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Vivre sans la Sainte Messe.

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Vivre sans la Sainte Messe. - Page 2 Empty Re: Vivre sans la Sainte Messe.

Message par Gabrielle.RJ Lun 19 Nov - 14:13

"Femme, voilà votre fils...voilà votre mère" 

SANCTUS


Il y à peine cinq jours, Jésus entrait, de façon triomphale, dans Jérusalem. Des cris de triomphes et de louanges retentissaient partout à l'endroit du Saint d'Israël. Notre Sauveur dira même aux Pharisiens, qui voulaient faire taire ces voix, que, quand bien même ils y arriveraient, les pierres crieraient à la place des hommes. Les gens du peuple l'appelle Saint sans trop savoir pourquoi et, Lui, accepte cet hommage parce qu'Il s'achemine, maintenant, vers sa croix, comme une victime. Toute victime doit être sainte; c'est pour cela, qu'à sa messe, le Sanctus du Christ tintera de façon bien différente. Il s'adressera aux saints en faveur des pécheurs.

Frappantes sont ces paroles: "Femme, voilà votre fils...voilà votre mère." Il s'adresse à des saints, non pour implorer leur aide ou leur intercession: Lui, sainteté même, n'en a nul besoin, mais Il sait que nous, êtres misérables et faibles, nous avons besoin de sainteté pour devenir des victimes saintes, innocentes et sans tache. Il sait aussi que, devant la sainteté, nos esprits resteraient comme anéantis devant ce défi au-dessus de nos capacités; alors, Il donne la solution: nous placer sous la protection de Marie. Il confie à sa Mère le rôle particulier de conduire les pas de ses nouveaux enfants dans la sainteté. 

Un mystère formidable se cache sous le vocable de "femme". C'est l'ultime leçon du détachement que lui avait prêché Jésus, il y a plusieurs années, et la première leçon d'une nouvelle attache. Notre Seigneur avait graduellement dirigé, pour ainsi dire, l'affection de sa mère, non pas en ce sens qu'elle devait L'aimer moins ou que Lui devait la moins aimer, mais seulement en ce sens qu'elle devait nous aimer davantage. Elle devait se détacher de sa maternité selon la chair pour s'attacher davantage à cette maternité plus noble de l'esprit. De là ce mot "femme". Il lui échéait de faire de nous d'autres Christs, car, de même que Marie avait éduqué le Saint de Dieu, de même aussi elle seule pouvait nous élever en saints de Dieu, dignes de chanter "sanctus" à la messe du Calvaire projetée dans le cours des siècles. 

Jésus a préparé sa Mère à ce rôle de Mère de son Corps Mystique . Voyons un peu l'Évangile. A trois reprises, Jésus laisse entrevoir cet instant sublime du Calvaire où Il prononcerait, entre notre faveur, cette maternité spirituelle de Marie, où Il mettrait en pleine lumière que, non seulement elle devrait être appelée Mère de Dieu, mais aussi Mère des hommes; Mère très sainte, mais aussi Mère de tous ceux qui tendraient à la sainteté.

Le premier tableau se joue lorsque Marie et Joseph retrouvèrent l'Enfant au temple. Sa mère Lui révèle qu'elle a eu le cœur broyé de tristesse lors de cette longue quête; et Lui de répondre: "Ne saviez-vous pas qu'il faut aussi que je sois aux affaires de mon Père?"  Cela équivalait  à dire: "Ne saviez-vous pas que je dois m'occuper de la grande affaire de la rédemption, que je dois faire de tous les hommes rachetés, mes frères, les fils adoptifs de mon Père et, par le fait même, vos fils?" Jusqu'à quel point Marie a-t-elle pénétré le sens de cette parole? A-t-elle saisi, à ce moment-là, qu'elle devait être la mère de tous les hommes? Nous n'en savons rien. Mais sûrement, dix-huit ans plus tard, à Cana, au second tableau, elle comprendra mieux la portée de sa mission.

Nous connaissons tous l'histoire des noces de Cana, de cette intervention de la Vierge auprès de Jésus en faveur des époux et de cette réponse de Jésus: "Femme, qu'est-ce que cela pour moi et vous? Mon heure n'est pas encore venue." Voilà qu'Il ne l'appelle plus "mère" mais "femme", le même titre qu'Il lui décernera au Calvaire.

