L'hérésie officielle de François

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Aller en bas

L'hérésie officielle de François - Page 2 Empty Re: L'hérésie officielle de François

Message par Gilbert Chevalier le Dim 24 Mar - 16:07

Roger Lefebvre, le 5 mars 2019, sur \"Benoît-et-moi", a écrit:
FRANÇOIS hérétique ? Schismatique ?

L'hérésie officielle de François - Page 2 Bergo-luther_450

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est étrange. La demande de ‘‘correctio filialis’’ formulée par écrit, appuyée par des dizaines de personnes très sérieuses, est restée sans suite ni réponse depuis plus d’un an ; silence anormal, inexplicable, inquiétant de la part de celui qui, par sa fonction propre, est le Docteur commun, le garant de l’intégrité de la doctrine et qui, dans une matière qui touche précisément à la doctrine de la foi et des mœurs ainsi qu’à la discipline sacramentelle, a l’obligation en vertu de sa charge de confesser la Foi et de dire le droit lorsqu’il en est formellement requis par les fidèles, ce qui est le cas en l’espèce.

FRANÇOIS hérétique ? Schismatique ? Il y a plusieurs façons de verser dans l’hérésie.

Jusqu’au premier concile du Vatican (1869-1870), précédé de peu par le Syllabus de PIE IX, on ne rencontrait guère que l’hérésie dogmatique, qui est le fait de ceux qui soutiennent ‘‘avec pertinacité’’, c-à-d avec obstination, une doctrine ou une opinion condamnable ou déjà condamnée comme étant formellement contraire au dogme de l’Église.

Dans le dernier tiers du XIXe siècle apparut une nouvelle forme d’hérésie, une hérésie par implication : le pragmatisme, dont le principal représentant est le philosophe américain William JAMES (1842-1910). Les théoriciens du pragmatisme partent de l’idée très superficielle qu’une doctrine vraie ne peut avoir que de bons résultats dans l’action, ce qui est d’ailleurs vrai pour autant qu’on fasse correctement application de la doctrine, mais leur erreur est d’inverser le lien de causalité formelle et d’en arriver à une conclusion opportuniste, à savoir qu’une doctrine est vraie par son utilité, son heureux résultat ; l’utilité devient ainsi le critère interne de sa vérité, ce qui revient à dire qu’une doctrine n’est pas profitable parce qu’elle est vraie, mais elle est censée être vraie dans la mesure où ses effets apparaissent profitables. Il résulte de ce système que la morale est ruinée, et que la vérité, ne dépendant plus d’un critère extrinsèque, varie avec les opportunités et les circonstances.

Parallèlement, dans un tout autre domaine, celui des affaires, le pragmatisme américain a été vulgarisé par un ouvrage de psychologie commerciale qui connut en Amérique un succès délirant : Comment se faire DES AMIS pour réussir dans la Vie, par Dale CARNEGIE, ouvrage connu par sa traduction en langue française chez HACHETTE (Paris 1938).

Dans cet ouvrage tout inspiré par une fine psychologie, par l’expérience, l’analyse de cas vécus, le souvenir de faits historiques, l’auteur propose une série de conseils, de recommandations pratiques pour gagner la sympathie des gens et en faire des amis, avec le désir non dissimulé de réussir dans les affaires ; en gros et en détail, c’est un code de moyens de plaire pour arriver à convaincre.

Si ce livre mérite de ressortir de l’oubli, c’est parce que, paradoxalement, l’auteur y propose une série de moyens de ‘‘plaire’’ facilement qu’on retrouve aujourd’hui là où on ne s’y attend absolument pas : le principe directeur du concile, puis toute la pastorale depuis cinquante ans et surtout celle de FRANÇOIS ; parmi les recommandations préconisées par l’auteur en vue de plaire et d’atteindre la fin recherchée, il en est quelques-unes qui suffisent pour caractériser le concile et la pastorale subséquente :

  • le seul moyen de remporter la victoire dans la controverse, c’est de l’éviter…

  • un moyen infaillible de se faire un ennemi, c’est de lui dire qu’il est dans l’erreur ; pire encore : s’obstiner à le lui démontrer…

  • il faut respecter les opinions de l’adversaire ; ne jamais lui dire qu’il a tort…

  • il faut être diplomate, manœuvrer de telle façon que les gens soient heureux de faire ce qu’on leur propose…

On trouve là l’inspiration des grandes lignes directrices du concile :

