; à part l’Italie, l’Argentine a été le pays où P2 avait le plus répandu ses tentacules. Ortolani était un Chevalier de Malte (ayant bien sûr caché son appartenance maçonnique), et était en effet un ambassadeur de l’Ordre en Amérique Latine. Ces méfaits passés aident à expliquer certaines remarques de la lettre du Pape au Cardinal Burke qui n’avaient que peu de pertinence par rapport à la question qui avait été soulevée avec lui. Le Pape a fait allusion aux « manifestations d’un esprit mondain qui sont contraires à la foi catholique » et a mis en garde contre « les affiliations et associations, mouvements et organisations » – c’est-à-dire la Franc-Maçonnerie, qui avait toujours été une sorte d’abeille dans le bonnet de Bergoglio. Ces références devaient être transformées par certains journalistes dans un récit selon lequel, en intervenant dans l’Ordre de Malte, le Pape François s’opposait en réalité au catholicisme « mondain » représenté par le Grand Maître, contrairement à Boeselager et à son parti. Comme le suggère la description qui précède, rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

Armé de la lettre du Pape, le Cardinal Burke s’est présenté au siège de l’Ordre à Rome et a annoncé que le moment était venu de passer à l’action face au scandale du préservatif. L’idée initiale était d’engager une procédure disciplinaire contre Boeselager, ce qui aurait impliqué sa suspension pendant que les charges faisaient l’objet d’une enquête ; mais cela nécessitait une majorité des deux tiers au Conseil de l’Ordre, ce qui a été bloqué par le parti allemand. Le Grand Maître a donc choisi, dans un usage exceptionnel de son pouvoir de supérieur religieux, d’exiger la démission de Boeselager en vertu de la promesse qu’il avait prise comme Chevalier d’Obédience (une classe spéciale de l’Ordre, qualifiant un chevalier non-profès pour occuper les fonctions supérieures). Sur le refus de Boeselager, le 8 décembre 2016, le Grand Maître l’a renvoyé, techniquement pour violation de la promesse d’obéissance. Aucune revendication n’a été faite (comme certains l’ont prétendu plus tard) que le Pape avait explicitement ordonné le renvoi de Boeselager, mais sa lettre semblait garantir que le soutien du Pape était là pour l’action du Grand Maître.

---
(152) Le Cardinal Patron est le représentant diplomatique du Pape auprès de l’Ordre de Malte, tandis que l’Ordre nomme son propre ambassadeur auprès du Saint-Siège.

(153) Cette lettre et d’autres parties de la lettre papale ont été publiées par Riccardo Cascioli dans La Nuova Bussola Quotidiana, le 2 février 2017.

(154) Voir Austen Ivereigh, "The Great Reformer" (Le Grand Réformateur), p.241.


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Message par Gilbert Chevalier le Mar 12 Fév - 10:54

Suivez l’argent

Mais à travers ce différend, qui était d’ordre moral et disciplinaire, une autre affaire est tombée, ce qui explique l’intervention extraordinaire du Vatican. Il s’agit d’un grand fonds fiduciaire qui avait été mis en place des années auparavant par un donateur français, avec l’intention qu’une partie de celui-ci aille à sa mort à l’Ordre de Malte. En 2013, le fonds était géré par une fiduciaire à Genève qui était bien connue pour la gestion d’un éventail de fiducies dans les paradis fiscaux et autres ; elle a attiré des avis journalistiques à d’autres occasions lorsque des transactions financières confidentielles ont été révélées, par exemple à l’époque du Panama Papers. Les noms du fonds suisse et de la fiduciaire sont parfaitement connus et ont été publiés, mais ils ne sont pas mentionnés ici en raison des menaces d’action en justice que la fiduciaire a rapidement fait pour préserver son anonymat. On peut cependant affirmer qu’en 2013, sous l’ancien Grand Chancelier, l’Ordre a entamé une action en justice contre la fiduciaire pour sa gestion de la fiducie, et d’autres bénéficiaires potentiels ont été associés dans cette affaire, y compris l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Dieu. Ils ont déposé une plainte auprès du Procureur de la République, qui a réagi en gelant les avoirs de la fiducie.

En 2014, cependant, lorsque Boeselager est devenu Grand Chancelier, il a lancé une nouvelle politique, et un certain nombre d’autres personnalités se sont impliquées dans l’affaire. Il s’agissait de deux banquiers qui étaient Chevaliers de Malte et qui étaient actifs en Suisse. Le nonce apostolique à Genève, l’Archevêque Silvano Tomasi, était lié à eux ; il était le Président d’une fondation, Caritas in Veritate, dont l’un des deux banquiers était trésorier. L’Archevêque Tomasi a eu des relations amicales, étonnamment amicales, avec la fiduciaire litigieuse, qui avait l’habitude de commencer ses courriels avec "Caro Silvano". Les trois personnes mentionnées étaient en étroite association avec le Grand Chancelier Boeselager, et ils soutenaient la nouvelle politique qu’il préconisait : arrêter la poursuite contre la fiduciaire et en arriver à un arrangement par lequel elle débloquerait une partie convenue des fonds. La question de savoir dans quelle mesure le Saint-Siège pouvait en bénéficier est un point controversé. L’Archevêque Tomasi attendait de l’argent de la fiducie ; on pense qu’on comptait sur Boeselager pour s’assurer que le Vatican obtenait sa part de l’argent que l’Ordre de Malte devait recevoir, et il a en fait été allégué que le Vatican attendait d’annuler le statut souverain de l’Ordre et de prendre le contrôle de ses actifs, de ses avoirs et de ses actions.

Cependant, la proposition de parvenir à un accord avec la fiduciaire s’est heurtée à l’opposition du Grand Maître Festing, qui voulait que le procès suive son cours. Le problème caché (bien qu’il n’en soit pas conscient) était que la fiduciaire menaçait de révéler toutes les communications qu’elle avait eues avec Boeselager et ses associés si elle était soumise à un interrogatoire judiciaire, un sort qui ne pourrait être évité que si un compromis était atteint. Enfin, la date limite pour les poursuites pénales était la fin janvier 2017.

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