C'était lui dire: "Vous me demandez d'accomplir quelque chose en qualité de Fils de Dieu. Vous me demandez d'opérer un  miracle que Dieu seul peut opérer; vous me demander de dévoiler ma Divinité qui, en tant que rédemptrice, a signé un pacte avec toute l'humanité. Bien! Mais au moment où cette Divinité commencera de s'appliquer au salut du monde, vous ne serez plus seulement ma mère, mais vous prendrez conscience, aussi, de votre maternité à l'égard de toute l'humanité rachetée. Votre maternité physique passera à ce rôle plus vaste de la maternité spirituelle, et, pour cette raison, je vous appelle "Femme". Puis comme preuve de sa puissance d'intercession, en sa qualité de mère du genre humain, Jésus exauce ses désirs et l'eau est changée en vin, comme Marie l'avait voulu. Dans le langage de Crashaw ( poète mystique anglais): " les eaux conscientes ont vu leur Dieu et elles en ont rougi de plaisir".

La troisième scène se déroule moins deux ans plus tard. On interrompt Jésus dans un de ses discours pour Lui dire que sa mère est dehors et qu'elle Le cherche, et Jésus de répondre:" Qui est ma mère?"; puis, désignant ses disciples, Il dit: "voici ma mère et mes frères, car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur et ma mère." Il n'y a plus à s'y méprendre; la maternité spirituelle, ça existe et elle est même plus importante que la maternité selon la chair; par cette réponse, Jésus déclare que les liens spirituels sont plus solides, plus grands et plus importants que les liens du sang.

Ces trois tableaux atteignent leur apogée au pied de la Croix. Alors que la vie qu'Il a reçu de sa mère s'écoule de Lui,  Jésus l'interpelle sous le vocable de "femme". C'est la deuxième Annonciation. Pour lui faire l'annonce qu'elle serait sa Mère, Jésus passa par le ministère d'un ange, mais maintenant qu'Il doit Lui laisser des fils si éloignés d'elle par leur corruption, si différents d'elle par leur vice, Il se charge, Lui même, de cette Annonciation, sachant que Marie ne Lui refuserait pas la souffrance incroyable qu'un tel échange a pu causer à son Cœur Immaculée. Tout comme dans la première Annonciation, Jésus créa un lien, là où il ne pouvait y en avoir, par nature.

Comment Marie est-elle devenue Mère des hommes? En devenant non seulement la mère mais aussi l'épouse du Christ. Lui, nouvel Adam, et elle, nouvelle Ève, ont engendré, par leurs souffrances, une génération spirituelle au Père. Dès l'instant où Jésus interpella Marie sous le vocable de "Femme", elle devient, en un certain sens, son épouse et elle enfante dans la douleur de la croix son fils premier-né selon l'Esprit: Jean. Nous sommes le x-millionième fils de cette femme au pied de la Croix; certes, elle y a perdu au change, mais, pour sûr, l'échange fût à notre avantage car, en elle, nous avons la plus aimante de toutes les mères.

Nous sommes enfants de Marie, des enfants, littéralement. Elle est notre mère, non par le jeu d'une fiction, ni à titre courtois; elle l'est parce qu'elle a enduré, à ce moment-là, les douleurs de l'enfantement spirituel. Pourquoi Jésus nous l'a-t-Il donnée pour mère? Parce qu'Il savait que, sans elle, jamais nous ne serions des saints. Il n'y pas de Sanctus sans Marie. Remarquons que l'Évangile nous dit que Marie "était debout au pied de la Croix" et que tous les tableaux représentent, à ses côtés, Madeleine, à genoux, pleurant . Elle se tient sur ses pieds pour nous secourir.Elle se tient debout pour nous servir, pour jouer son rôle de mère à notre égard.

Si Marie s'était affaissée, à ce moment, comme la Madeleine, si elle avait pu seulement pleurer, sa tristesse aurait trouvé ainsi une issue. Il n'y a pas de pire douleur que celle qui ne s'échappe pas à l'extérieur. Le cœur qui se fend de douleur est celui qui ne peut trouver une issue dans un flot de larmes. C'est le cœur incapable de grandes manifestations émotives qui se brise. Cette douleur muette de Marie constituait le prix de notre rachat, acquitté par notre Co-rédemptrice, Marie, la Mère de Dieu!