1. exclure tout débat sur les erreurs modernes sociales (le libéralisme, la libre-pensée qui va de pair avec la franc-maçonnerie, le socialisme, le communisme) de même que tout débat sur les dissidences confessionnelles séparant les religions (protestantisme sous toutes ses formes, le judaïsme, l’islamisme) et ce, à l’encontre des directives contenues dans l’encyclique de PIE XI sur l’union des Églises (qui n’ont rien perdu de leur valeur et de leur actualité) et tout débat sur les erreurs du modernisme :

« Cette encyclique était nécessaire, écrivait Mgr BARTMANN en 1928, elle a mis fin à des opinions qui régnaient non seulement en dehors de l’Église, mais à l’intérieur de l’Église elle-même. Il est pourtant évident que l’Église ne peut pas abandonner un seul dogme véritable sans se renier elle-même. Qu’il ait fallu le dire à des catholiques, et pas seulement à des laïcs, témoigne d’un niveau assez bas de culture et de conscience religieuses. On trouve souvent ce défaut de science et de conscience là où on ne devrait pas l’attendre.

Aucun hétérodoxe ne peut attendre de nous que nous lui facilitions le rapprochement en minimisant nos dogmes, en les supprimant, en les adaptant ou bien en faisant silence sur ce qui nous sépare. Il est vrai qu’en soulignant les différences confessionnelles nous devons avoir autant à cœur d’être charitables que d’être vrais. (…) Notre époque est peu sympathique au dogme. Elle parle beaucoup de religion, mais elle évite de la formuler d’une manière dogmatique. »
[Mgr Bernard BARTMANN, Professeur de théologie, Précis de Théologie dogmatique, Tome I, p.10, préface de l’auteur, 1928, traduit en français chez Salvator à Mulhouse et Casterman à Tournai, en 1947].

2. le parti-pris de présenter l’Église et sa doctrine sous un jour favorable, sympathique, susceptible d’attirer, de séduire, mais il n’est dit nulle part dans la Constitution dogmatique sur l’Église LUMEN GENTIUM que l’Église fondée par le Christ est une société parfaite parce qu’elle possède et qu’elle est seule, à l’exclusion de toute autre société, à posséder tous les moyens nécessaires et suffisants permettant à ses membres d’atteindre leur finalité ultime : le salut. Il est vrai que, par son caractère tranchant et exclusif, une telle affirmation risquait de porter ombrage à l’œcuménisme…

---

Les méthodes préconisées par CARNEGIE pour réussir dans les ‘‘affaires’’, très utiles à l’industriel, au chef d’entreprise pour augmenter la production et la rentabiliser commercialement, n’ont pas leur place dans l’activité pastorale de l’Église, pour plusieurs raisons :

1. la mission donnée par le Christ à ses premiers apôtres, et bien entendu à leurs successeurs, n’est pas de proposer son enseignement de manière plaisante, en usant de ménagements et de diplomatie, pour ne pas choquer, mais au contraire de l’exposer avec fermeté : celui qui ne croira pas sera condamné. (Marc, XVI, 16).

2. le pragmatisme pastoral conduit lentement mais immanquablement à l’effacement progressif du dogme et à l’effacement des caractères propres de l’Église.

Une première directive pastorale significative de la dérive doctrinale est celle-ci. Au lendemain du concile, la Commission de pastorale liturgique, récemment créée, s’empressa de donner des directives nouvelles pour la liturgie des funérailles, par l’intermédiaire des réunions décanales : dorénavant, la finalité de la messe des funérailles, c’est la consolation des survivants, d’où est venue cette habitude, qui n’est pas blâmable en soi, d’inviter les membres de la famille à faire, tour à tour, l’éloge du défunt ; ce qui est blâmable, parce que c’est une tromperie par dissimulation, c’est que plus rien ne rappelle que la finalité première de l’office est de prier pour le repos de l’âme du défunt ; au contraire, tout le rituel exprime le dogme, qui n’est formellement énoncé nulle part mais qui est présent d’un bout à l’autre : le salut global de l’humanité.

C’est tout un chapitre de la doctrine du salut qui est ainsi tout simplement passé sous silence, pour plaire, par crainte de rappeler des vérités déplaisantes.

Qu’est-ce que les rassemblements inter-confessionnels d’Assise ont procuré à l’Église ? Positivement rien ; les protestants le sont restés, et les catholiques ne sont pas loin de le devenir ; l’indifférence religieuse et le scepticisme s’installent, ce qui est fatal dès lors que les représentants de toutes les religions y participent sur pied d’égalité, ce que les esprits faibles ne manquent pas d’interpréter comme signifiant que toutes les religions s’équivalent.

