News au 18 juin 2019

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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 15:21

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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 15:26


News au 18 juin 2019 Avorte10

Mardi 18 juin 2019 : 606 avortements
Depuis le début de cette année : 102.942 
Depuis 1976 :
9.393.071
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 16:00

fr.news  18 juin 2019

Deux prêtres nigérians rejoignent la FSSPX : l'archevêque est furieux


News au 18 juin 2019 6ungpu6nqbyq0rrohve9bk8ot0rrohve9bk8r

L'archidiocèse d'Onitsha, au Nigeria, a publié le 13 juin un « avertissement public » contre deux prêtres, le père Michael Chigbata et le père Joseph Onuorah, qui ont récemment rejoint la Fraternité Sacerdotale St Pie X (FSSPX). Mgr Valeran Maduka, archevêque d'Onitsha, les a suspendus.

La déclaration de l'archidiocèse parle d'« activités illégales » des deux prêtres [bien que le Pape François ait autorisé les prêtres de la FSSPX à entendre des confessions].

Les deux sont même accusés d'avoir « tromper » des catholiques innocents en les conduisant à la vieille messe latine.

L'évêque dit aux fidèles de ne rien avoir à faire « avec ces deux prêtres désobéissants ou d'autres comme eux ».

[Cet archevêque est un peu en retard : Bergoglio lui ferait même une réprimande puisque la Frat est déjà dans la conciliaire !]
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 16:04

fr.news  18 juin 2019

Confessions d'un cardinal : Benoît XVI faisait la promotion de ses ennemis théologiques


Le cardinal libéral Gianfranco Ravasi a révélé à Corriere.it (16 juin) que Benoît XVI l'avait promu bien qu'il était conscient du fait qu'ils ne partageaient pas [prétendument] les mêmes convictions théologiques.

Néanmoins, Benoît XVI a nommé Ravasi à la tête du Conseil Pontifical pour la Culture et en a même fait un cardinal.

Ravasi admet qu'il a organisé son « Parvis des Gentils » - un club de discussion pour non-croyants - « d'une manière un peu différente de ce qu'il pensait, mais il m'a autorisé et soutenu ».

[Ratzinger étant un pur et dur moderniste, ce qu'on oublie souvent, ceci est normal.]
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 18:03


 L’ordination d’hommes mariés et le ministère des femmes
à l’ordre du jour du Synode sur l’Amazonie

Dévoilé le 17 juin 2019, l’Instrumentum laboris (le document de travail) en trois parties et 147 paragraphes guidera les travaux des Pères synodaux réunis au Vatican du 7 au 28 octobre pour le synode sur l’Amazonie : « Amazonie : nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale » est son titre.

Décliné en trois parties, cet instrument de travail s’inspire des « trois conversions auxquelles nous invite le pape François : la conversion pastorale à laquelle il nous appelle à travers l’exhortation Evangelii gaudium (voir-écouter) , la conversion écologique à travers l’encyclique Laudato Si qui oriente le chemin (juger-agir), et la conversion à la synodalité ecclésiale à travers la constitution apostolique Episcopalis Communio qui structure le cheminement ensemble (juger-agir) ».

Ce langage hermétique est l’expression d’une pensée révolutionnaire et naturaliste qui se traduit en pratique par trois thèmes principaux, futurs axes de réflexion des évêques réunis en synode : « la voix de l’Amazonie », « le cri de la terre et des pauvres » et « l’Église prophétique en Amazonie: défis et espérances ».

Avec ce synode, le Vatican bergoglien veut promouvoir une « Église ‘en sortie’ qui laisse derrière elle une tradition coloniale monoculturelle, cléricale et fiscale » pour s’ouvrir à l’inculturation à travers des suggestions concrètes indiquées par le document : l’utilisation de rites, symboles et styles célébrés dans la culture indigène « dans le rituel liturgique et sacramentel », la promotion de « vocation autochtones », la nécessité de « dépasser la rigidité d’une discipline » sacramentelle « qui exclut et éloigne », l’opportunité de changer « les critères de sélection et de préparation des ministres autorisés » à célébrer l’Eucharistie, « la possibilité d’ordinations sacerdotale d’anciens, de préférence indigènes » (les viri probati) ainsi que l’appréciation du « type de ministère officiel qui peut être conféré aux femmes ». A partir des pauvres et du soin du créé, « s’ouvrent de nouveaux chemins pour l’Église locale qui s’élargissent à l’Église universelle ».

En clair, les prélats palabreront de l’engagement de l’Église conciliaire auprès des populations indigènes à travers la défense de leurs droits humains et l’inculturation, dont le document de travail en rappelle la source doctrinale, le concile Vatican II. L’Instrumentum laboris ponctue son propos de l’inévitable culpabilisation de l’Église du passé qui «  a été parfois complice des colonisateurs et qui a donc suffoqué la voix prophétique de l’Évangile », condamnation mise en opposition à un « pape François qui a demandé ‘humblement pardon non seulement pour les offenses de sa propre Église mais pour les crimes contre les populations indigènes durant la soi-disant conquête de l’Amérique‘ ». Accusation déloyale s’il en est, les papes ayant constamment rappelé aux catholiques les règles de la charité envers les indigènes,  il suffit pour s’en convaincre de relire la lettre Immensa pastorum, du Benoît XIV du 22 décembre 1741 ou la lettre Lacrimabili statu de saint Pie X, elles témoignent toutes deux de l’œuvre civilisatrice de l’Église catholique en ces régions d’Amériques du Sud et de sa mansuétude envers les peuples indigènes.

Le deuxième thème du document de travail est tout aussi naturaliste et anthropocentriste que le premier. Pour les rédacteurs, la mission de l’Église contemporaine en Amazonie doit se concentrer en tout premier sur « l’écologie intégrale » et les problèmes humains, socio-politiques, écologiques et naturels certes réels de l’Amazonie, ce poumon de la terre source de convoitises multiples. Et pour bien mener « cette conversion écologique intégrale urgente », l’Instrumentum laboris  « préconise une église comme institution de service non auto-référentiel, coresponsable dans la sauvegarde de la maison commune et dans la défense des droits des peuples ».