Vierge-Mère! Quelle splendide combinaison de la virginité et de la maternité: l'un suppléant à la déficience de l'autre. La virginité toute seule manque de quelque chose; elle fait appel à de l'incomplet, à de l'inachevé; elle évoque une puissance inutilisée. Par contre, la maternité toute seule rappelle une perte; elle évoque une reddition, une défloraison, la cueillaison d'une fleur. Oh! la merveille qu'un rapprochement dans lequel il y aurait une virginité qui n'aurait jamais manqué de rien et d'une maternité qui n'aurait jamais rien perdu! Seule la Vierge Marie, notre Mère, offre ce spectacle magnifique, cette merveille de la Puissance Divine; elle seule possède cette perfection ultime!

En tant que médiatrice de toutes grâces, toutes les faveurs nous parviennent de Jésus, par Marie, tout comme Jésus Lui-même nous est venu par elle. Nous voulons devenir des saints, et nous savons qu'il n'y a pas de sainteté sans elle, car elle a été le présent dont nous a gratifié Jésus au Sanctus de sa messe. Marie ne peut nous oublier. Voilà pourquoi, tout au fond de nos cœurs, nous sentons bien que chaque fois qu'elle contemple le spectacle d'un enfant qui prie, ou d'un autre larron pénitent, égrenant les stations douloureuses de la croix, ou encore d'un autre cœur contrit suppliant que les eaux d'une vie gaspillée se changent en vin d'amour pur, nous sentons bien que Marie entend alors, de nouveau, cette parole: "Femme, voilà votre fils".

Plus que jamais, j'ai besoin de vous, ô douce Maman Marie, le diable me guette de toute part; il essaie de m'entraîner à sa sinistre suite. Vous êtes mon refuge, mon secours dans les tentations qui viennent se briser avec tant de violence sur les parois de mon âme fatiguée par cette interminable guerre. Ô Marie, ma mère, je suis votre enfant; certes, le pire; celui qui est le moins vertueux, priant, dévoué, saint; mais vous, qui me connaissez, vous savez quel amour pour Vous brûle dans mon cœur, quand mes yeux fatigués des vanités de ce monde rencontrent votre regard maternel. Marie prenez- moi dans votre Cœur Immaculé et là, seulement, je serai à l'abri de faire encore de la peine à mon doux Jésus.
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Message par Gilbert Chevalier Lun 19 Nov - 15:34

Maintenant que mes problèmes techniques se règlent, je vais pouvoir enfin lire ton fil...
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Message par Gabrielle.RJ Mer 21 Nov - 14:27

"Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné?"


LA CONSÉCRATION


Nous voilà rendu à la quatrième parole du Christ, celle qui constitue le moment solennel de la consécration. Maintenant, les yeux de Jésus ne se tourneront plus vers la terre; ses lèvres ne s'ouvriront plus pour s'adresser aux hommes, mais, dans le silence des ténèbres, Il tourne son esprit vers son Père et entreprend la dernière partie de sa messe.

"Eli, Eli, lamma sabacthani?" Ce cri terrible, en fait le plus terrible de toute la vie du Christ, résonnera aux cœurs de tous les chrétiens, à travers tous les temps; peu importe sa race, sa langue, tout chrétien le retient avec une facilité incroyable, bien que ces mots soient d'un hébreu syncopé  (dont on a retranché une lettre ou une syllabe).Ces quatre mots constituent la consécration de la Messe du Calvaire.

Un des vrais motifs de la création du monde fut le besoin d'un théâtre pour l'érection d'une croix. Maintenant que la croix est érigée, la création en goûte l'amertume et se plonge dans les ténèbres. Ce cri en fut un d'expiation pour le péché. Dieu en proie à l'abandon de l'homme: voilà le sens intégral du péché. Dieu infiniment bon, parfait, aimable, digne de toute gloire et honneur est délaissé par sa propre création; Dieu, qui combla l'homme de tous les bienfaits de la création, de l'Incarnation, de la Rédemption; ce Dieu, qui devrait occuper la première place dans tous les cœurs qui battent sur cette terre, Le voilà en proie au délaissement et à l'abandon.