De quoi se plaignaient les cardinaux OTTAVIANI et BACCI dans leur lettre restée célèbre adressée à PAUL VI en date du jeudi saint 1969 pour protester contre le nouvel Ordo Missae ? Ils le disent clairement d’emblée :
« Comme le prouve suffisamment l’examen critique ci-joint… le nouvel Ordo Missae… s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXe session du Concile de Trente… »

Pour être précis, il convient de rappeler très sommairement que la Messe de rite multiséculaire a été définie comme étant essentiellement un sacrifice offert à Dieu pour quatre fins : 1° lui rendre l’honneur qui lui est dû, 2° le remercier de ses bienfaits, 3° satisfaire pour les péchés, et 4° pour obtenir toutes les grâces nécessaires (cf Catéchisme de St PIE X calqué sur celui du Concile de Trente) ; or, le nouvel O.M. ne manifeste plus le caractère essentiellement sacrificiel de la Messe, avec ses quatre finalités, et ne retient que le mémorial de la Cène, à l’instar du Culte protestant. On sait qu’en fait, ce nouvel O.M. est largement inspiré de ‘‘L’Eucharistie’’ de Taizé, qui avait été imprimé par Les Presses de Taizé en 1959, dix ans avant la promulgation du nouvel O.M. ; coïncidence ? PAUL VI passa outre aux observations des cardinaux, il passa outre à l’avis défavorable du Synode épiscopal qui refusait la ‘‘messe normative’’, pressé qu’il était de plaire aux protestants en établissant un compromis doctrinal liturgique, dans l’espoir de les récupérer diplomatiquement. Tout cela est archiconnu ; l’intérêt de ce rappel est de montrer, une fois de plus, que le pragmatisme pastoral tue du dogme.

Ce pragmatisme ne porte pas atteinte seulement au dogme, mais aussi à la morale ; on le constate aujourd’hui à travers le scandale des abus sexuels dans le clergé à tous les niveaux, mais faut-il s’en étonner ? quand le souci de la doctrine de la foi et des mœurs passe au second rang après les opportunités pastorales, par quoi la vie spirituelle serait-elle alimentée ? Avant le concile, il y avait çà et là quelques abus sexuels assez rares qui se comptaient par unités ; depuis le concile, on les compte par milliers et même par dizaines de milliers.

Ce n’est pas tout. Le pragmatisme pastoral conduit lentement mais immanquablement à l’effacement progressif des caractéristiques propres de l’Église. Cette évolution se marque tout particulièrement dans les actes du pape FRANÇOIS.

Quelles sont les caractéristiques propres à l’Église, permettant de la reconnaître ? C’est l’ensemble des propriétés qui donnent à l’Église catholique, parce que fondée par le Christ qui est Dieu, la particularité d’être unique, à l’exclusion de toutes autres sociétés religieuses prétendant au titre d’Église ; il ne peut évidemment exister qu’une seule Église divinement fondée (1).

Sous le terme de ‘‘propriétés’’ de l’Église, on entend les particularités qui sont essentielles à l’Église, parce qu’elles lui ont été conférées par le Christ son fondateur. Ces ‘‘notes’’ ou signés distinctifs ont ceci de particulier qu’elles rendent l’Église visible et par conséquent reconnaissable pour ceux qui sont appelés à y entrer. Ces notes, au nombre de quatre, figurent explicitement dans le CREDO qui résume l’essentiel de la foi catholique : et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam - je crois en l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

Non seulement ces ‘‘notes’’ particulières de l’Église doivent être des signes extérieurs visibles, mais il faut que chaque signe extérieur soit une caractéristique appartenant nécessairement à la véritable Église et qui ne peut pas ne pas s’y trouver, et donc une propriété essentielle visible permettant d’affirmer que la société qui la possède est l’unique et véritable Église du Christ, à l’exclusion de toute société religieuse ou secte ne la possédant pas. Or, c’est un fait patent que dans ses actes, démarches, discours, le pape FRANÇOIS s’éloigne de ces notes qui doivent toujours et partout caractériser l’Église du Christ et qu’on doit aussi percevoir dans les actes de celui qui est appelé à la gouverner.

I. L’unité de l’Église.

C’est la note la plus apparente, la plus immédiatement visible ; c’est aussi la plus essentielle parce que c’est par cette note que l’Église se distingue le plus clairement de toutes autres sociétés religieuses. On y distingue l’unité de foi, l’unité de gouvernement, l’unité de culte et de sacrements.