Le troisième axe du Synode sera consacré aux implications pour l’Église dédiées aux « défis et espérances » pour une « Église au visage amazonien et missionnaire » parce que, peut-on lire, « le visage amazonien de l’Église trouve son expression dans la pluralité de ses peuples, cultures et éco-systèmes » et dans l’abandon « de la tradition coloniale, cléricale et fiscale ». « Parfois il y a une tendance, est-il écrit dans le document, à imposer une culture étrangère à l’Amazonie qui nous empêche de comprendre ses peuples et d’apprécier leurs cosmovisions. » A partir le là, l’Instrumentum laboris décline une « liturgie inculturée » et un dépassement « de la rigidité » de la discipline sacramentelle. Le document, en citant Ecclesia de Eucharistia de Jean-Paul II, affirme « qu’au lieu de laisser la communauté sans l’Eucharistie, il faut changer les critères de sélections et de préparation des ministres autorisés à la célébrer ». Ainsi ce document, sous couvert de venir en aide aux communautés autochtones privées de prêtres et en s’appuyant sur les écrits d’un pape conciliaire, ouvre la porte à l’ordination sacerdotale des hommes mariés.

« En affirmant que le célibat est un don pour l’Église, on demande que pour les zones les plus reculées de la région, soit étudiée la possibilité d’ordonner prêtres des anciens, de préférence indigènes, respectés et acceptés par leur communauté, même s’ils peuvent avoir déjà une famille constituée et établie, et cela afin d’assurer les sacrements qui accompagnent et soutiennent la vie chrétienne. Il faut aussi apprécier quel type de ministère officiel peut être conférer aux femmes, en tenant compte du rôle central qu’elles ont aujourd’hui dans l’Église amazonienne. »

Le document propose aussi « de garantir aux femmes leur leadership ainsi que des espaces toujours plus amples et reliés au domaine de la formation : théologie, catéchèse, liturgie, et écoles de foi et de politique ».

L’Instrumentum laboris se conclut sur une allusion aux « martyrs amazoniens » : “L’Église ne peut rester indifférente à tout ceci : au contraire, elle doit soutenir la protection des défenseurs des droits humains et rappeler ses martyrs, dont des femmes leaders comme sœur Dorothy Stang »  assassinée pour avoir combattu la déforestation amazonienne et les droits des indigènes ! A la nouvelle religion issue du concile Vatican II, il faut bien, après avoir institué de nouveaux sacrements, une nouvelle liturgie, un nouveau droit canon, un nouveau catéchisme, de nouveaux « martyrs », les martyrs de la cause des droits de l’homme…

Qu’on se le dise : se croyant catholique, ce prochain synode sur l’Amazonie ne sera qu’une énième conférence humanitariste à la mode onusienne et  droits-de-l’hommiste, sous-tendu, inspiré, par une idéologie proprement occidentale tant féministe qu’égalitariste, un comble pour un synode qui se veut défenseur de la culture indigène amazonienne !

Ce sera surtout un pas supplémentaire de la révolution bergoglienne, elle-même fille de la révolution conciliaire et de son évolutionnisme tant dogmatique que disciplinaire.
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 19:34


Le cardinal italien Angelo Becciu est de ces ecclésiastiques de la garde rapprochée du pape François. Nommé sous Benoît XVI, le 10 mai 2011, substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d’État, et par là-même devenant le « numéro deux » du premier et plus important dicastère de la Curie romaine, il n’en est pas moins devenu un des hommes de confiance de Jorge Maria Bergoglio, qui le fera préfet de la Congrégation pour la cause des saints le 31 août 2018.

Dimanche dernier, le cardinal Becciu a participé à Rep Idee, une manifestation culturelle organisée par le journal de la gauche diversitaire et radicale-chic italienne La Repubblica. Parmi les nombreux poncifs politiquement corrects, dont la sempiternelle tirade contre Salvini, il en a énoncé un dans la ligne du sexuellement correct gay-friendly :

« François l’innovateur ne juge pas « si un prêtre est gay qui suis-je pour le juger » dit-il. Être gay n’est pas un péché, mais plus qu’une approbation du monde gay il s’agit de respect, on peut être gay et vivre en bon prêtre. L’important c’est de respecter le vœux de chasteté, parce que là se situe le vrai choix. »

Le cardinal Becciu est à la remorque d’une novlangue dont il use et abuse : il ne doit pas encore savoir, ou feint de ne pas savoir, que le terme même de « gay » se rapporte aux personnes, aux pratiques inverties et à la culture associée à la dite homosexualité. Un « gay » est un partisan de la pratique libre et ouverte des mœurs contre-nature, être « gay » est donc un péché !

Plus grave, le cardinal Becciu diffuse l’idée, qui se répand ces dernières années tant dans le monde séculier que le mondé ecclésiastique post-conciliaire, selon laquelle l’homosexualité serait une tendance naturelle, inscrite dans la nature humaine à côté des tendances hétérosexuelles : l’homosexualité n’est donc plus considérée comme un désordre et donc tout loi tendant à la condamner serait une discrimination.

Ces opinions ne trouvent aucune justification dans la doctrine pérenne de l’Église catholique : elles sont contraires à la loi naturelle et à l’enseignement de la Sainte Écriture. La Tradition catholique a toujours considéré comme intrinsèquement immoraux et contraires à la loi naturelle, les actes contre-nature et comme objectivement désordonnées les tendances homosexuelles. C’est pourquoi l’Église catholique a toujours refusé d’admettre au sacerdoce les personnes qui pratiquent homosexualité ou ont des tendances allant dans ce sens. Une saine et sainte mesure que l’Église conciliaire, ouverte au monde et au progrès, a envoyé par-dessus la jambe… Elle récolte aujourd’hui les fruits de sa doctrine laxiste libérale-libertaire : abus sexuels, scandales homosexuels, viols et violences, sont devenus son quotidien ! On reconnaît l’arbre à ses fruits…
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 19:46


Le cardinal Joseph Tobin, archevêque de Newark, New Jersey, est devenu membre de la Congrégation pour l’Éducation catholique.

Mgr Tobin est notoirement connu pour ses positions gay-friendly. Dans un entretien passé au programme télévisé Today Show, il avait notamment affirmé que l’expression “intrinsèquement désordonnés” concernant les actes homosexuels et contenue dans le Catéchisme « est un langage malheureux. Espérons qu’à la fin ce langage sera un peu moins douloureux », pour les homosexuels qui se sentent attaqués il va s’en dire.

Le 21 mai 2017, le cardinal américain donna son consentement à « un pèlerinage Lgbt » dans la cathédrale-basilique du Sacré-Cœur et accueillit personnellement tous ceux qui entrèrent dans l’église.