Malheur à nous ! car, en aucun temps de l'histoire humaine, l'homme n'aura poussé aussi loin sa brutalité envers Dieu; jamais, avant nous, la terre toute entière ne s'était levée dans une satanique arrogance en défiant son Créateur; jamais, avant nous, même le pire hérésiarque n'aurait foulé aux pieds, avec tant de haine et de mépris, le très précieux don de l'Eucharistie; jamais, avant nous, les fronts marqués du calice et de la sainte hostie, ne se sont courbés devant l'ennemi et ont ainsi donné à Dieu des millions de fois le baiser de Judas. C'est nous, plus que quiconque, qui avons arraché, du Cœur de Jésus, ce cri obsédant de l'abandon.

Le péché, c'est une séparation, un divorce; c'est le rejet que fait l'homme de son Créateur. Puisque Jésus est venu sur terre pour le rachat, Il devait ressentir cette séparation, ce divorce. Il l'éprouve tout d'abord en son intérieur, dans son âme, tout comme la base d'une montagne, consciente d'elle-même, se sentirait sans doute abandonnée du soleil si un nuage l'enveloppait, et cela, même alors que sa cime baignerait pourtant dans la lumière. 

L'âme du Christ est innocente, mais, puiqu'Il consent à ressentir les effets du péché, un terrible sentiment de vide et d'ennui s'empare de Lui; c'est la désolation de vivre loin de Dieu. Il s'engloutit dans une angoissante désolation humaine, et, cela, en réparation de cet écart coupable d'une âme qui a perdu son Dieu par le péché; en réparation, aussi, du délaissement de l'athée qui nie l'existence de Dieu (Mystère insondable de l'amour de Dieu: malgré la perfidie de l'athéisme, surtout de nos jours, Il répare pour chaque homme de notre temps qui nie son existence et qui pousse même l'audace jusqu'à ridiculiser et bafouer son Sacrifice); en réparation de l'isolement de l'homme qui abandonne sa foi, dans la poursuite effrénée des biens matériels; et, enfin, en réparation de la scission de tous les pécheurs qui s'ennuient, pourtant, loin de Dieu. Il va même plus loin: Il répare et offre le rachat à tous ceux qui n'ont aucune confiance et qui Le blasphèment et L'abandonnent en s'écriant : "Pourquoi mourir? Dieu est injuste..." Il a réparé toutes ces choses en exigeant, Lui aussi, un « pourquoi» de Dieu.

Pour bien manifester ce sentiment et en faire connaître l'intensité, Il se sert d'un signe extérieur. Parce que l'homme s'était séparé de Dieu, Il a permis, en réparation, que son sang soit séparé de son corps. Le péché circule dans le sang de l'homme; alors, Lui, comme Il portait le poids de tous les péchés des hommes, Il assèche le calice de son corps de la dernière goutte de sang qu'il contenait. Nous pourrions presque l'entendre dire: "Père, ceci est mon corps; ceci est mon sang. Ils sont séparés l'un de l'autre comme l'humanité a été séparé de Vous. Ceci est la consécration de ma croix."

Ce qui s'est passé sur la Croix, ce jour-là, se repasse continuellement dans le ciel, de façon non sanglante, dans le mystère de l'éternel présent de Dieu; la seule  différence, maintenant, c'est que le Christ  n'est plus seul; Il est avec nous. Ne pouvant plus souffrir dans sa nature humaine, Jésus actualise son sacrifice perpétuel en souffrant dans notre nature à nous; c'est là un des grands mystère du Corps Mystique de l'Église. Il veut que nous lui livrions notre corps et notre sang de façon tellement définitive qu'Il puisse, comme s'il s'agissait de son propre corps, s'offrir à nouveau à son Père. A la messe sèche, en nous unissant à ce sacrifice éternellement présent devant la face du Père, en devenant par la mortification, la prière, renoncement et une vie d'union parfaite avec le Christ, un pain et un vin dignes de l'autel, eh! bien, de façon mystique mais réelle, nous permettons au Christ de se transsubstantier dans notre nature humaine et nous devenons des autres Christ.

Nous vivons un moment grandiose dans notre vie; nous sommes favorisés par Dieu d'un grâce que je qualifierais d'extraordinaire et qui nous vient de son infinie miséricorde envers les pécheurs que nous sommes. La messe sèche a fait de nous une matière valide pour la consécration; et cette consécration, c'est le Christ Lui-même qui l'a faite. Dieu ne trouve plus de mains validement ordonnées qui daignent faire une consécration qui Lui soit agréable, et, pourtant, le sacrifice du Calvaire doit se perpétuer pour assurer aux âmes les grâces qui leur sont nécessaires: alors, faveur inouïe, Dieu s'est tourné vers nous en disant: "Vous, vous serez le pain et le vin dont j'ai besoin pour perpétuer mon sacrifice; vous, par vos vies que j'immolerai chaque jour à la gloire de mon nom et pour le salut de vos frères, vous serez les victimes dont j'ai besoin; vous, vous dont j'ai pris un soin jaloux depuis tant d'années, je ne vous permet plus de vivre comme les gens de ce monde, car vous êtes venus en ce monde pour me servir, en ces temps d'apostasie, de matière où, Moi, Jésus, Roi du Ciel et de la terre, je pourrai opérer le grand miracle de la transsubstantiation. Vous êtes mon corps , vous êtes mon sang livrés pour le salut de vos frères. Je vous ai livré à l'isolement, à la solitude, à la peine, à la prière, au renoncement, à la mortification, à la souffrance; je vous ai livré à l'abandon, car mon cri, qui retentit, jadis, sur le Calvaire, doit retentir jusqu'à la fin des temps en réparation de la séparation cruelle que l'homme a fait d'avec son Dieu. "Eli, Eli, lamma sabacthani?" est le cri d'amour que vous devez accepter de voir sortir de vos cœurs, car, Moi, j'ai décidé qu'avec vous je ferai resplendir ma gloire"

Mes frères, l'assistance à la sainte messe ne nous aurait jamais rendu saint parce que nous y assistions comme des spectateurs : Jésus était la Victime et nous les témoins de son immolation; nous ne prenions pas conscience que nous devions y être comme des victimes. La privation des sacrements a changé à tout jamais nos vies puisque, maintenant, à la consécration, c'est sur nous que Jésus, Grand-Prêtre Éternel se penche ; c'est sur nous qu'Il prononce les mystérieuse paroles : " Hoc est corpus meum, Hic est saguinis meam", et c'est entre ses mains saintes et adorables qu'Il nous élève vers son Père, pour qu'ainsi, malgré la perversité des hommes, le Sacrifice de la Croix resplendisse sur la terre jusqu'à son avènement éminent.

Mon Dieu, voici mon corps. Prenez-le. Voici mon sang. Prenez-le. Voici mon âme, mon énergie, ma force, mes biens, tout ce que je possède. Tout cela est à vous. Prenez-le! Consacrez-le! Offrez-le! Offrez-le avec Vous-même au Père Céleste afin qu'en jetant son regard sur ce grand sacrifice, toujours présent devant sa Face, Il n'aperçoive que Vous, en qui Il se complaît. Convertissez le pauvre pain de ma vie en votre vie divine; ranimez le vin de ma vie languissante au souffle de votre divin esprit. Unissez mon cœur navré au vôtre; changez ma croix quotidienne en un crucifix. Consacrez les épreuves de ma vie; transsubstantiez-vous en moi afin que je meure à ce monde pour vous laissez vivre. Peu importe que les apparences demeurent les mêmes; peu importe, qu'à l'instar du pain et du vin, je semble être le même aux pauvres yeux humains. Mon état de vie, mes occupations journalières ne sont que les apparences de ma vie, mais la substance de ma vie, mon âme, mon intelligence, mon cœur, transsubstantiez-les de sorte qu'en moi tous puissent connaître que c'est vous, l'unique amour de ma vie, qui vivez.
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Message par Gabrielle.RJ Sam 24 Nov - 13:20

"J'ai soif"


LA COMMUNION
Nous voici arrivés à la communion de la messe de Jésus, quand, du fond de son Sacré-Cœur, jaillit le cri : "J'ai soif" . Son cri est un appel à la communion, le dernier d'une série lancée par le Bon Pasteur en quête de ses brebis perdues. Le fait même que cet appel fut exprimé par la soif, la plus poignante des souffrances humaines, souligne dramatiquement l'abîme de sa profondeur et de son intensité. Les hommes peuvent avoir faim de Dieu, mais Dieu a soif des hommes.

 C'est la dernière invitation à la communion avant la tombée du rideau sur le grand drame de sa vie terrestre.

Nous n'avons pas à nous étonner d'avoir faim de Dieu : nous avons été créés par Lui; ce qui doit nous jeter dans l'admiration, c'est que Dieu ait soif de nous, en dépit de notre indignité, et de l'inconsistance de notre amour; voilà le mystère. Le fond de cet appel à une intime communion, c'est l'Amour, car, de sa nature même, l'amour tend à l'unité. Par conséquent, pour sceller son amour pour nous, Jésus se livre à nous dans la communion. Il nous dit : "A moins d'entrer en communion avec Moi, vous n'aurez pas la vie en vous". La communion, c'est d'abord et avant tout une réception de vie divine, d'une vie à laquelle nous n'avons pas plus de droits que ne possède un bloc de marbre de fleurir. C'est le pur don d'un Dieu infiniment miséricordieux qui nous a aimés jusqu'à vouloir s'unir à nous, non pas dans les sens de la chair, mais en ceux de l'esprit, au sein desquels l'amour ne connaît point de satiété mais seulement l'extase et le bonheur. 

La communion implique, en elle-même, une réception et un don. Réception de la vie divine et don de notre vie humaine. Aucun accès à une vie supérieure ne peut se faire sans la mort à une vie inférieure. Pâques ne présuppose-t-il pas le Vendredi Saint?  

Avons-nous déjà communié? Quelle question direz-vous? Je ne parle pas ici de la réception physique du sacrement, mais je parle de la véritable communion, celle qui s'établit dans l'amour réciproque, amour pour amour, souffrance pour souffrance, larme pour larme; avons-nous déjà échangé avec le Christ une véritable étreinte, qui ne peut exister que si le don mutuel est présent. Je crois que plusieurs d'entre-nous auraient de la difficulté à dire qu'ils ont communié toutes les fois qu'ils se sont approché de la table sainte. 

La situation de l'Église, aujourd'hui, doit nous amener à une réflexion plus sérieuse, sur le véritable sens de la communion. La communion sacramentelle n'est pas suffisante pour qu'il ait véritable communion; un peu comme la confession sans contrition n'est pas suffisante pour recevoir une absolution réelle, la communion n'est réelle (peu importe qu'elle soit sacramentelle ou spirituelle) que si l'on se dispose à tout donner au Christ; si nous communions sans être nous-mêmes dans une disposition de victime, nous ne sommes que des parasites du Corps Mystique, car nous ne voulons que prendre sans rien donner. 

Que d'actions de grâces devons-nous rendre à Dieu de nous avoir privés de la communion sacramentelle, afin de nous enseigner par la communion spirituelle les véritables dispositions de l'âme lorsqu'elle aspire à s'unir de façon intime à son Dieu. Songeons, mes frères, que sans cette grâce nous nous serions probablement tous perdus, illusionnés que nous étions sur la piété de notre geste : nous avions oublié que, pour s'approcher et s'unir à une victime, il faut être soi- même dans un état de victime; que pour avoir le droit de communier à la vie divine, il fallait passer par la mort. " Chaque fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'Il vienne" Vous ferez revivre en vous la mort du Christ, en achevant dans votre corps ce qui manque à la Passion de Jésus; sans cela, il n'y a pas de communion possible, il n'y a qu'illusion de vie, car, pour tout chrétien, vivre, c'est mourir.
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Message par Gabrielle.RJ Dim 25 Nov - 13:48

"Tout est consommé"


ITE MISSA EST


 Notre-Seigneur en arrive à présent à l'Ite Missa Est de sa messe, quand Il prononce cette parole de triomphe: "Tout est consommé". L'œuvre du rachat de l'humanité est terminée. A travers tous les âges, Dieu brûlait d'une divine impatience de voir cette rédemption être parachevée; son cœur de Père se consumait du désir de voir enfin ses enfants réconciliés avec Lui. Si nous examinons la vie du Christ, la seule fois où Il chanta fut dans la soirée (Jeudi-Saint) qui précéda sa mort violente sur la croix. Son âme exaltait de joie à l'idée d'accomplir la rédemption du genre humain et, pour manifester à ses apôtres cette joie, Il chanta un hymne d'action de grâce à la gloire de son Père.

Mais que veut-Il dire par cette phrase, sinon que l'amour a mené à terme sa mission, car l'amour a épuisé toutes ses ressources. L'amour est capable de deux choses. L'amour, de sa nature, tend à une incarnation, et toute incarnation tend à une crucifixion.  Dans l'ordre naturel, l'affection de l'époux pour son épouse ne crée-t-elle point l'incarnation même de cet amour mutuel en la personne d'un petit enfant? Et une fois l'enfant  engendré, les parents ne se sacrifient-ils pas pour lui jusqu'à la mort même? Ainsi leur amour tend à une crucifixion.

Cette réalité de l'amour crucifié est encore bien plus frappante chez Dieu, à présent que l'amour a suivi son cours dans la rédemption de l'homme; l'Amour Divin peut se rendre ce témoignage : "tout est consommé", "Ite, missa est"; l'amour  ne peut rien de plus parce qu'Il s'est livré jusqu'à la mort: "Il n'y a pas de plus grande preuve d'amour que de donner sa vie pour ceux qu'on  aime".

Le Seigneur a terminé son œuvre, mais nous n'avons pas encore achevé la nôtre. Il nous a indiqué la voie; à nous d'y marcher. Il a déposé sa croix au bout de son chemin, mais à nous de nous charger à notre tour. Il a accompli la Rédemption  dans son corps physique; mais il nous reste à nous de l'accomplir dans son Corps Mystique. Il nous a acquis le salut; cependant, nous ne l'avons pas encore appliqué à nos âmes. Il a posé la dernière pierre au Temple; mais à nous d'y habiter maintenant. Il a fait les semailles; à nous de faire la récolte. Il a fini de remplir le calice jusqu'au bord; mais nous n'avons pas fini de boire toute cette rafraîchissante liqueur. Il a semé le blé à pleine main; à nous de l'engranger. Il a terminé le Supplice du Calvaire; il nous faut parachever Sa Messe.

Dans l'intention de Dieu, la crucifixion ne se résume pas à un drame simplement destiné à notre édification, mais c'est un acte-type sur lequel nous devons modeler nos vies. L'événement du Calvaire ne nous profite qu'en autant que nous le rejouons dans nos propres vies.

Personne au monde,  ne peut nous empêcher d'afficher la croix en plein jour. La messe sèche brandit la croix du Christ devant les yeux de tous ceux qui nous regardent; c'est pour cela qu'elle nous attire la condamnation du monde et la bénédiction de Dieu. Elle nous rapproche tellement du Calvaire, si nous y venons avec foi et dévotion, que nous ne faisons plus qu'un avec le Calvaire. A l'un et l'autre, c'est la même offrande de la part de la volonté parfaitement soumise du Fils bien-aimé. Mes frères, Satan, en bannissant de la surface de la terre la Sainte Messe, pensait voiler aux yeux des hommes, de façon complète, l'Auguste drame du Calvaire; Dieu s'est servi de nous, de cet état de privation des sacrements, pour faire resplendir à nouveau la Croix et si un jour la malice de Satan empêchait la messe sèche  (des persécutions physiques), alors il faudrait devenir nous-mêmes des croix vivantes qui se dressent en face du monde pour lui dire: "Quand bien même tu abattrais tout les autels de la terre, quand bien même tu empêcherais nos lèvres de s'ouvrir dans une ardente prière, quand bien même tu enchaînerais nos mains dans les fers, jamais tu ne pourras enchaîner nos cœurs et nos âmes, jamais tu ne pourras  nous empêcher d'être les autres christs que Dieu s'est choisis dans le mystère insondable de son amour; rien ne nous séparera de  Jésus Crucifié."

Tout chrétien devrait être une victime crucifiée à l'amour du Christ; que voyons-nous, aujourd'hui, sinon que des âmes crucifiées à moitié. Les unes ont porté la croix jusqu'au Calvaire puis, ensuite, l'ont abandonnée; d'autres s'y sont laissées crucifier, mais s'en détachèrent, ensuite, avant qu'elle ne soit dressé; d'autres, enfin, se laissent élever mais, en réponse au défi du monde: "Descends donc", ils en descendirent après une heure... deux heures....ou deux heures et cinquante-neuf minutes. Ceux-là seuls ont été reconnus pour les vrais amis du Christ ceux qui ont persévéré jusqu'à la fin; à eux seuls est donné le droit de dire avec Jésus : " tout est consommé". 

Que cette défection universelle ne nous effraie pas mes amis: avec Dieu, nous saurons rester sur la croix pendant trois heures et, après, nous aurons la joie de voir Dieu notre Père détacher de la croix nos corps et nos âmes meurtries par amour pour Lui et nous enfermer, pour l'éternité, dans son Cœur Aimant.

Fin
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Message par Gilbert Chevalier Dim 25 Nov - 15:34

Conclusion inévitable : la messe en si mineur de J-S Bach, mon œuvre préférée !

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