  • L’unité de foi est la plus importante ; cette unité indique que les membres de l’Église ne se contentent pas de garder la même foi intérieure et d’en faire la norme de leur conduite personnelle, mais encore la confessent dans des formules précises et, d’une manière générale, la manifestent par leurs actions.

  • l’unité de gouvernement garantit l’accord extérieur dans la vie religieuse et morale, car la hiérarchie propose d’une manière infaillible les vérités qui sont à la base de cette vie.

  • l’unité de culte et de sacrements est produite par la même doctrine de foi (…) et par la participation aux sacrements, particulièrement à l’Eucharistie, le ‘‘sacrement de l’unité’’ (St Augustin).

L’unité de foi est détruite par l’hérésie ; l’unité de gouvernement est détruite par le schisme.

À propos de schisme, K. RAHNER (l’un des théologiens qui ont fortement influencé le Concile) dit : ‘‘le schisme réel ruine l’unité ecclésiale’’. (Schisme dans l’Église, p.34, Collection Flèche, 1969). Dès les premières pages de son opuscule, RAHNER aborde la question préalable de savoir quand il y a schisme ; il concède que la distinction entre hérésie et schisme n’est pas simple, d’autant plus que le schisme implique parfois la négation d’un dogme, l’un n’impliquant pas toujours nécessairement l’autre, et inversement ; ‘‘il y a effectivement schisme, dit-il, dès qu’on refuse expressément, directement ou par des attitudes concluantes, d’obéir au pape comme chef suprême de l’Église universelle et représentant de son unité et (ou, le cas échéant) qu’on se sépare nettement de la communauté ecclésiale en cessant de participer à sa vie. Cela peut être le fait d’un individu ou d’un groupe’’. (op.cit., p.14). RAHNER n’imagine pas que ce cas pourrait être celui… du pape lui-même ! Venons-y :

La controverse soulevée par le document pastoral Amoris laetitia est très loin d’être solutionnée ; la finalité mal camouflée des instructions qu’il comporte était et demeure l’admission des divorcés remariés, vivant conjugalement, aux Sacrements et notamment l’eucharistie, tout en restant dans un état de vie non conforme aux exigences de la morale chrétienne, au mépris de l’enseignement et de la discipline sacramentelle traditionnelle de l’Église depuis St PAUL (I Cor., XI, 23-29).

Il n’est pas contestable ni contesté que ce document pastoral comporte plusieurs ambiguïtés qui ont relevées par quatre cardinaux sous la forme des ‘‘dubia’’, qui consiste à s’adresser au souverain législateur pour lui faire observer qu’il y a ‘‘doute’’ quant à l’interprétation ou l’application d’un point particulier, et pour l’inviter à y apporter les éclaircissements ou les précisions indispensables.

La suite est connue : silence équivalent à refus.

Silence lourd de conséquences ; en effet, en laissant délibérément subsister le doute, et en laissant ainsi la possibilité d’interprétations en sens divergents, FRANÇOIS a introduit dans la pratique de l’Église le principe du libre-examen protestant ; il en résulte que:

  • l’unité de foi est brisée:

  • se trouve également brisée l’unité de vie sacramentelle, par effet de l’abandon implicite de la discipline en la matière remontant à St PAUL.


Remarque incidente : nul besoin d’être grand théologien pour comprendre que l’orthodoxie requiert rigoureusement l’orthopraxie et, inversement, que l’orthopraxie implique l’orthodoxie, les deux étant inséparables ; mais apparemment, FRANÇOIS n’en n’a cure ; priorité à la pastorale ! Le pragmatisme pastoral, c’est précisément cela.

II. La sainteté de l’Église.

Si la sainteté de l’Église est la plus précieuse propriété de l’Église, elle est moins immédiatement visible que les trois autres.

Le caractère de sainteté de l’Église est nécessité, postulé par : la sainteté de son fondateur le Christ. qui est Dieu, la sainteté de son évangile, de sa vérité, de la connaissance de Dieu, de la prière ; c’est pourquoi les membres doivent être saints ; mais on ne naît pas saint, on le devient, on doit et on peut le devenir par la vertu à l’aide de la grâce et à l’aide des sacrements qui la procurent.

Or, c’est précisément dans le domaine de la vie sacramentelle que la pastorale nouvelle proposée par l’exhortation A.L. porte gravement atteinte à la sainteté, dès lors qu’il facilite l’accès aux sacrements pour les divorcés remariés vivant conjugalement, demeurant dans un état de vie non conforme aux exigences de la vie chrétienne.