Mgr Tobin est également un inconditionnel du jésuite, lui-aussi gay-friendly, James Martin. L’évêque a particulièrement apprécié le livre de ce dernier, Construire un pont : comment l’Église catholique et la communauté Lgbt peuvent instaurer une relation de respect, de compassion et de sensibilité,  dans lequel le père Martin se déclare en faveur de l’homosexualité dans l’Église. L’éloge cardinalice fut dithyrambique :
« Dans de trop nombreuses parties de notre Église les personnes Lgbt sentent qu’elles ne sont pas les bienvenues, qu’elles sont exclues et même critiquées. Le courageux, prophétique et stimulant livre du père Martin accomplit un pas essentiel en invitant les chefs de l’Église à accompagner avec plus de compassion les catholiques Lgbt et en rappelant à ces derniers qu’ils font partie de notre Église comme chaque catholique. »


Voici donc ce cardinal totalement à l’ouest, vantant des comportements sexuels qui n’ont rien de catholique, nommé à la Congrégation pour l’Éducation catholique ! Le cardinal Tobin étant un membre de la clique McCarrick, certains pensent que cette nomination sert aussi à le  mettre diplomatiquement à l’abri  de la justice américaine du New-Jersey qui enquête à Newark où l’ancien copain homosexuel McCarrick a longtemps sévi. Les couleurs arc-en-ciel sont-elles là pour cacher la sombre chute du Vatican bergoglien aux yeux du monde médiatique et mondain ?
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 20:11


.. au Washington Post. Dans une correspondance par mail qui a duré deux mois, il s'explique sur ses accusations, sur le silence persistant du pape, et sur le refus délibéré de répondre à son rapport explosif d'août 2018. Et il n'hésite pas à affirmer que François "ment au monde entier pour couvrir ses mauvaises actions"
News au 18 juin 2019 Vigano-wp2_450

Il ne s'agit pas d'une interview au sens classique du terme, puisque qu'elle s'est étalée sur pas moins de deux mois, à travers des échanges faits uniquement par mail (le WP a compté en tout 8000 mots). L'un des derniers échanges concerne l'interview que François a accordée fin mai à une journaliste de la télévision mexicaine, Valentina Alazraki (cf. Une leçon de journalisme, 30/5)

Le WP a publié 2 articles traitant de cette "interview en pointillé".
Je n'en ai traduit qu'une partie.
Le premier article est en quelque sorte "l'histoire" de l'interview, et le second en donne la transcription.

Le fait que Mgr Vigano doive vivre caché est évidemment très significatif, et très inquiétant.
* * *

Il a appelé le Pape à démissionner.
A présent, cet Archevêque est dans un endroit secret


Washington Post
9 juin 2019
Ma traduction ("Benoît-et-moi")

* * *


À l'instant où il est devenu l'une des figures les plus controversées de l'histoire de l'Église catholique moderne, l'archevêque Carlo Maria Viganò est entré dans l'ombre.

---

L'été dernier, l'ambassadeur - aujourd'hui à la retraite -, du Vatican à Washington, a écrit une lettre explosive appelant le pape François à démissionner au motif qu'il avait toléré un agresseur sexuel notoire. Quand cette lettre a été publiée, Viganò a éteint son téléphone, a dit à ses amis qu'il disparaissait et a laissé l'Église s'occuper des retombées.

Neuf mois plus tard, dans sa première longue interviewe depuis lors, Viganò refuse de révéler où il se trouve et de parler de l'exil qu'il s'est imposé. Mais ses commentaires indiquent que, même en se cachant, il maintient son rôle de critique le plus féroce de la papauté de François, agissant soit comme un honorable rebelle, soit, comme le voient ses détracteurss, comme un guerrier idéologique attaquant un pape qui ne lui plaît pas.

Pendant deux mois, Viganò a correspondu par mail avec le Washington Post, écrivant 8 000 mots en réponse à près de 40 questions. Il a déploré, dans sa critique de François que le pape "mente ouvertement au monde entier pour couvrir ses mauvaises actions", disant que "c'est extrêmement triste".

Le Vatican a eu peu de réponse officielle à Viganò. Un responsable des communications a refusé de commenter cet article. Mais le mois dernier François a répondu pour la première fois à la lettre de Viganò (cf. Une leçon de journalisme). Le pape a dit qu'il ne savait "rien, évidemment rien" au sujet de l'inconduite de l'ex-cardinal Theodore McCarrick et qu'il ne se souvenait pas si Viganò l'avait mis en garde contre McCarrick en 2013. Viganò a affirmé avoir dit à François que McCarrick avait "corrompu des générations de séminaristes et de prêtres".

"Comment quelqu'un, surtout un pape, pourrait-il l'oublier?" a écrit Viganò au Post.

Dans sa correspondance avec le Post, Viganò a offert des réflexions détaillées sur les affaires de l'Église, mais il s'est dérobé aux questions personnelles - et il a refusé les demandes de rencontre en personne. Viganò a écrit qu'il est devenu "plus prudent sur qui je rencontre et sur ce que je dis". Il a dit que les questions à son sujet étaient "sans rapport avec les graves problèmes auxquels l'Eglise est confrontée".

"Ma vie est tout à fait normale, merci d'avoir posé la question" écrit-il.

Viganò a écrit "n/a" (no answer, pas de réponse) en réponse à des questions sur l'endroit où il vit, s'il croit que sa sécurité est menacée et comment ses actions en août ont changé sa vie.

...

Viganò n'a fait référence qu'à deux regrets au sujet de sa lettre de l'été dernier. Il a dit qu'il aurait aimé s'exprimer plus tôt. Il a également dit que, rétrospectivement, il aurait adouci l'appel à la démission de François - une demande que même les partisans de Viganò trouvaient exagérée et déroutante.
Viganò laisse maintenant ouverte la possibilité que François puisse se repentir, et dit que le pape devrait se retirer "s'il refuse d'admettre ses erreurs et de demander pardon".


* * *

L'Archevêque Vigano donne sa première interview détaillée
depuis qu'il a appelé le Pape à démissionner


Washington Post
10 juin 2019
Extraits choisis, ma traduction

----

Il y a eu un manque notable de dénégations de la part du Vatican sur les détails de votre témoignage, et le Pape François n'a pas encore répondu. Comment interprétez-vous ce silence ?

Personne n'a démenti de façon plausible les faits que j'ai exposés dans mon témoignage initial parce que personne ne peut nier la vérité. Les cardinaux et les archevêques que j'ai nommés ne veulent pas être pris en flagrant délit de mensonge, et ils pensent apparemment qu'ils sont si puissants qu'ils sont intouchables s'ils restent silencieux et se cachent. La vraie question est de savoir pourquoi les journalistes les laissent s'en tirer comme ça.