III. La catholicité.

Les auteurs l’entendent sous deux aspects distincts mais complémentaires : la catholicité de fait et la catholicité de droit :

  • la première est l’extension actuelle, de facto, de l’Église dans le monde entier ;

  • la seconde s’identifie à l’esprit missionnaire, à la destinée de l’Église qui est de se répandre dans le monde entier pour le salut des âmes, parce que telle est la volonté de son fondateur qui l’a dit explicitement : allez, enseignez… C’est la catholicité de droit parce que procédant d’un ordre divin ; la catholicité de droit précède la catholicité de fait dont elle est la cause agissante.

Le développement de l’Église au cours des siècles n’est pas un fait accidentel, mais la résultante de l’exercice ininterrompu par l’Église de son mandat divin. Or, voici que par des discours et des propos stupéfiants, FRANÇOIS condamne désormais l’action missionnaire de l’Église comme obstacle à l’unité (unité de quoi ? avec qui ? à quelle fin ? questions examinées ci-après au sujet de la divinité et de l’unicité de l’Église) :

  • S’adressant aux Luthériens en octobre 2016 à Lund : ‘‘Notre division a été perpétrée plus par des hommes de pouvoir de ce monde que par la volonté du peuple fidèle’’; ce propos du pape FRANÇOIS est une erreur et une flatterie pour plaire aux Luthériens, la vérité étant que le succès du luthéranisme est principalement dû au libre-examen qui fait de chacun le juge de la moralité de ses actions ; c’est plus commode et plus plaisant que la discipline et l’ascèse.

  • ‘‘Nous (Catholiques et Luthériens) serons un témoignage de la miséricorde en vivant quotidiennement le pardon et la réconciliation (…) Sans ce service au monde et dans le monde, la foi chrétienne est incomplète’’ (PQR n°127, p.19), Commentaire : il ne s’agit plus d’évangéliser le monde, mais seulement de lui rendre service dans la convivialité…

  • l’unité des chrétiens est une priorité, parce que ‘‘ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare’’, ce qui est faux parce qu’il n’y a pas d’unité ecclésiale possible en dehors de l’unité de foi…

  • ‘‘il y a un critère qui devrait être très clair dans notre esprit en toutes circonstances : faire du prosélytisme dans le domaine ecclésial, c’est un péché. Benoît XVI nous a dit que l’Église ne grandit pas par le prosélytisme, mais par attraction ; le prosélytisme est un comportement coupable ’’. Commentaire : cela revient à dire que l’ordre naturel aspire… naturellement à l’ordre surnaturel ; c’est la vieille théorie moderniste de l’immanentisme… (ll n’y a pas d’erreur nouvelle, il n’y a que des formes nouvelles d’erreurs anciennes) ; ce qui est effarant ici, c’est de constater que FRANÇOIS ne semble pas avoir jamais entendu parler du modernisme.

  • ‘‘Il existe un gros péché contre l’œcuménisme : le prosélytisme ; il ne faut jamais faire de l’œcuménisme envers les orthodoxes’’. Que signifie ce radotage ? il ne faut pas faire d’œcuménisme, ni de prosélytisme ? Comprenne qui pourra…

  • “La mission de prêcher l’Évangile de Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui... comporte le respect réciproque envers les membres des communautés chrétiennes et exclut toute forme de prosélytisme’’. Commentaire : il y a ici confusion inexplicable entre le respect des personnes (qui sont dans l’erreur) et le respect de toute opinion quelle qu’elle soit ; l’erreur n’est pas respectable ; c’est le libre-penseur qui égalise toutes les opinions et qui conteste les droits de la vérité objective.

  • ‘‘le prosélytisme est une solennelle sottise… il n’a pas de sens’’.Les citations reproduites ci-avant ne sont que des échantillons parmi des dizaines d’autres analogues qui tendent à réduire l’essor missionnaire de l’Église à un témoignage muet, autant dire à se taire, ce qui est exactement le contraire du mandat donné par le Christ aux premiers apôtres et à leurs successeurs : allez, enseignez…


Conclusion : en discréditant, comme il le fait, l’extension virtuelle de l’Église, FRANÇOIS porte atteinte gravement à la catholicité de l’Église ; il viole le mandat d’évangélisation donné par N.S. à l’Église, qui est un ordre formel.

IV. L’apostolicité.

y distingue classiquement l’apostolicité d’origine, l’apostolicité successive et l’apostolicité de doctrine. l’Église a été fondée par N.S. sur les premiers apôtres et s’est transmise jusqu’à présent par leurs successeurs ; c’est là un fait historique.

Les éléments essentiels de l’apostolicité de l’Église sont : la doctrine, le culte, les moyens de salut, les pouvoirs ; l’apostolicité de l’Église se réalise dans le fait que ces éléments essentiels remontent sans interruption jusqu’aux apôtres ; sans interruption ? c’est la question qui se pose aujourd’hui ; après l’analyse qui précède au sujet des trois premières ‘‘notes’’ de l’Église, il devient clair que la succession apostolique est en instance de rupture. Et s’il y a rupture de l’apostolicité, comment pourra-t-on porter à la liste des successeurs de Pierre le nom de celui qui la brise?

V. L’unicité et la divinité de l’Église.

Ces deux propriétés, qui ne figurent pas explicitement dans le CREDO, se confondent : l’Église catholique est unique parce qu’elle a été fondée par Le Christ qui est Dieu et parce qu’il est impossible qu’il existât plusieurs Églises différentes d’origine divine ; c’est par impropriété de langage qu’on parle d’Églises luthériennes, calvinistes, anglicanes ; il n’y a que des ‘‘Confessions’’ chrétiennes à côté de la seule vraie Église ; on l’oublie trop souvent.

La divinité de l’Église avec son corollaire l’unicité est un dogme révélé divinement, ce qui résulte de la lecture conjointe des récits évangéliques relatant :

  • d’une part l’affirmation par N.S. qu’il est la Voie, la Vérité et la Vie ;

  • d’autre part la fondation de l’Église sur les premiers apôtres avec mission de faire connaître cette vérité et de proposer les moyens qui sont les canaux de la vie.


Octobre 2016. Lund.

Les luthériens s’y rassemblent pour fêter solennellement le 500e anniversaire du schisme de LUTHER, rompant ouvertement avec Rome en même temps qu’avec l’Église, et entraînant en masse la population allemande dans l’hérésie. Poussé par un étrange souci pastoral, FRANÇOIS les y rejoint pour se réjouir avec eux de cette rupture qu’il cherche à excuser, par flatterie, en l’imputant aux hommes du pouvoir politique de l’époque. En raison de sa qualité de Souverain Pontife, le fait de se joindre aux représentants mondiaux du luthéranisme célébrant l’anniversaire de leur schisme ne pouvait manquer d’être interprété comme une approbation implicite des conséquences doctrinales de leur rupture :

  • le rejet de la Tradition en tant que seconde source de la Révélation, laquelle est réduite à la seule Écriture (sola scripta) elle-même laissée au libre-examen de chacun ;

  • le rejet de la primauté apostolique du St Siège ;

  • le rejet du sacerdoce et, conséquemment, de la Messe et de tous les sacrements, exception faite pour le baptême (rejeté par la secte protestante des anabaptistes).

La présence de FRANÇOIS à Lund en cette circonstance importante et le jeu qu’il y a joué sont plus que des faits matériels anodins; ils impliquent la négation de l’unicité de l’Église (le fait d’être unique) et de la divinité de l’Église.

Il est allé plus loin encore, à cette occasion. Par un véritable détournement de pouvoir, il a convenu avec la Fédération luthérienne mondiale de travailler conjointement avec ces Confessions chrétiennes à promouvoir l’entente, la paix, la concorde, la considération réciproque, la tolérance. Or, cet engagement multilatéral est dépourvu de toute valeur canonique, parce que le pape n’a pas compétence d’attribution pour s’engager dans des conventions de ce genre ; cet engagement est en outre dépourvu de simple valeur juridique, à défaut d’objet déterminé ou déterminable, et à défaut de qualité des personnes qui s’engagent. C’est une comédie, aussitôt suivie par une deuxième comédie : l’accueil réservé à la statue de Luther au Vatican. Autant de faits impliquant une fois de plus la négation de l’unicité et de la divinité de l’Église.

FRANÇOIS hérétique ? schismatique ? S’il n’est formellement ni l’un ni l’autre, le fait est qu’il sympathise avec l’hérésie et le schisme et favorise leur pénétration dans l’Église. On ne perçoit plus, dans ses actes, ses démarches, ses propos, aucune des ‘‘notes’’ qui doivent caractériser l’Église ; sous sa gouvernance, celle-ci devient méconnaissable, parce qu’elle se différencie de moins en moins des autres Confessions chrétiennes.

Après le cinéma de Lund en octobre 2016 et sa séquence au Vatican, on pouvait déjà se poser la question de savoir si, en acceptant son élection au pontificat, FRANÇOIS avait l’intention réelle de défendre la foi catholique et de promouvoir son expansion, trop de faits démontrant le contraire. Le pragmatisme pastoral a tout corrompu dans la vie de l’Église.