Non seulement mes témoignages n'ont pas été niés, mais certains des faits qu'ils contiennent ont été confirmés de façon indépendante. Pour ne citer que deux exemples, la lettre de [l'archevêque de l'époque Leonardo] Sandri au père Ramsey [Boniface] a confirmé mon affirmation selon laquelle les autorités du Vatican étaient au courant des allégations de McCarrick dès 2000, et le cardinal[Marc] Ouellet, dans sa lettre ouverte, m'a confirmé que le pape Benoît XVI m'avait dit personnellement et ensuite écrit les restrictions qui lui avaient été imposées par écrit.

Quant au Pape François, sa réponse à mon témoignage a été : "Je ne dirai pas un seul mot à ce sujet." Aurait-il dit cela s'il avait su que mon témoignage était faux ? N'est-ce pas plutôt précisément ce que dit une personne qui sait mais ne veut pas admettre que le témoignage est vrai? En répondant comme il l'a fait, le pape admet en substance qu'il n'a pas l'intention d'être transparent. Pourtant, les faits demeurent. McCarrick était un ami personnel de François pendant des décennies avant d'être élu pape. François était au courant de ses crimes, mais il l'a réhabilité, en a fait son envoyé personnel et son conseiller de confiance, et a nommé des évêques et des cardinaux qui sont des protégés bien connus de McCarrick. Pourtant, il ne dira pas un mot à ce sujet. Est-il surprenant que beaucoup aient interprété la réponse du pape comme une manifestation de mépris à la fois pour les victimes et pour ceux qui veulent que le camouflage prenne fin ? Ironiquement, cependant, le silence persistant du pape, qui est devenu de plus en plus assourdissant, témoigne finalement de la vérité de mon témoignage.

[NOTE DE LA RÉDACTION : Viganò a ajouté ce qui suit après que François ait discuté des accusations le mois dernier dans une interview]

Il est immensément triste de lire les réponses du pape François au sujet de l'affaire McCarrick, sans parler de tout le reste. Premièrement, il dit qu'il a déjà répondu plusieurs fois; deuxièmement, qu'il ne savait rien, absolument rien sur McCarrick ; et troisièmement, qu'il avait oublié ma conversation avec lui. Comment ces déclarations peuvent-elles être affirmées et soutenues ensemble en même temps? Toutes les trois sont des mensonges éhontés.

D'abord, pendant neuf longs mois, il n'a pas dit un mot sur mon témoignage, et il s'est même vanté et continue de se vanter de son silence, se comparant à Jésus. Soit il a parlé, soit il a gardé le silence. Lequel est vrai?

Deuxièmement, tout le monde connaissait le comportement prédateur de McCarrick, du plus jeune séminariste de Newark aux prélats de haut rang du Vatican.

Troisièmement, je répète devant Dieu ce que j'ai dit dans mon témoignage d'août dernier: le 23 juin 2013, le Pape François lui-même m'a interrogé sur McCarrick, et je lui ai dit qu'il y avait un énorme dossier sur ses abus à la Congrégation des évêques, et qu'il corrompait des générations de séminaristes. Comment quelqu'un, surtout un pape, pourrait-il l'oublier? S'il ne savait vraiment rien jusqu'à ce jour, comment a-t-il pu ignorer mon avertissement et continuer à se fier à McCarrick comme l'un de ses plus proches conseillers ? Nous sommes dans une période vraiment sombre pour l'Église universelle : le Souverain Pontife ment à présent ouvertement au monde entier pour couvrir ses mauvaises actions! Mais à la fin, la vérité finira par éclater, au sujet de McCarrick et de tous les autres camouflages, comme c'était déjà le cas pour le cardinal Wuerl, qui lui aussi "ne savait rien" et avait "un trou de mémoire".

[Ce qui suit n'est pas reporté par le WP, mais (entre autres...) par Marco Tosatti]

J'exhorte tous les fidèles à prier avec ferveur et à faire pénitence pour le Pape François qui semble être sous l'emprise du "père du mensonge". Que le Seigneur ait pitié de nous tous!

Comment pensez-vous que les médias ont couvert l'histoire de votre témoignage ? Pensez-vous que les publications étaient disposées à enquêter sans parti pris sur les accusations que vous avez portées ?

Je suis attristé que les grands médias n'insistent pas pour que le pape François et d'autres prélats répondent à mes accusations, et je ne peux imaginer qu'ils auraient été si timides si le pape en question avait été Jean Paul II ou Benoît XVI. Il est difficile d'éviter de conclure que ces médias sont réticents à le faire parce qu'ils apprécient l'approche plus libérale du pape François en matière de doctrine et de discipline de l'Église et qu'ils ne veulent pas compromettre son programme. Pourtant, nous parlons ici de crimes très graves, qui impliquent souvent des mineurs et des allégations de camouflage. A quelques exceptions près, et ceux qui appartiennent aux organes périphériques, les médias n'ont pas réussi à s'attaquer au "crime derrière le crime" et à poser les questions évidentes aux personnes évidentes : Où se trouvent les archives contenant des documents du type de ceux qui sont pertinents pour les revendications de Viganò ? Qui a accès aux documents et a le pouvoir de les publier ? Qui les a effectivement examinés et quand ? Qu'ont-ils trouvé ou n'ont-ils pas trouvé ? Quels efforts de corroboration ont été faits et par qui ? Qui coordonne l'enquête sur McCarrick ? Les protégés de McCarrick, Cupich et Tobin, ont-ils été inclus dans l'enquête - sinon, pourquoi n'est-ce pas le cas? Ce n'est que le début.

Bref, les journalistes devraient creuser pour trouver les faits, interviewer les victimes, suivre les pistes de l'argent et de la promotion, et découvrir les réseaux corrompus. Il y a tellement d'affaires à suivre. Pour n'en citer qu'une Avez-vous lu le récent livre de Martha Alegria Reichmann, sur les méfaits du Cardinal Maradiaga, choisi par le Pape François comme conseiller principal de confiance, en fait le chef du Conseil C-9 ? Avez-vous pensé à l'interviewer? d'enquêter sur ses allégations ? De demander un entretien avec Maradiaga pour lui poser des questions sur toutes les accusations qui ont été portées contre lui ? De demander au Pape François pourquoi il a choisi un tel homme comme conseiller ?

En octobre, le Vatican a promis de mener sa propre enquête dans les archives sur l'affaire McCarrick. Les conclusions d'une telle enquête n'ont toujours pas été rendues publiques. Mais si elles le sont et une fois qu'elles le seront, qu'est-ce qui, selon vous, sera révélé ?

A ce jour, rien n'indique qu'une telle enquête ait été ouverte. Je sais pertinemment que les résultats d'une enquête honnête seraient désastreux pour la papauté actuelle, et ceux qui sont responsables de l'initiation du travail le savent aussi. Je ne peux que conclure que l'assurance d'une enquête d'archives appropriée était une promesse vide de sens.

Bien que le Vatican n'ait pas publié ses propres conclusions sur l'affaire McCarrick, certains historiens de l'Église estiment que les détails sur la façon dont McCarrick a été protégé - une fois révélés - pourraient nuire à la réputation de Benoît XVI et, plus encore, de Saint Jean Paul II. Pensez-vous que Benoît XVI ou Jean-Paul II auraient pu faire plus pour bien gérer McCarrick ?

Je souhaite sincèrement que tous les documents, s'ils n'ont pas déjà été détruits, soient rendus publics. Il est tout à fait possible que cela porte atteinte à la réputation de Benoît XVI et de Saint Jean Paul II, mais ce n'est pas une bonne raison pour ne pas chercher la vérité. Benoît XVI et Jean-Paul II sont des êtres humains et ont peut-être commis des erreurs. Si c'est le cas, nous voulons les connaître. Pourquoi devraient-ils rester cachés ? Nous pouvons tous apprendre de nos erreurs.

Je regrette moi-même de ne pas m'être exprimé publiquement plus tôt. Comme je l'ai déjà dit, j'avais vraiment espéré contre toute espérance que l'Église puisse se réformer de l'intérieur. Mais quand il est devenu clair que le successeur de Pierre lui-même était l'un de ceux qui couvraient les crimes, je n'avais aucun doute que le Seigneur m'appelait à parler, comme je l'ai fait et continuerai à le faire.

Au lendemain de la publication de votre témoignage, en quoi l'ampleur de ces actes a-t-elle changé votre vie ? Dans quelle mesure êtes-vous libre de vivre votre vie comme bon vous semble?

N/a

Êtes-vous en mesure d'indiquer le pays, ou même le continent, où vous vous trouvez en ce moment?

N/a

En gros, combien de personnes savent où vous êtes ? Avec combien de personnes avez-vous des contacts personnels quotidiens?

N/a

Pouvez-vous nous décrire votre vie quotidienne ?

Je réponds à cette question avec réticence, car cela met l'accent sur moi plutôt que sur ce qui est important.
Ma vie n'a pas beaucoup changé. Bien sûr, je dois faire plus attention à qui je rencontre et à ce que je dis, mais j'ai eu la chance d'avoir une famille nombreuse et de nombreux amis qui m'ont soutenu. Je les vois régulièrement et leur proximité est pour moi une grande consolation.

Le plus grand changement après mon premier témoignage est peut-être l'incroyable élan de soutien que je reçois chaque jour de partout dans le monde. Il y a des milliers de catholiques qui prient pour moi et avec moi pour la conversion du Pape François et pour la guérison de l'Église.

Dans l'ensemble, très peu de choses ont changé. Je fais ce que j'ai fait toute ma vie: Depuis que j'ai été ordonné prêtre, j'ai essayé de servir le peuple de Dieu, dans l'obéissance, partout où l'on m'a demandé d'aller. Je ne suis qu'une personne simple qui essaie de faire de son mieux, et j'ai eu la chance de recevoir pendant toute ma vie de très bons exemples de prêtres saints et dévoués.
>>> L'AFFAIRE VIGANO (dossier où figurera très prochainement la traduction française de l'intégralité de cette interview au Washington Post)
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News au 18 juin 2019 Empty Re: News au 18 juin 2019

Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 20:22


Roberto de Mattei
Corrispondenza Romana
12 juin 2019
Traduction "Benoît-et-moi" (les caractères gras sont de moi)

* * *

La longue interview que Mgr Carlo Maria Viganò a accordée à Chico Harlan et Stefano Pitrelli dans le Washingon Post du 10 juin (<Mgr Carlo Maria Viganò donne sa première longue interview depuis la démission du pape>) revêt une importance exceptionnelle pour plusieurs raisons.

La première raison, et la plus importante, est que cette interview marque l'échec complet de la stratégie vaticane du «silence» face aux accusations circonstanciées de l'ex-nonce aux États-Unis. Les responsables des médias vaticans étaient convaincus que les révélations de Mgr Viganò pouvaient rester circonscrites à un public 'de niche', prompt à oublier après un moment d'émotion. Ce ne fut pas le cas.

Le Washington Post est l'un des journaux les plus lus de la planète, avec des millions de lecteurs, et l'interview de l'archevêque a été pendant presque trois jours le deuxième article le plus lu sur son site. La voix de Mgr Viganò a eu un impact mondial, faisant tomber le mur du silence et s'imposant comme un témoignage qui ne peut plus être ignoré ou minimisé.

La deuxième raison, liée à la première, est qu'avec son interview, le Washington Post accrédite Mgr Viganò comme témoin historique, dont la crédibilité ne peut être mise en doute par personne. L'archevêque n'entre pas dans les problèmes théologiques soulevés par des documents comme Amoris Laetitia, mais se contente de parler de faits qu'il connaît: l'existence d'une «mafia corrompue» qui «a pris le contrôle de nombreuses institutions de l'Église, du sommet à la base, et exploite l'Église et les fidèles à ses fins immorales». Cette mafia «n'est pas liée par une intimité sexuelle partagée, mais par un intérêt commun à se protéger et progresser professionnellement, et à saboter tout effort pour réformer la corruption sexuelle».

Viganò répond aux tentatives maladroites des médias du Vatican de le discréditer en lui attribuant des objectifs de pouvoir: «De toute façon, ma motivation n'est pas l'essentiel, et les questions à ce sujet visent à faire diversion. La question vraiment importante est de savoir si mon témoignage est vrai. Je le soutiens, et j'insiste pour qu'il y ait des enquêtes afin que les faits soient connus. Malheureusement, ceux qui contestent mes motivations n'ont pas été disposés à mener des enquêtes ouvertes et approfondies.

Par ces paroles, l'archevêque manifeste un amour de la vérité qui l'empêche de cautionner les erreurs des papes qui ont précédé le pape François. Ceci fait tomber les insinuations de ceux qui tentent de l'opposer à Benoît XVI et Jean-Paul II - comme l'a fait Vatican Insider, dans l'article qu'il a consacré à cette affaire après la publication de l'interview. Mgr Viganò a répondu préventivement de manière très équilibrée:

«Je voudrais sincèrement que tous les documents, s'ils n'ont pas déjà été détruits, soient communiqués. Il est tout à fait possible que cela puisse nuire à la réputation de Benoît XVI et de Saint Jean Paul II, mais ce n'est pas une bonne raison pour ne pas chercher la vérité. Benoît XVI et Jean-Paul II sont des êtres humains, et ils ont peut-être aussi commis des erreurs. S'ils l'ont fait, nous voulons les connaître. Pourquoi devraient-elles rester cachées? Nous pouvons tous apprendre de nos erreurs. Je regrette moi-même de ne pas m'être exprimé publiquement avant. Comme je l'ai déjà dit, j'espérais vraiment contre toute espérance que l'Église puisse se réformer de l'intérieur. Mais quand il est devenu clair que le successeur de Pierre lui-même était l'un de ceux qui couvraient les crimes, je n'avais aucun doute que le Seigneur m'appelait à parler, comme je l'ai fait et comme je continuerai à le faire».

Un point central de l'interview est la conviction répétée que l'homosexualité - et l'absence de réponse du Vatican - est un élément fondamental du problème actuel de l’Église pour faire face aux abus. A l'intervieweur qui lui demande: «Pouvez-vous expliquer, avec la plus grande clarté possible, comment l'homosexualité, selon vous, est liée aux abus», Viganò répond:

«Nous maintenons deux arènes distinctes: 1°) les délits d'abus sexuels, et 2°) la dissimulation criminelle de délits d'abus sexuel. Dans la plupart, des cas dans l'Église d'aujourd'hui, les deux ont une composante homosexuelle - habituellement minimisée - qui est la clé de la crise. Pour ce qui concerne la première [arène], les hommes hétérosexuels ne choisissent évidemment pas des garçons et les jeunes hommes comme partenaires sexuels privilégiés, et environ 80 % des victimes sont des individus de sexe masculin, dont la grande majorité sont post-pubères. (…). Ce ne sont pas les pédophiles, mais les prêtres gay qui s'attaquent aux garçons post-pubères, qui ont mis en faillite les diocèses américains... Quant à la deuxième arène, la "mafia gay" parmi les évêques n'est pas liée par une intimité sexuelle partagée, mais par un intérêt commun à se protéger et progresser professionnellement et à saboter tout effort de réforme». [Toutefois], « au vu des preuves accablantes, il est étonnant que le mot "homosexualité" ne figure pas une seule fois, dans aucun des récents documents officiels du Saint-Siège, y compris les deux Synodes sur la famille, celui sur la jeunesse et le récent Sommet de février dernier».

Il y a un autre point de l'entretien qui mérite d'être souligné: l'évaluation, de la part de Mgr Viganò, de la réduction du Cardinal Theodore McCarrick à l'état laïc. Cette peine, affirme l'ancien nonce pontifical, «était, pour ce qu'on peut en dire, une punition juste, mais il n'y a aucune raison légitime pour qu'elle n'ait pas été imposée cinq ans plus tôt, après un procès juste avec une procédure judiciaire». McCarrick n'a pas été poursuivi devant les tribunaux, mais dans le cadre de procédures administratives. Il est difficile d'éviter de penser que cela a été fait pour «manipuler l'opinion publique»: «Condamner McCarrick comme bouc émissaire avec une punition exemplaire - c'était la première fois dans l'histoire de l'Église qu'un cardinal était réduit à l'état laïque - devait soutenir le discours selon lequel le pape François était fermement déterminé à lutter contre les abus sexuels du clergé».

Viganò explique:

«Selon une déclaration publiée par le Bureau de presse du Saint-Siège le 16 février 2019, McCarrick a été reconnu coupable par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) de "sollicitation dans le sacrement de la confession et de péchés contre le sixième commandement" avec des mineurs et des adultes, avec "le facteur aggravant de l'abus du pouvoir". La sanction imposée est la sécularisation, que le Pape François confirme comme "définitive". De cette façon, McCarrick, qui s'est toujours déclaré innocent, a été privé de toute possibilité de contester la sentence. Où est le procès équitable? Est-ce ainsi que la justice est faite au Vatican? De plus, ayant rendu la sentence définitive, le Pape a rendu impossible la conduite d'autres enquêtes qui auraient pu révéler ceux qui, à la Curie et ailleurs, était au courant des abus de McCarrick, à quel moment ils l'ont su, et qui l'a aidé à être nommé archevêque de Washington et enfin cardinal. Notons, entre autres, que les documents sur cette affaire, dont la publication avait été promise, n'ont jamais été produits. Le point fondamental est le suivant: le pape François cache-t-il délibérément les preuves sur McCarrick ?».

«Mais considérons la dimension spirituelle, de loin la plus importante, qui a été complètement absente de toute déclaration sur McCarrick ou de toute conférence de presse au sommet. Le but principal des sanctions dans l'ordre canonique est le repentir et la conversion: "Suprema ratio est salus animarum" (la loi suprême est le salut des âmes). Je crois donc que la simple "réduction à l'état laïc" est totalement inadéquate, parce qu'elle n'offre pas de remède et n'exprime pas de préoccupation pour le but le plus important de la punition, à savoir le salut de l'âme de McCarrick. En effet, à moins qu'elle ne s'accompagne d'autres mesures, une simple sécularisation pourrait être considérée comme une expression de mépris à l'égard de l'État laïc. L'idée qu'un prélat qui se comporte mal est puni en étant "réduit" à l'état laïc est une sorte de cléricalisme».

«Je crois, et je ne suis pas le seul, que la peine d'excommunication - dont il peut être absous à tout moment - devrait également être imposée à McCarrick. Comme un médicament correctement dosé, elle aurait dû être imposée pour inciter McCarrick à assumer la responsabilité de ses péchés, à se repentir, à se réconcilier avec Dieu, et donc à sauver son âme».

Ces mots aident à comprendre une question importante. Aujourd'hui, ceux qui gouvernent l'Église avancent à coups de nominations de mise sous tutelle des instituts religieux mal vus, et de démission de l'état clérical pour ceux qui pourraient créer des problèmes avec l'opinion publique. La réduction à l'état laïc est conçue comme un "licenciement" de l' "entreprise-Eglise", qui peut avoir lieu même sans cause juste. Le tout par décret pontifical, sans possibilité de recours canonique. On oublie cependant que le sacrement de l'Ordre, une fois reçu, ne devient jamais nul et non avenu, car son caractère est indélébile. Aucune autorité ne peut effacer la condition ontologique du prêtre envers lequel il faudra toujours témoigner de miséricorde. Mais surtout, on ne peut arriver à des extrêmités, comme la réduction à l'état laïc, sans un procès régulier dans lequel l'accusé est autorisé à présenter ses motifs.

Ceux qui n'écoutent pas les raisons, n'en a peut-être pas et sont forcés de mentir pour justifier leurs actions, comme c'est le cas du Pape Fançois qui était au courant des abus de McCarrick au moins depuis le 23 juin 2013, quand Mgr Viganò, en réponse à une question spécifique de sa part, lui a révélé l'existence d'un lourd dossier contre le cardinal américain.

Mgr Viganò est, à ce jour, le seul évêque qui ait publiquement désigné le Pape François comme le responsable direct de la terrible crise qui frappe l'Église. Lorsqu'on lui demande si «le Vatican, sous la direction du Pape François, prend des mesures adéquates pour faire face aux graves problèmes d'abus», l'archevêque répond: «Non seulement le Pape François ne fait presque rien pour punir ceux qui ont commis des abus, mais il ne fait absolument rien pour dénoncer et traduire en justice ceux qui, depuis des décennies, ont facilité et couvert ces abus». Et aux interviewers qui lui demandent: «Pensez-vous que demander la démission du Pape a détourné l'attention de votre message?», il répond avec humilité et fermeté: «Il aurait été préférable de traiter la question que vous posez de la manière suivante, en commençant par un point que j'ai inclus dans mon troisième témoignage: je demande, et même j'implore vivement le Saint-Père de faire face aux engagements qu'il a lui-même pris en assumant ses fonctions de successeur de Pierre. Il s'est donné pour mission de confirmer ses frères et de guider toutes les âmes à la suite du Christ, dans un combat spirituel, sur le chemin de la croix. Reconnaissez vos erreurs, repentez-vous, manifestez votre volonté de suivre le mandat donné à Pierre et, une fois converti, confirmez vos frères (Lc 22,32)».
>>> L'AFFAIRE VIGANO (dossier où figurera très prochainement la traduction française de l'intégralité de cette interview au Washington Post)
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Juin - 21:29


Cette fois, c'est l'écrivain allemand Martin Mosebach, qui s'entretient avec Maike Hickson, sur LifeSiteNews: redoutant un schisme, il espère qu'il y aura plus d'évêques pour répondre à la crise actuelle dans l'Église. Selon lui, la Lettre sert à garder la plaie "ouverte" et augmente les chances qu'un futur pontife réponde à ses questions.

>>> Voir aussi: Lettre ouverte accusant François d'hérésie

News au 18 juin 2019 Mmosebach_450

Martin Mosebach est né en 1951 à Francfort. Les medias le considèrent comme un réactionnaire, à la fois du point de vue politique et religieux, surtout à cause de son livre "La liturgie et son ennemie: L'hérésie de l'informe" paru en 2005, dans lequel il prétend au retour du rite antique.

Martin Mosebach a fait l'objet de plusieurs articles dans ces pages (taper son nom dans le moteur de recherche interne), en particulier sous le pontificat de Benoît XVI, qu'il apprécie et admire. Par exemple une très longue interview qu'il avait accorder à Süddeutsche Zeitung en mai 2010, alors qu'éclataient quotidiennement de nouvelles révélations sur les scandales de pédophilie cléricale en Allemagne (benoit-et-moi.fr/2010-II)

A relire aussi une interview qu'il avait accordée au NYT le 30 avril 2005, quelques jours après l'élection de Benoît XVI (benoit-et-moi.fr/2014-II) et une autre d'avril 2012 à Die Tagespost ([url=http://benoit-et-moi.fr/2012 (II)/045500a02d0f3c31a/045500a03608dbf04.html]benoit-et-moi.fr/2012..[/url])

En 2015, il confiait déjà au Spiegel tous les doutes que lui inspirait François (benoit-et-moi.fr/2015-I)


* * *
En flirtant avec l'hérésie,
le pape François pourrait provoquer un schisme

Maike Hickson
www.lifesitenews.com
12 juin 2019
Ma traduction ("Benoît-et-moi")

* * *

Dans cette interview, l'important écrivain allemand Martin Mosebach, auteur du célèbre livre L'hérésie de l'informe. La liturgie romaine et son ennemi expliquent pourquoi il a signé la Lettre ouverte aux évêques dans laquelle le Pape François est accusé d'avoir commis le crime d'hérésie.
---

Le 30 avril 2019, dix-neuf érudits et prêtres ont publié une Lettre ouverte aux évêques accusant le Pape François d'hérésie et demandant aux évêques à travers le monde d'entreprendre une enquête sérieuse sur cette accusation, pour le bien de l'Église. Dans les semaines qui ont suivi, d'autres personnes, dont plus de 20 prêtres et quelques théologiens et avocats canoniques, ont ajouté leur signature à cette lettre ouverte, de sorte que le nombre de ses signataires est maintenant de 92.

Le 13 mai, Martin Mosebach a également ajouté sa signature à la Lettre ouverte. Mosebach est un célèbre romancier et essayiste allemand qui a reçu le prix littéraire national le plus élevé d'Allemagne, le prix Georg Büchner, décerné par l'Académie allemande de langue et littérature.


LifeSite :
Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez signé la Lettre ouverte aux évêques, alors qu'il y avait déjà beaucoup de commentaires qui définissaient cette lettre comme "extrême"? Quel aspect de la lettre ouverte vous a le plus convaincu?

Mosebach : En fait, la Lettre ouverte aux évêques est un témoignage extrême d'un moment historique qui n'a pas de précédent dans l'histoire de l'Église. Elle décrit la situation qui n'était pas prévue et pour laquelle, par conséquent, les instruments font également défaut. Il est vrai qu'il faudrait, en principe, être très prudent avant de qualifier quelqu'un d'hérétique. L'Église catholique est ancienne et revendique à juste titre l'universalité, ce qui signifie qu'il y a eu parmi elle des mouvements très différents, en partie même contradictoires. Mais le Magistère des Papes a toujours prévalu, après une période de discussion plus ou moins longue, se tournant vers la Tradition et prenant ensuite une décision dans son esprit, mettant ainsi un terme à la dispute. Et à présent, pour la première fois, nous avons affaire à un Pape qui, loin de mettre fin à une dispute théologique, va jusqu'à la promouvoir et se soustrait à son devoir d'y mettre un terme. Les moyens qu'il utilise me semblent particulièrement fatals: il "flirte" avec l'hérésie; il montre, par un clin d'œil, une certaine sympathie pour elle, puis il s'exprime continuellement d'une manière tellement ambiguë que les "hérétiques" peuvent ensuite se sentir renforcés, tandis que les papistes "fidèles" espèrent encore pouvoir prouver l'existence dans ses déclarations d'un noyau orthodoxe. Il me semble qu'il est maintenant nécessaire d'ouvrir un large débat sur la question de savoir ce qui est catholique et ce qui ne l'est pas (dans son magistère papal). Le résultat pourrait être dramatique - un schisme - parce que le parti progressiste est très fort, mais le petit parti traditionaliste ne peut plus, selon ses propres principes, faire de concessions.

LifeSite : Face au fait que les évêques ne répondront probablement pas à cette lettre ouverte par une enquête sur les hérésies possibles du Pape, que peut-on obtenir avec une telle lettre ?

Mosebach : Ce qui m'a convaincu, c'est qu'ici, enfin, tous les prélats de l'Église sont pris en considération. Ils participent au Magistère et doivent donc faire une déclaration sur l'essence de la doctrine chrétienne. Tous doivent présenter leurs questions au Pape - lorsqu'ils ont des doutes quant à leur bonne compréhension - et pas seulement ces quatre courageux cardinaux avec leurs dubias. Je ne veux tout simplement pas croire que, dans tout l'Orbis Catholicus, seuls ces quatre cardinaux et les trois évêques kazakhs sont préoccupés par les zigzags du cours romain. Rappelons-nous que l'épiscopat est l'office le plus élevé qu'un catholique puisse atteindre, on est évêque par la loi divine, appelé par Jésus Christ - que peut-on encore craindre alors? De quel malheur peut-on être atteint et touché? Je ne veux pas espérer en vain que les bouches de ces évêques qui sont conscients du désastre - et ils existent, nous les connaissons! - continuent d'être scellées par un faux concept d'unité. Mais même si la peur et le désir de carrière devaient prévaloir et qu'aucun des destinataires ne répondait, la Lettre a une autre fonction importante: elle garde la plaie "ouverte" et augmente les chances qu'un futur pontife réponde à ces questions.

LifeSite :
Un simple catholique peut-il reconnaître quand un pape enseigne l'hérésie - ou la soutient indirectement - ou pensez-vous que seul un catholique ayant une culture théologique profonde peut parvenir à une telle conclusion ?

Mosebach : La religion catholique est peut-être la plus compliquée au monde, et c'est pourquoi son système doctrinal, sa philosophie, n'est connu que d'une petite partie des fidèles; mais tout cela n'est pas nécessaire, car l'Église dispose, sous la forme de la liturgie catholique, d'un instrument accessible à tous, indépendamment de leur éducation, qui leur permet de rencontrer Dieu; et cette rencontre avec Dieu est bien au-delà de toute doctrine. En fait, il y a des questions théologiques qui sont difficiles à résoudre, même pour un expert en la matière. Puisque la discussion des vérités de la Foi ne se terminera jamais dans l'Église, le Magistère a acquis cette signification particulière: les pensées et les conditions de vie de chaque siècle doivent être mesurées selon le standard de la Tradition. Mais il y a aussi quelques phrases simples dont la compréhension ne nécessite pas une culture théologique profonde. "Allez dans le monde entier, enseignez toutes les créatures et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit", ne signifie pas vraiment "que les nations maintiennent leurs religions parce que Dieu les a voulues et les a créées par son esprit, il n'est donc pas nécessaire de les baptiser". La phrase : "Que personne ne sépare ce que Dieu a uni" ne signifie pas que "l'homme peut diviser ce que Dieu a uni".

LifeSite : En tant qu'observateur littéraire attentif de votre âge, comment décririez-vous l'"effet François" ? Comment l'Église catholique et le monde ont-ils changé sous son pontificat?

Mosebach : L'Église catholique s'est embourgeoisée, a adopté les caractéristiques du libéralisme occidental des démocrates nord-américains et du Parti vert allemand. Elle se présente comme anti-sacramentelle, anti-hiérarchique, engagée vers les exigences ultralibérales de la diversité sociétale, etc. Mais de ces mouvements laïques, elle a aussi adopté un autoritarisme rigoureux que l'on peut décrire avec la devise "aucune tolérance à l'intolérance". Et en vertu de cela, ce qui est intolérable, c'est tout ce qui correspond à la Tradition de l'Église.

LifeSite : Comment décririez-vous le style de gouvernement du pape François ?

Mosebach : Son style de gouvernement est paradoxal : c'est un dirigeant qui a besoin de soumission et d'obéissance aveugle pour détruire - spécialement par ce moyen - le fondement spirituel de toute obéissance. Il utilise l'autorité pontificale pour saper le magistère pontifical. Il devient de plus en plus clair qu'il se considère comme l'agent d'une révolution du sommet vers la base. Avec cela, et rétrospectivement, il devient enfin clair - espérons-le -, même pour le dernier optimiste, que toute l'ère post-conciliaire a déjà été une telle révolution d'en haut que, après quelques ritardandi (ndt: mot emprunté au vocabulaire de la musique: passage musical où l’on doit ralentir progressivement la mesure), elle est finalement parvenue à sa pleine réalisation.

LifeSite : Certains commentateurs disent que François est maintenant accusé de choses - comme la crise des abus cléricaux - dont il n'est pas vraiment responsable parce qu'elles se sont développées il y a plusieurs décennies. Quelle est votre approche face à la crise dees abus?

Mosebach : Il est vrai qu'à l'origine, le Pape n'était qu'un très petit responsable de la crise causée par l'exposition de scandales moraux, mais il a renoncé à cet avantage. Fatalement, on a découvert que ces prélats qui étaient le plus impliqués dans ces scandales faisaient partie des piliers favoris de son pontificat. C'est pourquoi il a eu et a toujours des difficultés à les révéler ou à les abandonner. C'est aussi pour cela qu'il n'est pas prêt à nommer les vraies causes de la crise, mais qu'il invente plutôt des fantômes comme un prétendu "cléricalisme". Évidemment, le "pape de la miséricorde" ne peut pas revenir à l'ancienne loi canonique, tragiquement abrogée par le pape Paul VI, grâce à laqelle on aurait pu maîtriser les problèmes d'une manière très différente. Je crains que le Pape ne considère d'abord les scandales d'abus comme une occasion utile de se débarrasser autant que possible de la Tradition catholique - qui s'était déjà considérablement réduite sous les derniers papes.
>>> Le CAS d'un PAPE HÉRÉTIQUE : comme François l'est, concluez.
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