On ne saura jamais le nombre de ceux qui, au lendemain du concile, se sont laissé duper par ces slogans qu’on ne supporte plus : l’ouverture au monde, l’œcuménisme et le dialogue. Et ajoutons-y pour être complet : l’Église doit évoluer pour s’adapter au monde de notre époque.
Basta ! Ça suffit !

---
NDLR:

(1) Ouvrage consulté : Mgr Bernard BARTMANN, Précis de Théologie dogmatique, Tome II, Chap.III, Propriétés et notes de l’Église, p.198-216

Roger LEFEBVRE, Avocat
Honoraire


Source : http://benoit-et-moi.fr/2019/actualite/franois-heretique-schismatique.html
>>> Le CAS d'un PAPE HÉRÉTIQUE : comme François l'est, concluez.
Gilbert Chevalier
Gilbert Chevalier
Admin

Messages : 2355
Date d'inscription : 09/11/2018
Age : 68
Localisation : Pays de la Loire (France)

Voir le profil de l'utilisateur http://catholique.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

L'hérésie officielle de François - Page 2 Empty Re: L'hérésie officielle de François

Message par Gilbert Chevalier le Jeu 28 Mar - 21:13

Sodalitium, n°68 d'octobre 2019, en éditorial a écrit:
"Le hiatus entre les affirmations des Papes du XIXe siècle
et la nouvelle vision..."

Le hiatus entre les affirmations des Papes du XIXe siècle et la nouvelle vision qui commence avec l’encyclique Pacem in terris est évident et on a beaucoup débattu sur lui. Il est aussi au cœur de l’opposition au Concile de Lefebvre et de ses adeptes”. Ce n’est pas la première fois que Joseph Ratzinger exprime son opinion sur l’inconciliabilité entre l’enseignement de l’Église (“les affirmations des Papes du XIXe siècle”) et l’enseignement moderne (Dignitatis humanæ ou - comme ici - Pacem in terris) : nous en avons déjà parlé à propos du discours à l’occasion des vœux à la Curie Romaine du 22 décembre 2005, cf. Sodalitium n° 59, pp. 28-30. Le hiatus (au sens figuré d’“interruption”, “solution de continuité”) est donc “évident”, autrement dit immédiatement et totalement compréhensible.
      
Le passage de Ratzinger que nous avons cité est daté du 29 septembre 2014, mais était jusqu’alors inédit (il a été publié par Il Foglio le 8 mai 2018) et est extrait d’un texte envoyé par le “Pape émérite” à l’ancien président du Sénat italien, le libéral Marcello Pera, en commentaire de son livre publié en 2015, Diritti umani e cristianesimo. La Chiesa alla prova della modernità. Il n’y a donc pas de continuité entre le magistère des Papes et la nouvelle doctrine sur la liberté religieuse, c’est évident : cela saute aux yeux, il n’y a pas besoin de démonstration ; en deux lignes Ratzinger met à la poubelle de la théologie toutes les tentatives désespérées de conciliation mises en acte par quiconque s’efforce de croire encore au magistère et à son autorité, comme Dom Basile du Barroux, le père de Blignières, l’abbé Lucien, et d’autres. Mais cela ne signifie pas que Ratzinger croie un instant que le magistère de l’Église contre la liberté religieuse soit encore à prendre en considération ! En effet, il n’écrit pas “magistère” mais “affirmations”. Il ne dit pas, comme nous, “de l’Église”, mais : “des Papes du XIXe siècle”. Les Papes du XIXe siècle - pour Ratzinger - n’enseignent pas mais affirment, et bien évidemment, sont enfermés - allons donc ! - par la cage de l’historicisme, dans le XIXe siècle (gare à en sortir, gare à prétendre enseigner une vérité immuable, et pas seulement une opinion muable).
 
Jamais comme au cours de ces dernières années, depuis que Jorge Mario Bergoglio a été élu (attention ! seulement élu) au Souverain Pontificat, s’élèvent les voix de certains membres (materialiter) de la “hiérarchie” qui arrivent à parler parfois même d’hérésie, ou à mettre quand même en doute des documents du “magistère”. Après le front ouvert par Amoris lætitia (où est mise en cause toute la morale chrétienne sur le péché, le mariage, l’adultère, les sacrements de pénitence et de l’eucharistie) s’est ouvert aussi celui concernant la communion aux hérétiques, qui a divisé l’épiscopat allemand. Des cardinaux comme Burke, Brandmüller, les défunts Meisner et Caffarra, les cardinaux Pujats et Eijk, soutenus par des évêques comme les trois Kazakhs, Peta, Lenga et Schneider, les Italiens Vigano et Negri, Mgr Laun (auxiliaire de Salzbourg), un théologien (toujours, bien évidemment, à la retraite…) comme Mgr Livi, sans parler des nombreux “correcteurs filiaux” parmi lesquels - mais tiens, tiens ! - même Mgr Fellay, ont parlé de rupture, d’incompatibilité avec la Foi et la Morale, et même d’hérésie. Mais ces réactions désordonnées ne donnent, pour le moment, aucune espérance. Tout d’abord parce qu’ils disent précisément “corrections filiales”, reconnaissant ainsi en J. M. Bergoglio leur Père et le Vicaire du Christ. Ils entendent donc s’opposer au Vicaire du Christ et condamner ou mettre de côté les documents de son magistère comme s’ils n’existaient pas. Exactement comme fait Ratzinger avec les “affirmations des Papes du XIXe siècle”. Ensuite, pourquoi ont-ils tous (sauf peut-être Mgr Fellay, au moins jusqu’à maintenant) accepté Vatican II et ses réformes, la liberté religieuse, la collégialité, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux, la réforme liturgique, le nouveau code de droit canon (qui admet des cas dans lesquels on peut donner des sacrements aux non catholiques : cf. Sodalitium n° 56 pp. 20-27, Le nouveau code de droit canon, l’administration des sacrements et l’œcuménisme). Et alors ? À juste titre, celui qu’ils reconnaissent comme Vicaire du Christ leur répond qu’il ne fait rien d’autre qu’appliquer le Concile. Et comment peut-on opposer à la morale matrimoniale d’Amoris lætitia le “magistère” de Paul VI et Jean-Paul II, avec toute leur “sainteté” canonisée ? Amoris lætitia s’oppose à Paul VI et Jean-Paul II ? Mais Pacem in terris et Dignitatis humanæ s’opposent aussi de manière évidente aux affirmations des Papes du XIXe siècle, et tous ces cardinaux, évêques et théologiens qui doutent, résistent et corrigent n’ont eu aucun problème à accepter la liberté religieuse et à oublier les Papes du XIXe siècle. Le Novus Ordo Missæ de “saint” Paul VI s’éloigne de manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique telle qu’elle a été codifiée au Concile de Trente (cardinaux Ottaviani et Bacci), pourtant aucun de ces cardinaux, évêques et théologiens ne considèrent illégitime le rite “ordinaire” réformé précisément par Paul VI. C’est la même main qui a signé Amoris lætitia qui a signé l’autorisation aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X (qui en sont très heureux) de confesser ou de bénir les mariages, et l’autorisation pour ses évêques d’ordonner des prêtres. Et même les résistants à Mgr Fellay, au nom d’une plus stricte fidélité à Mgr Lefebvre (surtout pas de dialogue avec le Pape et avec les “Romains”), comme Mgr Williamson et l’abbé Nitoglia (o quam mutatus es ab illo !) ne semblent plus avoir de grands problèmes avec la réforme liturgique, considérée légitime, valide, honorée par des miracles divins, raison pour laquelle - ben voyons ! - on peut aussi assister à la messe réformée (ce grand libéral de Mgr Fellay n’est pas encore arrivé à dire aussi clairement des choses de ce genre). Pauvre “traditionalisme”, à quoi est-il réduit !...
   
Nous espérons toujours que les occupants des sièges épiscopaux abjurent finalement toutes les erreurs modernistes véhiculées par Vatican II et par les réformes subséquentes : alors, et seulement alors, leur action sera profitable à l’Église et à toute la chrétienté. Tant au contraire que les différents “correcteurs filiaux” continueront à reconnaître la légitimité de Paul VI et de ses successeurs, en s’attribuant ainsi la mission de “corriger” à leur gré ce qui pour eux sont le Pape, le magistère, la liturgie ou la discipline de l’Église, ils ne contribueront qu’à augmenter la confusion dans laquelle nous vivons et la gravité de la situation. Que Notre-Dame du Bon Conseil les éclaire, que le Christ-Roi nous sauve et règne.

Source : http://tradinews.blogspot.com/2019/03/sodalitium-le-hiatus-entre-les.html
>>> Le CAS d'un PAPE HÉRÉTIQUE : comme les 6 conciliaires le sont, concluez.
Gilbert Chevalier
Gilbert Chevalier
Admin

Messages : 2355
Date d'inscription : 09/11/2018
Age : 68
Localisation : Pays de la Loire (France)

Voir le profil de l'utilisateur http://catholique.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum