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L'AFFAIRE VIGANO

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L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Empty Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Jeu 11 Juin - 16:32

\"Benoît-et-moi", le 10 juin 2020, a écrit:
Mgr VIGANÒ :
VATICAN II, le VER ÉTAIT dans le FRUIT

et la crise que traverse l’Église aujourd’hui en est une conséquence directe. L’herméneutique de la continuité n’est plus tenable (*). L’acte d’accusation très sévère de celui qui est devenu le principal « lanceur d’alerte » contre les dérives actuelles, et qui admet « après le Concile, je me suis trompé, comme beaucoup, en toute bonne foi ».
(*) Ce n’est évidemment pas à moi d’en juger.


EXCURSUS sur VATICAN II et ses CONSÉQUENCES

par Carlo Maria Viganò

L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Vigano-10-6

J’ai lu avec grand intérêt le texte de S.E. Athanasius Schneider publié dans LifeSiteNews le 1er juin dernier et intitulé There is no divine positive will or natural right to the diversity of religions. L’étude de Son Excellence résume, avec la clarté qui distingue les paroles de celui qui parle selon le Christ, les objections sur la prétendue légitimité de l’exercice de la liberté religieuse que le Concile Vatican II a théorisée, contredisant le témoignage de la Sainte Écriture, la voix de la Tradition et le Magistère catholique qui est le fidèle gardien de l’une et de l’autre.

Le mérite de ce texte réside tout d’abord dans le fait d’avoir su saisir le lien de causalité entre les principes énoncés ou sous-entendus par Vatican II et l’effet logique qui en est résulté dans les déviations doctrinales, morales, liturgiques et disciplinaires qui sont apparues et se sont progressivement développées jusqu’à ce jour. Le monstrum généré dans les cercles des modernistes pouvait d’abord être trompeur, mais en se développant et en se renforçant, il se montre aujourd’hui pour ce qu’il est vraiment, dans sa nature subversive et rebelle. La créature, alors conçue, est toujours la même et il serait naïf de penser que sa nature perverse puisse changer. Les tentatives visant à corriger les excès du Concile – en invoquant l’herméneutique de la continuité – se sont révélées infructueuses : Naturam espellas furca, tamen usque recurret (Épître d’Horace. I,10,24) [Chassez le naturel à coups de fourche, il reviendra toujours]. La Déclaration d’Abou Dhabi et, comme le fait remarquer à juste titre Mgr Schneider, ses prodromes du panthéon d’Assise, « a été conçue dans l’esprit du Concile Vatican II » comme le confirme fièrement Bergoglio.

Cet « esprit du Concile » est le certificat de légitimité que les novateurs opposent aux critiques, sans se rendre compte que c’est précisément en confessant cet héritage que se confirme non seulement le caractère erroné des déclarations actuelles, mais aussi la matrice hérétique qui les justifierait. À y regarder de plus près, jamais dans la vie de l’Église il n’y a eu un Concile qui ait représenté un événement historique au point de le rendre différent des autres: il n’y a jamais eu « l’esprit du Concile de Nicée », ni « l’esprit du Concile de Ferrare-Florence », et encore moins « l’esprit du Concile de Trente », tout comme il n’y a jamais eu de « post-Concile » après Latran IV ou Vatican I.

La raison en est évidente : ces conciles étaient tous, sans distinction, l’expression de la voix à l’unisson de la Sainte Mère l’Église, et pour cette raison même de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est significatif que ceux qui soutiennent la nouveauté de Vatican II adhèrent également à la doctrine hérétique qui voit le Dieu de l’Ancien Testament opposé au Dieu du Nouveau, presque comme si une contradiction pouvait être donnée entre les Personnes Divines de la Très Sainte Trinité. Il est évident que cette opposition presque gnostique ou kabbalistique sert à légitimer un nouveau sujet délibérément différent et opposé à l’Église catholique. Les erreurs doctrinales trahissent presque toujours aussi une hérésie trinitaire, et c’est donc en revenant à la proclamation du dogme trinitaire que les doctrines qui s’y opposent peuvent être vaincues: ut in confessione veræ sempiternæque deitatis, et in Personis proprietas, et in essentia unitas, et in majestate adoretur æqualitas. Professant la divinité véritable et éternelle, nous adorons le caractère propre des Personnes divines, l’unité dans leur essence, l’égalité dans leur majesté.

Mgr Schneider cite plusieurs canons des Conciles œcuméniques qui, selon lui, proposent des doctrines difficiles à accepter aujourd’hui, comme l’obligation de reconnaître les juifs par leurs vêtements, ou l’interdiction pour les chrétiens d’être les serviteurs de maîtres mahométans ou juifs. Parmi ces exemples, il y a aussi la nécessité de la traditio instrumentorum [cérémonie du rite de confèrement des ordres] déclarée par le Concile de Florence, corrigée par la suite par la Constitution apostolique Sacramentum Ordinis [30 novembre 1947, « sur les Ordres sacrés du diaconat, de la prêtrise et de l’épiscopat »] de Pie XII.

L’évêque Athanasius commente: « On peut légitimement espérer et croire qu’un futur pape ou concile œcuménique corrigera les déclarations erronées faites » par Vatican II.

Cela me semble être un argument qui, même avec les meilleures intentions, sape les fondations de l’édifice catholique. Si, en effet, nous admettons qu’il puisse y avoir des actes magistériels qui, en raison d’une sensibilité modifiée, sont susceptibles d’être abrogés, modifiés ou interprétés différemment au fil du temps, nous tombons inexorablement sous la condamnation du décret
Lamentabili [1907, décret de Pie X condamnant les erreurs du modernisme], et nous finissons par être d’accord avec ceux qui, récemment, précisément sur la base de cette hypothèse erronée, ont déclaré « non conforme à l’Évangile » la peine de mort, allant jusqu’à modifier le Catéchisme de l’Église catholique.

Et d’une certaine manière, nous pourrions, par le même principe, croire que les paroles du bienheureux Pie IX dans Quanta cura [encyclique de 1864, sur les erreurs politico-religieuses] ont été en quelque sorte corrigées précisément par Vatican II, tout comme Son Excellence espère que cela puisse se produire pour Dignitatis humanæ [ http://w2.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651207_dignitatis-humanae%20(1)_fr.html : déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse, 1965]. Parmi les exemples qu’il a donnés, aucun n’est en soi gravement erroné ou hérétique: le fait d’avoir déclaré la traditio instrumentorum nécessaire à la validité de l’Ordre n’a en aucune façon compromis le ministère sacerdotal dans l’Église, l’amenant à conférer des Ordres de façon non valide. Il ne me semble pas non plus que cet aspect, aussi important soit-il, ait insinué des doctrines erronées chez les fidèles, ce qui n’est arrivé qu’avec le dernier Concile. Et lorsque, au cours de l’histoire, les hérésies se sont répandues, l’Église est toujours intervenue promptement pour les condamner, comme cela s’est produit au moment du Concile de Pistoia en 1786, qui a été en quelque sorte précurseur de Vatican II, surtout lorsqu’il a aboli la communion en dehors de la messe, introduit la langue vernaculaire et supprimé les prières soumises du Canon; mais plus encore lorsqu’il a théorisé les bases de la collégialité épiscopale, en limitant la primauté du Pontife à la seule fonction ministérielle. En relisant les actes de ce Synode, on s’étonne de la formulation minutieuse des erreurs que l’on retrouvera ensuite, voire davantage, dans le Concile présidé par Jean XXIII et Paul VI. D’autre part, de même que la Vérité puise en Dieu, ainsi l’erreur se nourrit chez l’Ennemi, qui déteste l’Église du Christ et son cœur, la Sainte Messe et la Très Sainte Eucharistie.

Il arrive un moment dans notre vie où, par disposition de la Providence, un choix décisif pour l’avenir de l’Église et pour notre salut éternel se présente à nous. Je parle du choix entre comprendre l’erreur dans laquelle nous sommes tous tombés, et presque toujours sans mauvaises intentions, et continuer à se détourner ou à se justifier.

Nous avons, entre autres erreurs, commis aussi celle de considérer nos interlocuteurs comme des personnes qui, malgré la diversité des idées et de la foi, étaient néanmoins animées de bonnes intentions, et qui, au cas où elles réussiraient à s’ouvrir à notre Foi, seraient prêtes à corriger leurs erreurs.
Avec de nombreux Pères du Concile, nous avons pensé l’œcuménisme comme un processus, une invitation appelant les dissidents à l’unique Église du Christ; les idolâtres et les païens au seul vrai Dieu ; le Messie promis au peuple juif. Mais, à partir du moment où il a été théorisé dans les commissions du Concile, il s’est configuré en nette opposition à la doctrine jusqu’alors exprimée dans le Magistère.

Nous avons pensé que certains excès n’étaient qu’une exagération de celui qui s’était laissé prendre par l’enthousiasme de la nouveauté ; nous avons sincèrement pensé que le fait de voir Jean-Paul II entouré de marabouts, de bonzes, d’imams, de rabbins, de pasteurs protestants et d’autres hérétiques donnait la preuve de la capacité de l’Église à rassembler les gens pour invoquer la paix auprès de Dieu, alors que l’exemple d’un geste faisant autorité donnait lieu à une suite déviante de panthéons plus ou moins officiels, jusqu’à voir l’idole impure de la pachamama portée sur leurs épaules par plusieurs évêques, sacrilègement dissimulée sous l’apparence présumée d’une maternité sacrée. Mais si le simulacre d’une divinité infernale a pu entrer à Saint-Pierre, cela fait partie d’un crescendo que la partition avait prévu dès le début. Un grand nombre de catholiques pratiquants, et peut-être même la plupart des clercs eux-mêmes, sont aujourd’hui convaincus que la foi catholique n’est plus nécessaire pour le salut éternel; on croit que le Dieu Un et Trine révélé à nos pères est le même dieu que Mahomet. Nous l’avons entendu répéter depuis les chaires et les évêchés il y a vingt ans déjà, mais récemment nous l’avons entendu affirmer avec insistance même depuis la plus haute Chaire.

Nous savons bien que, renforcés par l’adage évangélique Littera enim occidit, spiritus autem vivificat [« la lettre tue, l’esprit au contraire vivifie », de la 2ème lettre de Saint Paul aux corinthiens] , les progressistes et les modernistes ont su habilement cacher dans les textes du Concile ces expressions d’ambiguïté, qui à l’époque semblaient inoffensives pour la plupart des gens, mais qui aujourd’hui se manifestent dans leur valeur subversive. C’est la méthode du subsistit in [expression polémique utilisée dans la Constitution dogmatique de 1964 Lumen Gentium] : dire une demi-vérité non pas tant pour ne pas offenser l’interlocuteur (en supposant qu’il soit licite de faire taire la vérité de Dieu par respect pour l’une de ses créatures), mais dans le but de pouvoir utiliser la demi erreur que l’entière vérité dissiperait instantanément. Ainsi, « Ecclesia Christi subsistit in Ecclesia Catholica » [l’Eglise du Christ subsiste dans l’Eglise catholique] ne précise pas l’identité des deux, mais la subsistance de l’une dans l’autre et, par cohérence, également dans d’autres églises: c’est l’ouverture aux célébrations inter-ecclésiales, aux prières œcuméniques, à la fin inexorable de la nécessité de l’Église pour le salut, de son unicité, de sa nature missionnaire.

Certains se souviendront peut-être que les premières rencontres œcuméniques ont eu lieu avec les schismatiques d’Orient, et très prudemment avec certaines sectes protestantes. A part l’Allemagne, la Hollande et la Suisse, les pays de tradition catholique n’ont pas accueilli dès le début les célébrations mixtes, avec des pasteurs et des curés ensemble. Je me souviens qu’à l’époque, il était question de supprimer l’avant-dernière doxologie du Veni Creator afin de ne pas heurter les orthodoxes, qui n’acceptaient pas le Filioque. Aujourd’hui, nous entendons les sourates du Coran récitées depuis les chaires de nos églises, nous voyons des religieuses et des frères vénérer une idole en bois, nous entendons des évêques confesser ce qui, jusqu’à hier, nous semblait être les excuses les plus plausibles de nombreux extrémismes.

Ce que le monde veut, à l’instigation de la franc-maçonnerie et de ses tentacules infernales, c’est créer une religion universelle, humanitaire et œcuménique, dans laquelle ce Dieu jaloux que nous adorons est banni.
Et si c’est ce que le monde veut, tout pas dans la même direction de la part de l’Église est un choix malheureux, qui se retournera contre ceux qui croient pouvoir se moquer de Dieu. Les espérances de la Tour de Babel ne peuvent pas être ramenées à la vie par un plan mondialiste qui vise à effacer l’Église catholique, à la remplacer une confédération d’idolâtres et d’hérétiques unis par l’environnement et la fraternité humaine. Il ne peut y avoir de fraternité qu’en Christ, et seulement dans le Christ : qui non est mecum, contra me est [qui n’est pas avec moi est contre moi].

Il est déconcertant que peu de gens soient conscients de cette course vers l’abîme, et que peu de gens soient conscients de la responsabilité des dirigeants de l’Église à soutenir ces idéologies anti-chrétiennes, comme s’ils voulaient se garantir un espace et un rôle sur le char de la pensée unique. Et il est étonnant que l’on persiste à ne pas vouloir enquêter sur les causes profondes de la crise actuelle, se limitant à déplorer les excès d’aujourd’hui comme s’ils n’étaient pas la conséquence logique et inévitable d’un plan orchestré il y a plusieurs décennies. Si la pachamama a pu être vénérée dans une église, nous le devons à Dignitatis humanae. Si nous avons une liturgie protestante et parfois même paganisée, nous le devons aux actions révolutionnaires de l’évêque Annibale Bugnini [1912-1982, il est considéré comme l’organisateur de la réforme liturgique de Vatican II] et aux réformes post-conciliaires. Si nous avons signé le document d’Abou Dhabi, nous le devons à Nostra Aetate [déclaration de Vatican II sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes]. Si nous en sommes arrivés à déléguer des décisions aux conférences épiscopales – même en violation très grave du Concordat, comme cela s’est produit en Italie – nous le devons à la collégialité, et à sa version actualisée du Synode.

Grâce à quoi nous nous sommes retrouvés avec Amoris Laetitia à devoir chercher un moyen d’éviter ce qui était évident pour tout le monde, à savoir que ce document, préparé par une impressionnante machine organisationnelle, devait légitimer la Communion pour les divorcés et les concubins, tout comme Querida Amazonia devait servir de légitimation pour les femmes prêtres (voir le cas très récent d’une « vicaire épiscopal » à Fribourg) et l’abolition du Saint Célibat. Les prélats qui ont envoyé les Dubia à François ont, à mon avis, fait preuve de la même pieuse naïveté: penser que face à la contestation argumentée de l’erreur, Bergoglio comprendrait, corrigerait les points hétérodoxes et demanderait pardon.

Le Concile a été utilisé pour légitimer, dans le silence de l’Autorité, les déviations doctrinales les plus aberrantes, les innovations liturgiques les plus audacieuses et les abus les plus peu éhontés. Ce Concile a été tellement exalté qu’il a été indiqué comme la seule référence légitime pour les catholiques, les clercs et les évêques, obscurcissant et connotant avec un sentiment de mépris la doctrine que l’Église avait toujours enseignée avec autorité, et interdisant la liturgie pérenne qui, pendant des millénaires, avait nourri la foi d’une génération ininterrompue de fidèles, de martyrs et de saints. Entre autres choses, ce Concile s’est avéré être le seul à poser autant de problèmes d’interprétation et à présenter autant de contradictions par rapport au Magistère précédent, alors qu’il n’y en a pas un – du Concile de Jérusalem à Vatican I – qui ne s’harmonise pas parfaitement avec l’ensemble du Magistère et qui nécessite une certaine interprétation.

Je l’avoue avec sérénité et sans polémique: j’ai été l’un de ceux qui, malgré de nombreuses perplexités et craintes, qui s’avèrent aujourd’hui tout à fait légitimes, ont placé leur confiance dans l’autorité de la Hiérarchie avec une obéissance inconditionnelle. En réalité, je pense que beaucoup, et moi parmi eux, n’ont pas initialement envisagé la possibilité d’un conflit entre l’obéissance à un ordre de la Hiérarchie et la fidélité à l’Église elle-même. Ce qui a rendu tangible la séparation contre-nature, voire perverse, entre la Hiérarchie et l’Église, entre l’obéissance et la fidélité, c’est certainement ce dernier pontificat.

Dans la « chambre des larmes » adjacente à la Sixtine, alors que l’évêque Guido Marini prépare le rochet, la mozette et l’étole pour la première apparition du pape « nouvellement élu », Bergoglio s’exclama: « Le carnaval est terminé! », rejetant avec dédain les insignes que tous les papes avaient jusqu’alors humblement acceptés comme insignes du vicaire du Christ. Mais il y avait quelque chose de vrai dans ces mots, même s’ils étaient prononcés involontairement: Le 13 mars 2013, le masque des conspirateurs est tombé, enfin libérés de la présence gênante de Benoît XVI et fiers d’avoir enfin réussi à promouvoir un cardinal qui incarnait leurs idéaux, leur façon de révolutionner l’Église, de rendre sa doctrine dépassable, sa morale adaptable, sa liturgie adultérable, sa discipline abrogeable. Et tout cela a été considéré, par les protagonistes du complot eux-mêmes, comme la conséquence logique et l’application évidente de Vatican II, selon eux affaibli précisément par les critiques exprimées par Benoît XVI lui-même.

Le plus grand affront de ce pontificat a été la libéralisation de la vénérable liturgie tridentine, à laquelle la légitimité a finalement été reconnue, niant cinquante ans d’ostracisme illégitime. Ce n’est pas un hasard si les partisans de Bergoglio sont les mêmes qui voient dans le Concile le premier événement d’une nouvelle église, avant laquelle il y avait une ancienne religion avec une ancienne liturgie. Ce n’est pas un hasard: ce qu’ils affirment impunément, suscitant le scandale des modérés, c’est ce que les catholiques croient aussi, à savoir que malgré toutes les tentatives d’herméneutique de la continuité misérablement anéanties lors de la première confrontation avec la réalité de la crise actuelle, il est indéniable que depuis Vatican II, une église parallèle s’est formée, superposée et opposée à la véritable Église du Christ. Elle a progressivement occulté l’institution divine fondée par Notre Seigneur pour la remplacer par une entité fallacieuse, correspondant à la religion universelle souhaitée dont la Franc-maçonnerie a été le premier théoricien. Des expressions comme +nouvel humanisme+, +fraternité universelle+, +dignité humaine+ sont les mots d’ordre d’un humanitarisme philanthropique qui nie le vrai Dieu, d’une solidarité horizontale d’inspiration vague et spiritualiste et d’un irénisme œcuménique que l’Église condamne sans appel. « Nam et loquela tua manifestum te facit » (Mt 26, 73) [reniement de Pierre:  Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, ta façon de parler te trahit.]: ce recours très fréquent, presque obsessionnel, au même vocabulaire que l’ennemi trahit l’adhésion à l’idéologie dont il s’inspire; inversement, le renoncement systématique au langage clair, sans équivoque et cristallin propre à l’Église confirme la volonté de se détacher non seulement de la forme catholique, mais aussi de son fond.

Ce que nous entendons depuis des années, de façon vague et sans connotations claires, de la plus haute Chaire, nous le trouvons ensuite élaboré dans un véritable manifeste chez les partisans du présent Pontificat: la démocratisation de l’Église par le biais non plus de la collégialité inventée par Vatican II, mais de la voie synodale inaugurée au Synode pour la famille; la démolition du sacerdoce ministériel par son affaiblissement, avec les exceptions au célibat ecclésiastique et l’introduction de figures féminines aux fonctions quasi-sacerdotales; le passage silencieux de l’œcuménisme visant les frères séparés à une forme de pan-œcuménisme qui abaisse la Vérité du Dieu Un et Trine au niveau des idolâtries et des superstitions les plus infernales; l’acceptation d’un dialogue interreligieux qui présuppose le relativisme religieux et exclut l’annonce missionnaire; la démythisation de la papauté, poursuivie par Bergoglio lui-même en tant que figure du pontificat; la légitimation progressive du politiquement correct: théorie du gender, sodomie, mariages homosexuels, doctrines malthusiennes, écologisme, immigrationnisme… Ne pas reconnaître les racines de ces déviations dans les principes fixés par le Concile rend toute guérison impossible: si le diagnostic s’obstine contre l’évidence à exclure la pathologie initiale, il ne peut formuler une thérapie adaptée.

Cette opération d’honnêteté intellectuelle exige une grande humilité, tout d’abord pour reconnaître que nous avons été induits en erreur pendant des décennies, en toute bonne foi, par des personnes qui, constituées en autorité, n’ont pas su veiller et garder le troupeau du Christ: certains pour vivre tranquilles, d’autres par excès d’engagements, d’autres par commodité, d’autres enfin par mauvaise foi ou même malice. Ces derniers, qui ont trahi l’Église, doivent être identifiés, repris, invités à s’amender et, s’ils ne se repentent pas, jetés hors de l’enceinte sacrée. Ainsi agit un vrai berger, qui prend soin de la santé des brebis et donne sa vie pour elles ; nous avons eu et nous avons encore trop de mercenaires, pour qui le consensus des ennemis du Christ est plus important que la fidélité à son Épouse.

Tout comme j’ai obéi honnêtement et sereinement à des ordres douteux il y a soixante ans, croyant qu’ils représentaient la voix aimante de l’Église, de même aujourd’hui, avec autant de sérénité et d’honnêteté, je reconnais que je me suis laissé tromper. Être cohérent aujourd’hui en persévérant dans l’erreur serait un choix malheureux et ferait de moi un complice de cette fraude. Prétendre dès le départ à une clairvoyance de jugement ne serait pas honnête: nous savions tous que le Concile serait plus ou moins une révolution, mais nous ne pouvions pas imaginer qu’il s’avérerait si dévastateur, même pour ceux qui étaient censés l’empêcher. Et si jusqu’à Benoît XVI on pouvait encore imaginer que le coup d’État de Vatican II (que le cardinal Suenens a appelé le coup d’État de 1789 de l’Église) avait ralenti, ces dernières années même les plus naïfs d’entre nous ont compris que le silence, par crainte de provoquer un schisme, la tentative d’ajuster les documents papaux au sens catholique pour remédier à l’ambiguïté souhaitée, les appels et les doutes adressés à François, éloquemment laissés sans réponse, sont une confirmation de la situation d’apostasie très grave à laquelle sont exposés les dirigeants de la Hiérarchie, alors que le peuple chrétien et le clergé se sentent irrémédiablement écartés et considérés presque avec agacement par l’épiscopat.

La Déclaration d’Abu Dhabi est le manifeste idéologique d’une idée de paix et de coopération entre les religions qui peut avoir une certaine potentialité de tolérance si elle émane des païens, privés de la lumière de la Foi et du feu de la Charité. Mais ceux qui ont la grâce d’être enfants de Dieu, en vertu du Saint Baptême, devraient être horrifiés à l’idée même de pouvoir construire une tour de Babel blasphématoire dans une version moderne, en essayant d’assembler l’unique vraie Église du Christ, héritière des promesses du Peuple Élu, avec ceux qui nient le Messie et avec ceux qui considèrent blasphématoire la seule idée d’un Dieu Trine. L’amour de Dieu ne connaît aucune mesure et ne tolère aucun compromis, sinon ce n’est tout simplement pas la Charité, sans laquelle il n’est pas possible de rester en Lui: qui manet in caritate, in Deo manet, et Deus in eo [celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui]. Peu importe qu’il s’agisse d’une déclaration ou d’un document magistériel: nous savons très bien que la mens subversive des novateurs joue sur ces mêmes détails pour répandre l’erreur. Et nous savons très bien que le but de ces initiatives œcuméniques et interreligieuses n’est pas de convertir au Christ ceux qui sont loin de l’Église unique, mais de tromper et de corrompre ceux qui conservent encore la Foi catholique, les amenant à considérer comme souhaitable une grande religion universelle qui rassemblerait « dans une seule maison » les trois grandes religions abrahamiques: c’est le triomphe du plan maçonnique en préparation du règne de l’Antéchrist! Il importe peu que cela se concrétise sous la forme d’une bulle dogmatique, d’une déclaration ou d’une interview de Scalfari sur Repubblica, car les paroles de Bergoglio sont attendues par ses soutiens comme un signal, auquel il répond par une série d’initiatives déjà préparées et organisées depuis longtemps. Et si Bergoglio ne s’en tient pas aux indications reçues, des légions de théologiens et de clercs sont déjà prêts à se plaindre de la « solitude du pape François », comme prémisse à sa démission (je pense, par exemple, à Massimo Faggioli dans un de ses récents écrits). D’autre part, ce ne serait pas la première fois qu’ils utilisent le pape lorsqu’il suit leurs plans, et qu’ils se débarrassent de lui ou l’attaquent dès qu’il s’en éloigne.

L’Église a célébré la Très Sainte Trinité dimanche dernier et propose dans le bréviaire la récitation du Symbolum Athanasianum, désormais proscrite par la liturgie conciliaire et déjà limitée à deux occasions seulement dans la réforme de 1962. Les premiers mots de ce symbole aujourd’hui disparu restent gravés en lettres d’or : « Quicumque vult salvus esse, ante omnia opus est ut teneat Catholicam fidem ; quam nisi quisque integram inviolatamque servaverit, absque dubio in aeternum peribit » [Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique: s’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité].

Source : http://www.benoit-et-moi.fr/2020/2020/06/10/mgr-vigano-vatican-ii-le-ver-etait-dans-le-fruit/
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Message par Gilbert Chevalier le Sam 20 Juin - 16:47

Mgr VIGANÒ :
« Le PAPE POURRAIT ÉLIMINER le CONCILE VATICAN II. »

La dernière lettre du 15 juin de Monseigneur Viganò est une réponse au Professeur Pasqualucci sur la possibilité de dissoudre un concile. Mgr Viganò est clair : "il faut oublier ce concile" .. "faire comme celui de Pistoie".


François n'écoutera probablement pas les demandes de l'archevêque, mais un autre pape le fera sûrement un jour. Mgr Viganò ferait un très bon pape s'il continue sur cette lancée. Prions pour lui en ce mois du Sacré-Cœur.
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Introduction de M. Guarini :

La réponse claire et fructueuse de Mgr Viganò aux remarques, faites par le Prof. Pasqualucci lors de la discussion au sujet du discours de l'Archevêque : " Excursus sur Vatican II et conséquences" , inspiré par l'essai de S.E. Athanasius Schneider : Il n'y a pas de volonté divine positive ni de droit naturel pour la diversité des religions .

Le nœud du problème réside dans la possibilité de soumettre les actes du Concile Vatican II à une correction et notre attitude correcte à cet égard. Unis à nos pasteurs, veillant et priant pour la restauration des vérités catholiques sans compromis et luttant contre les profondes érosions causées par les ambiguïtés, par les déformations et les demi-vérités ,que nous voyons désormais dans les documents du Concile. J'exprime ma gratitude à Mgr Viganò pour ces précieux éclaircissements et indications supplémentaires, alors que nous continuons, renforcés par sa bénédiction. (M.G.)


Lettre de Mgr Carlo Maria Vigano :

14 juin 2020

Cher Dr Guarini,

J'ai reçu les notes du professeur Pasqualucci, qui a bien voulu me les transmettre et auquel je vais essayer de répondre de la manière la plus concise possible.

Sur la possibilité de soumettre les actes du Concile Vatican II à une correction, je pense que nous pouvons être d'accord : les propositions hérétiques ou favorisant l'hérésie doivent être condamnées, et nous ne pouvons qu'espérer que cela se produira le plus rapidement possible.

Mon objection à l'égard de Mgr Schneider concerne plutôt l'opportunité de conserver parmi les actes officiels de l'Église un évènement unique qui, au-delà des formulations ambiguës et discontinues, a été voulu et conçu pour sa valeur subversive, et qui en tant que tel a causé tant de maux. D'un point de vue juridique, on peut peut-être trouver la solution la plus appropriée ; mais d'un point de vue pastoral - c'est-à-dire en ce qui concerne son utilité pour l'édification des fidèles - il est préférable de la laisser tomber dans sa totalité et de l'oublier. Et s'il est bien vrai, comme l'affirme le professeur Pasqualucci, que l'erreur ne fait pas la doctrine, il est tout aussi vrai qu'une condamnation des propositions hétérodoxes ne fait pas disparaître les ombres qui pèsent sur l'ensemble des assises, et qui mettent en péril tout le corpus (ensemble), ni les conséquences qui en ont résulté. Il convient également de rappeler que l'événement du Concile dépasse de loin les documents qu'il produit.

Le simple fait que Vatican II soit susceptible d'être corrigé devrait suffire à décréter son oubli, une fois que les erreurs les plus évidentes auront été clarifiées. Ce n'est pas un hasard si le professeur Pasqualucci l'appelle un conciliabule, comme celui de Pistoie, qui méritait une condamnation globale, en plus de la réfutation des erreurs individuelles qui y sont formulées. Je fais mienne cette phrase : "Après avoir bien mis en évidence les vices de procédure et les erreurs contre la foi disséminées dans les documents, un pape peut très bien éliminer tout le Concile, "confirmant ainsi dans la foi ses frères". Cela s'inscrirait parfaitement dans sa "summa potestas iurisdictionis" sur l'ensemble de l'Église, "iure divino". Le concile n'est pas supérieur au Pape. Si le Concile s'est écarté de la foi, le Pape a le pouvoir de l'invalider. En effet, c'est son devoir".

Permettez-moi d'ajouter que, face à la situation désastreuse dans laquelle se trouve l'Église et aux nombreux maux qui l'affligent, les discutions entre "spécialistes" semblent inadéquates et peu concluantes. Il est urgent de rendre à l'Épouse du Christ sa Tradition deux fois millénaire et de restaurer les trésors qui ont été pillés et dispersés, permettant ainsi au troupeau désorienté et dispersé d'en profiter à nouveau à pleines mains.

Toute discussion, dans le cadre de divergences d'opinion légitimes, ne doit pas viser à un compromis au détriment de la Vérité, mais à son triomphe. La vertu est à mi-chemin entre deux vices, comme un sommet entre deux creux : tel doit être notre objectif.

Il me semble que de cette confrontation fructueuse avec mon Frère, Mgr Athanase Schneider, il ressort combien nous n'avons tous deux à cœur que la restauration de la Foi catholique comme base indispensable de l'union dans la Charité. Il n'y a pas de conflit, pas d'opposition : notre zèle naît et grandit dans le Cœur eucharistique de Notre Seigneur et y retourne, pour être consommé dans son amour.

Permettez-moi, cher Dr. Guarini, d'inviter vos lecteurs à prier assidûment pour les Pasteurs, et en particulier pour ceux qui vivent la crise actuelle avec peine et souffrance et qui s'efforcent de remplir fidèlement le mandat reçu du Divin Maître. À une époque où nous sommes tous attaqués, assiégés de toutes parts, il est plus que jamais nécessaire de nous tenir avec confiance et humilité sous le manteau de notre Condottiera : l'amour pour la Reine des victoires qui unit ses enfants est la preuve la plus évidente que les divisions entre nous ne peuvent et ne doivent pas exister, qui sont la marque distinctive de l'Ennemi.

Ma bénédiction à vous et à vos lecteurs,

+ Carlo Maria Vigano

Source : https://gloria.tv/track/vj7vQoUnvNu93wgGQtdmeGq22
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Message par Gilbert Chevalier le Lun 22 Juin - 15:48

\"Benoît-et-moi", le 17 juin 2020, a écrit:
QUE FAIRE ? RÉPONSE de VIGANÒ

Mgr Viganò répond à travers le blog de Marco Tosatti à un appel qui lui avait été adressé ces jours-ci par l’un des intervenants récurrents de Stilum Curiae, qui signe du pseudo « Pezzo Grosso » (« Gros Bonnet ») et que nous avons déjà croisé à plusieurs reprises dans ces pages : « Soyons chrétiens, parlons la langue du Christ! ++Que votre discours soit: Oui, oui. Non, non. Le reste vient du Malin++ »

L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Pezzo-grosso


VIGANÒ : QUE FAIRE ?
DIRE la VÉRITÉ, PARLER en CHRÉTIENS :

OUI, OUI, NON, NON


Comme vous vous en souvenez peut-être, « Pezzo Grosso » a adressé une lettre ouverte à Mgr Carlo Maria Viganò, lui demandant : que devons-nous faire en ces temps difficiles pour l’Église et la foi ? Voilà la réponse..
Marco Tosatti


J’ai lu avec intérêt l’appel que « Pezzo Grosso » m’a adressé dans les pages de Stilum Curiae. Comme il s’agit d’une question très sérieuse, qui à juste titre tient à cœur et concerne un grand nombre de vos lecteurs, je m’empresse d’y répondre.
.
La réponse qui s’impose immédiatement à mon âme est celle que l’on trouve dans l’Évangile : « Estote parati, quia nescitis diem, neque horam » (Mt 24, 44). Nous devons nous préparer non seulement à la venue du Fils de l’homme, mais aussi à l’épreuve qui la précédera et qui nous obligera à choisir notre camp: soit avec le Christ, soit contre le Christ.
.
S’il est vrai que « celui qui veille sur le vent ne sème jamais, et celui qui regarde les nuages ne récolte pas » (Eccle 11, 4), il est tout aussi vrai que le temps dont nous disposons ne nous permet pas d’attendre que le vent tombe, ni que les nuages qui obscurcissent l’Église s’éclaircissent, si nous voulons semer quelque chose de bon et récolter le fruit, avec la grâce de Dieu. Nous pouvons nous comporter comme des vierges prudentes: attendre avec les lampes allumées la venue de l’Époux – avec les lampes de la Foi et de la Sainte Messe, des Sacrements et de la prière. Les vierges folles, qui ne se préoccupent pas d’alimenter leurs lampes avec l’huile de la vie de grâce et de la vertu, découvriront trop tard qu’elles ne peuvent pas aller à la rencontre du Seigneur qui vient.
.
Une autre chose importante est de savoir déchiffrer ce qui se passe en ce moment de l’histoire. Nous devons apprendre à connaître et à évaluer les faits, non seulement pris en eux-mêmes en tant que carreaux individuels, mais aussi dans leur placement dans la mosaïque globale qui, à la lumière de la Foi, nous permet de découvrir l’ensemble du dessin.
.
Des décennies d’inflation de mots qui ont mis l’accent sur une dimension eschatologique générique de l’existence, négligeant la prédication sur les Novissimes, ne nous ont certes pas préparés à affronter l’épreuve finale, nous laissant sans défense contre l’ennemi, et même dans l’incapacité de le reconnaître, lui et ses tromperies insidieuses. Aux phrases creuses de ceux qui tentent de nous circonvenir, opposons fermement les paroles éternelles du Verbe de Dieu contre lesquelles s’écrasent les discours politiquement corrects des vierges folles. Selon certains, la vision de l’Évangile est une vision simpliste qui fait horreur à ceux qui, aimant le monde et sa mentalité fausse et hypocrite, ne peuvent aimer le Seigneur, Vérité fulgurante qui n’admet aucune exception, clivante comme l’est la lumière par rapport aux ténèbres, le bien par rapport au mal.
.
Apprenons à appeler les choses par leur nom, avec simplicité et sérénité; cessons de céder aux illusions de ceux qui nous parlent de tolérance et d’accueil uniquement lorsqu’il s’agit de faire place à l’erreur et au vice; cessons de faire nôtres les mots magiques tels que dialogue, solidarité et liberté, qui dissimulent la tromperie de l’adversaire et cachent l’exploitation, la tyrannie et la persécution des dissidents.

Soyons chrétiens, parlons la langue du Christ! « Que votre discours soit: Oui, oui. Non, non. Le reste vient du Malin ». Nous nous trouvons en guerre contre un ennemi qui veut même décider les armes avec lesquels nous pouvons éventuellement lui résister. Nous l’avons laissé pénétrer jusqu’à ce qu’il profane nos autels, les sacrements, la Sainte Eucharistie! Les règles nous ont été imposées pour favoriser sans vergogne l’autre partie. Le temps est venu pour nous de refuser d’accepter cette invasion obscène et ce qui rend impossible toute action efficace de notre part pour le mettre dehors!
.
Voilà, la première chose à faire est d’avoir conscience d’être en guerre avec le monde, la chair et le diable. Dans cette guerre, nous ne pouvons pas rester neutres, ni la nier, et encore moins nous ranger du côté de l’ennemi.
.
Nous nous trouvons dans la situation absurde où notre commandant lui-même semble refuser de nous diriger, au contraire il semble presque flirter avec l’adversaire, nous désignant comme ennemis de la concorde et fomentateurs de schisme, tandis que nos généraux s’allient à l’adversaire et ordonnent aux troupes de déposer les armes. Il est évident que, sans l’aide de Dieu, tout espoir tombe. Et pourtant nous devons combattre, être prêts, garder les lampes allumées et nos hanches ceintes, certains qu’avec le Christ nous avons déjà vaincu. Tout ce que nous pouvons faire – la prière, en particulier le Saint Rosaire, la fidélité à nos propres devoirs d’État, la responsabilité envers les personnes qui nous sont confiées, le témoignage de Foi et de Charité, l’engagement social – doit être réalisé selon les possibilités de chacun et conformément à ce dont la Providence aura voulu disposer. Laissons-nous guider avec une confiance totale par le Seigneur et nous comprendrons ce qui nous est demandé, jour après jour, moment après moment.
.
Avec Pezzo Grosso, je reprends la belle Oratio universalis de Clément XI : Redde me prudentem in consiliis, constantem in periculis, patientem in adversis, humilem in prosperis. Rends-moi prudent dans les conseils, fort dans le danger, patient dans l’adversité, humble dans la réussite. Discam a Te quam tenue quod terrenum, quam grande quod divinum, quam breve quod temporaneum, quam durabile quod aeternum. Puis-je apprendre de Toi combien ce qui est terrestre est fragile, combien ce qui est divin est grand, combien ce qui se passe dans le temps est bref, combien ce qui se passe dans l’éternité est durable.

+ Mgr Carlo Maria Vigano

Source : http://www.benoit-et-moi.fr/2020/2020/06/17/que-faire/
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Message par Gilbert Chevalier le Lun 29 Juin - 18:45

\"Benoît-et-moi", le 28 juin 2020, a écrit:
Mgr VIGANÒ :
Les PÈRES CONCILIAIRES
ont fait l’OBJET d’une FRAUDE SAVAMMENT PERPÉTRÉE

Le débat se poursuit autour de « l’Excursus sur Vatican II et ses conséquences » de Mgr Vigano, le 10 juin dernier: cette fois, il répond aux questions de Phil Lawler, directeur de CWN et observateur attentif de l’actualité ecclésiale. Jeanne Smits publie sur son site les clarifications du prélat, dans sa traduction en français revue et corrigée par lui à partir de l’original en italien.

Merci à Jeanne Smits de m’avoir transmis le document de travail, c’est-à-dire sa traduction avec les modifications apportées par Mgr Vigano lui-même (lequel maîtrise parfaitement le français), témoignant ainsi à quel point il est soucieux de faire connaître sa pensée sans filtre ni risque de distorsion ou malentendu.

L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Cmvigano


Mgr Carlo Maria VIGANÒ DÉCRYPTE “l’ESPRIT du CONCILE”
dans un ENTRETIEN avec Phil LAWLER

L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Phil-lawler

Philip Lawler : D’abord, quelle est opinion de votre Excellence sur Vatican II ? Que les choses se soient détériorées rapidement depuis lors est certainement vrai. Mais si l’ensemble du Concile pose problème, comment cela a-t-il pu se produire ? Comment concilier cela avec ce que nous croyons de l’inerrance du Magistère ? Comment les Pères du Concile ont-ils tous pu être ainsi trompés ? Même si seules certaines parties du Concile posent problème (par exemple Nostra Ætate, Dignitatis Humanæ), nous sommes toujours confrontés aux mêmes questions. Beaucoup d’entre nous disent depuis des années que « l’esprit de Vatican II » est erroné. Votre Excellence affirme-t-elle à présent que ce faux « esprit » libéral reflète fidèlement le Concile en tant que tel ?

Mgr Viganò : Que le Concile représente un problème, je pense qu’il n’est pas nécessaire de le démontrer : le simple fait que nous nous posions cette question sur Vatican II et non sur le concile de Trente ou Vatican I, me semble confirmer un fait évident reconnu par tous. En réalité, même ceux qui défendent le Concile l’arme à la main en viennent à le faire en faisant abstraction de tous les autres conciles œcuméniques, dont aucun n’a été défini comme un concile pastoral. Et notez bien ceci : on l’appelle bien le Concile par antonomase, presque comme si c’était le seul et unique concile de toute l’histoire de l’Église, ou du moins le considère-t-on comme un hapax, à la fois pour ce qui est de la formulation de sa doctrine et de l’autorité de son magistère. Une assemblée qui, à la différence  de celles qui l’ont précédé, se définit elle-même précisément comme pastorale en déclarant qu’elle n’entend pas proposer de nouvelle doctrine, mais qui a de fait créé une discrimination entre l’avant et l’après, entre concile dogmatique et concile pastoral, entre canons sans équivoque et verbiage, entre anathème et clins d’œil au monde.

En ce sens, je crois que le problème de l’infaillibilité du Magistère – (l’inerrance que vous avez mentionnée est propre à l’Écriture Sainte) – ne se pose même pas, car le Législateur, c’est-à-dire le Pontife Romain autour duquel le Concile est convoqué, a solennellement et clairement indiqué qu’il ne voulait pas utiliser l’autorité doctrinale qu’il aurait pu exercer s’il l’avait voulu. Je voudrais souligner que rien n’est plus pastoral que ce qui est proposé comme dogmatique, car l’exercice du munus docendi dans sa forme la plus élevée correspond à l’ordre que Notre Seigneur a donné à Pierre de paître ses brebis et ses agneaux. Pourtant, cette opposition entre dogmatique et pastorale a été approuvée par celui qui, dans son discours d’ouverture du Concile, a voulu donner un sens strict (au sens de sévère) au dogme et un sens plus doux et plus conciliant à la pastorale. On retrouve la même approche dans les discours de Bergoglio, lorsqu’il voit dans l’esprit pastoral une version soft, douce, de l’enseignement catholique en matière de foi et de morale, rigide et inflexible, au nom du discernement. Il est douloureux de reconnaître que le recours à un lexique équivoque, ou à des termes certes catholiques, mais compris dans un sens impropre, s’est imposé dans l’Église depuis Vatican II, qui est le premier et le plus emblématique exemple de circitérisme, c’est-à-dire du caractère équivoque, l’imprécision souhaitée de la langue. Cela s’est produit parce l’Aggiornamento, terme lui-même équivoque, et que le Concile a recherché idéologiquement comme un absolu, avait posé le dialogue avec le monde comme une priorité.

Il y a une autre équivoque qui doit être levée. Si, d’une part, Jean XXIII et Paul VI ont déclaré qu’ils ne voulaient pas engager le Concile dans la définition de nouvelles doctrines, souhaitant qu’il se borne à être uniquement pastoral, d’autre part, il est vrai que vu de l’extérieur – médiatiquement, dirait-on aujourd’hui – l’importance donnée à ses actes fut énorme. Cela a servi à véhiculer l’idée d’une supposée autorité doctrinale, d’une infaillibilité magistérielle implicite qui avaient pourtant été clairement exclues dès le départ. Si cela se produisit, c’était pour permettre à ses instances plus ou moins hétérodoxes d’être perçues comme faisant autorité et donc acceptées par le clergé et les fidèles. Mais cela suffirait à discréditer les auteurs d’une telle supercherie, qui aujourd’hui encore protestent bruyamment si on touche à Nostra Ætate, alors qu’ils se taisent devant ceux qui nient la divinité de Notre-Seigneur ou la virginité perpétuelle de la Très Sainte Vierge. Souvenons-nous de ce qu’un catholique n’adore pas un concile, ni Vatican II ni le concile de Trente, mais la Sainte Trinité, le seul vrai Dieu; il ne vénère pas non plus une déclaration conciliaire ou une exhortation post-synodale, mais la Vérité que véhiculent ces actes du Magistère.

Vous me demandez : « Comment les Pères du Concile ont-ils tous pu être trompés ? » Je vous réponds en m’appuyant sur mon expérience de ces années-là et sur les paroles des confrères avec lesquels je me suis confronté. Personne n’aurait pu imaginer qu’au sein du corps ecclésial il y eût des forces hostiles si puissantes et organisées qu’elles pussent réussir à rejeter les schémas préparatoires parfaitement orthodoxes préparés par les cardinaux et les prélats d’une sûre fidélité vis-à-vis de l’Eglise, en les remplaçant par un conglomérat d’erreurs habilement déguisées dissimulés au sein de discours prolixes et volontairement équivoques. Personne ne pouvait croire que, sous les voûtes de la Basilique vaticane, on avait pu convoquer des états généraux qui décréteraient l’abdication de l’Église catholique et l’instauration de la Révolution (comme je l’ai rappelé dans un de mes écrits antérieurs, le cardinal Suenens a défini Vatican II comme « le 1789 de l’Eglise »). Les Pères conciliaires ont fait l’objet d’une tromperie spectaculaire, d’une fraude savamment perpétrée avec les moyens les plus subtils : ils se sont retrouvés en minorité dans les groupes linguistiques, exclus des réunions convoquées au dernier moment, poussés à donner leur « placet » quand on leur faisait croire que le Saint-Père le voulait ainsi. Et ce que les novateurs n’ont pas pu réaliser dans l’Aula Conciliaire, ils l’ont fait dans les Commissions et les Conseils, grâce à l’activisme des théologiens et des experts accrédités et acclamés par une puissante machine médiatique. Il y a une masse énorme d’études et de documents qui témoignent de cette intention systématique malveillante, d’une part, et de l’optimisme naïf ou de la négligence des bons d’autre part. L’activité du Cœtus Internationalis Patrum n’a réussi à faire que peu de chose, voire rien, lorsque les violations du règlement par les progressistes ont été ratifiées à la Table Sacrée.

Ceux qui ont affirmé que « l’esprit du Concile » représentait une interprétation peu orthodoxe de Vatican II se sont livrés à une opération inutile et nuisible, même si, ce faisant, ils étaient mus par la bonne foi. Il est compréhensible, pour un cardinal ou un évêque, de vouloir défendre l’honneur de l’Église et d’essayer de ne pas la discréditer devant les fidèles et devant le monde : on pensait donc que ce que les progressistes attribuaient au Concile était en réalité un travestissement abusif, un forçage arbitraire. Mais si à l’époque il pouvait être difficile de penser que la liberté religieuse condamnée par Pie IX dans Mortalium animos pouvait être affirmée par Dignitatis humanæ, ou que le Pontife romain pouvait voir son autorité usurpée par un fantomatique Collège épiscopal, nous comprenons aujourd’hui que ce qui était alors habilement dissimulé dans Vatican II, est aujourd’hui affirmé ore rotundo dans les documents pontificaux précisément au nom de l’application cohérente du Concile.

D’autre part, communément, lorsque nous évoquons l’esprit d’un événement, nous voulons dire exactement ce que cet événement constitue dans son âme et dans son essence. Nous pouvons donc affirmer que l’esprit du Concile est le Concile lui-même, que les erreurs du post-Concile sont contenues in nuce dans les Actes conciliaires, tout comme il est dit à juste titre que le Novus Ordo Missæ est la messe du Concile, même si en présence des Pères on célébrait la messe que les progressistes appellent significativement préconciliaire. Et encore : si Vatican II ne représentait vraiment pas un point de rupture, pourquoi parlons-nous d’une Église préconciliaire et d’une église postconciliaire, comme s’il s’agissait de deux entités différentes, définies dans leur essence par le Concile ? Et si le Concile était vraiment dans la droite ligne du Magistère infaillible ininterrompu de l’Église, pourquoi est-il le seul à poser des problèmes d’interprétation aussi graves, démontrant son hétérogénéité ontologique par rapport aux autres conciles ?

Ph. Lawler : Deuxièmement, quelle est la solution ? Mgr Schneider propose qu’un futur Pontife rejette les erreurs ; votre Excellence trouve cela insuffisant. Mais alors comment corriger les erreurs, de manière à maintenir l’autorité du magistère d’enseignement ?

Mgr Viganò : La solution, à mon avis, réside avant tout dans un acte d’humilité que chacun d’entre nous, à commencer par la Hiérarchie et le Pape, doit mener : reconnaître l’infiltration de l’ennemi au sein de l’Église, l’occupation systématique des postes clefs de la Curie romaine , des séminaires et des universités, la conspiration d’un groupe de rebelles – parmi lesquels, en première ligne, la dévoyée Compagnie de Jésus – qui a réussi à donner l’apparence de légitimité et de légalité à un acte subversif et révolutionnaire. Nous devons également reconnaître l’insuffisance de la réponse des bons, la naïveté de beaucoup, la peur des autres, l’intérêt de ceux qui, grâce à ce complot, ont pu obtenir quelque avantage.

Devant la triple négation du Christ dans la cour du grand prêtre, Pierre « flevit amare », il pleura amèrement. La tradition nous dit que le Prince des Apôtres avait deux sillons sur les joues à cause des larmes qu’il a abondamment versées pour le restant de ses jours, se repentant de sa trahison. Il appartiendra à l’un de ses Successeurs, le Vicaire du Christ, dans la plénitude de sa puissance apostolique, de reprendre le fil de la Tradition là où il a été coupé. Ce ne sera pas une défaite, mais un acte de vérité, d’humilité et de courage. L’autorité et l’infaillibilité du Successeur du Prince des Apôtres ressortiront intactes et reconfirmées. En fait, elles n’ont pas été délibérément remises en cause lors de Vatican II, alors qu’elles le seraient le jour où un Pontife corrigerait les erreurs que le Concile a engendrées en jouant sur l’équivoque d’une autorité officiellement niée, mais que toute la Hiérarchie, à commencer par les papes du Concile, à subrepticement laissée croire aux fidèles.

Je voudrais vous rappeler que pour certains de ces éléments, ce qui précède peut sembler excessif, car cela remettrait en question l’autorité de l’Église et des Pontifes romains. Pourtant, aucun scrupule n’a empêché la violation de la Bulle Quo primum tempore de saint Pie V abolissant du jour au lendemain toute la liturgie romaine, le vénérable trésor millénaire de la doctrine et de la spiritualité de la Messe traditionnelle, l’immense patrimoine du chant grégorien et de la musique sacrée, la beauté des rites et des ornements sacrés, défigurant l’harmonie architecturale, même dans les basiliques les plus insignes, supprimant les balustrades, les autels monumentaux et les tabernacles : tout a été sacrifié sur l’autel du coram populo du renouveau conciliaire, avec la circonstance aggravante de ne l’avoir fait que parce que cette liturgie était admirablement catholique et incompatible avec l’esprit de Vatican II.

L’Église est une institution divine, et tout en elle doit partir de Dieu et revenir à Lui. Ce n’est pas le prestige d’une classe dirigeante qui est en jeu, ni l’image d’une entreprise ou d’un parti : il s’agit ici de la gloire de la majesté de Dieu, de ne pas réduire à néant la Passion de Notre-Seigneur sur la croix, ses souffrances et celles de Sa Très Sainte Mère, le sang des Martyrs, le témoignage des saints, le salut éternel des âmes. Si par orgueil ou par une misérable obstination nous ne savons pas reconnaître l’erreur et la tromperie dans lesquelles nous sommes tombés, nous devrons en rendre compte à Dieu, qui est aussi miséricordieux envers son peuple quand il se repent, qu’implacable dans sa justice quand il poursuit Lucifer pour son non serviam.

Cher Docteur Lawler, à vous et à vos lecteurs, j’envoie cordialement la bénédiction de Notre Seigneur, par l’intercession de Sa Très Sainte Mère, qui est aussi la nôtre.

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Message par Gilbert Chevalier le Sam 4 Juil - 11:18

Jeanne Smits, sur son Blog au 1er juillet 2020, a écrit:
RÉPONSE de Mgr VIGANÒ à Mgr NEGRI

L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Mons.-L.-Negri-e-Mons-C.-M.-Viganò-1

Excellence,

J’ai lu avec beaucoup d’émotion vos paroles, qui m’ont beaucoup touché. C’est une consolation de voir que Votre Excellence a saisi, avec la perspicacité et la lucidité qui ont toujours caractérisé votre jugement, le cœur du problème.

Le temps présent, surtout pour ceux qui ont un regard surnaturel, nous ramène aux choses fondamentales de la vie, à la simplicité du Bien et à l’horreur du Mal, à la nécessité de choisir le camp dans lequel mener nos petites et grandes batailles quotidiennes. Certains y voient une dévalorisation, comme si la clarté de l’Évangile était désormais incapable de donner des réponses satisfaisantes à une humanité complexe et structurée ; pourtant, alors que certains de nos frères évêques sont presque obsédés par l’inclusion et la green theology, appelant de leurs vœux un Nouvel Ordre Mondial et une Maison commune pour les religions abrahamiques, parmi le peuple et les prêtres le constat  l’idée que les Pasteurs eux-mêmes – heureusement, pas tous – s’éloignent au moment même d’une confrontation historique, gagne du terrain.

C’est vrai : le temps nous échappe, Excellence, et avec lui s’effritent les châteaux de sable de la rhétorique presque initiatique de ceux qui ont voulu construire leur propre succès dans le temps si fugace et dans la fragilité des choses qui passent. Il y a quelque chose d’inexorable dans ce qui arrive aujourd’hui : les mirages éphémères qui étaient censés remplacer les vérités éternelles nous apparaissent, à la lumière crue de la réalité, dans leur misérable et artificielle imposture, dans leur fausseté ontologique et inexorable. Nous nous découvrons tels des enfants, selon les paroles de Notre Seigneur ; nous reconnaissons presque instinctivement le bien et le mal, la récompense et le châtiment, le mérite et la culpabilité. Mais la sérénité de l’enfant reposant sur le sein de sa mère, la fière confiance de l’enfant accroché à la main de son père, peuvent-elles être considérées comme insignifiantes ?

Combien de paroles futiles ont été dites, combien de palliatifs inutiles nous ont été servis, en pensant que la Parole éternelle du Père ne convenait plus, qu’il fallait la mettre au goût du jour pour la rendre plus séduisante aux oreilles sourdes du monde ! Et pourtant, il aurait suffi de la faire nôtre, cette Parole, pour n’avoir besoin de rien d’autre. Si jusqu’à présent nous nous sommes laissés troubler par la confusion du siècle, désormais nous pouvons nous abandonner avec une confiance filiale et nous laisser guider, car nous reconnaissons la voix du divin Pasteur et nous le suivons là où il veut nous conduire. Même lorsque les autres, qui devraient parler, restent silencieux.

Notre pauvreté n’est pas un obstacle, mais plutôt une aide en ces temps : plus nous sommes humbles, plus resplendit la maîtrise de l’Artiste qui nous tient comme un instrument entre ses mains habiles, comme la plume avec laquelle l’Écrivain compose sagement la page.

Je demande à Votre Excellence de prier afin que nous tous, que le Seigneur, dans la plénitude du sacerdoce appelle non pas serviteurs mais des amis, puissions devenir des instruments dociles de Sa Grâce, en redécouvrant la divine simplicité de la Foi qu’Il nous a commandé de prêcher à tous les peuples. Tout ce que nous y ajouterions par orgueil n’est qu’une pathétique parure dont nous devons apprendre à nous débarrasser dès maintenant, si nous ne voulons pas que les flammes du Purgatoire s’en chargent, là où nos quelques paillettes d’or seront purifiées des scories, pour nous rendre dignes de la vision béatifique. Ne perdons pas les jours précieux où la maladie et la vieillesse nous donnent l’occasion d’expier nos fautes et celles des autres : ce sont des jours bénis que nous pouvons offrir à la Majesté de Dieu pour l’Église et ses ministres.

Recevez, très chère Excellence, l’expression de ma profonde gratitude pour vos paroles inspirées, avec l’assurance de mon souvenir dans le Saint Sacrifice de l’Autel. Et priez pour moi.

Nunc dimittis servum Tuum,
Domine, secundum verbum Tuum in pace…
+ Carlo Maria Viganò, Archevêque
17 juin 2020


Source : https://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2020/07/mgr-negri-ecrit-mgr-vigano-nouvel.html

Cette lettre de Mgr Viganò à Mgr Negri a été publiée sur le site de ce dernier. Cette traduction a été révisée et autorisée par Mgr Viganò.
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Message par Gilbert Chevalier le Lun 6 Juil - 17:33

RÉPONSE de Mgr VIGANÒ
à John-Henry WESTEN de LIFE SITE NEWS

[Et patatras ! Ce qui devait arriver est arrivé : Mgr Viganò chope sur un obstacle de taille, savoir qu'il reconnaît la validité de Vatican II et donc des papes conciliaires. Espérons qu'un jour il arrive à franchir cet obstacle, le dernier mais le plus difficile puisqu'en le franchissant, il perdra tous ses amis qui l'accuseront d'être schismatique, comme d'ailleurs Magister a commencé à le faire. Évidemment, tout le raisonnement de Viganò s'en ressentira : comment en effet un Pape peut-il approuver un concile hérétique ? C'est carrément impossible ! 
>>> Le CAS d'un PAPE HÉRÉTIQUE ]

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1er juillet 2020
In festo Pretiosissimi Sanguinis
Domini Nostri Iesu Christi

Cher John-Henry,

Je vous remercie pour votre lettre, qui me donne l’occasion de clarifier ce que j’ai déjà exprimé à propos de Vatican II. Cette question délicate fait intervenir d’éminentes personnalités ecclésiastiques, et un nombre non négligeable de laïcs érudits : j’espère que ma modeste contribution pourra aider à lever la chape d’équivoques qui pèse sur le Concile, et ainsi à aboutir à une solution partagée. 

Votre lettre part de ma première observation : « Il est indéniable qu’à partir de Vatican II, une église parallèle a été construite, superposée et diamétralement opposée à la véritable Église du Christ », puis je cite mes paroles sur la solution à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui : « Il appartiendra à l’un de ses Successeurs, le Vicaire du Christ, dans la plénitude de son pouvoir apostolique, de reprendre le fil de la Tradition là où il a été coupé. Ce ne sera pas une défaite, mais un acte de vérité, d’humilité et de courage. L’autorité et l’infaillibilité du Successeur du Prince des Apôtres ressortiront intactes et reconfirmées. » 

Vous affirmez ensuite que ma position n’est pas claire – « si vous croyez que Vatican II est un concile invalide, et qui doit donc être complètement rejeté, ou si vous croyez que, tout en étant valide, ce concile contenait de nombreuses erreurs et qu’il serait plus profitable pour les fidèles qu’on le fasse oublier ». Je n’ai jamais pensé et encore moins affirmé que Vatican II ait été un Concile œcuménique invalide : il a en effet été convoqué par l’autorité suprême, par le Souverain Pontife, et tous les évêques du monde y ont pris part. Vatican II est un concile valide, qui bénéficie de la même autorité que Vatican I et le Concile de Trente. Cependant, comme je l’ai déjà écrit, dès son origine, il a fait l’objet d’une grave manipulation par une cinquième colonne qui a pénétré au cœur même de l’Église et qui en a perverti les objectifs, comme le confirment les résultats désastreux que chacun peut voir. Rappelons que lors la Révolution française, le fait que les états généraux aient été légitimement convoqués le 5 mai 1789 par Louis XVI n’a pas empêché leur dégénérescence en la Révolution et en la Terreur (la comparaison n’est pas déplacée, puisque le cardinal Suenens a appelé l’événement du Concile « le 1789 de l’Église  »).

Dans sa récente intervention, Son Éminence le cardinal Walter Brandmüller a soutenu que le Concile se situe dans la continuité de la Tradition, et il en veut ceci pour preuve : « Il suffit de jeter un coup d’œil aux notes du texte. On peut ainsi constater que dix conciles antérieurs sont cités par le document. Parmi ceux-ci, Vatican I est cité 12 fois, et Trente 16 fois. De cela il ressort déjà clairement que, par exemple, toute idée de “distanciation par rapport au Concile de Trente” est absolument exclue. Le rattachement à la Tradition apparaît encore plus étroit si l’on pense que, parmi les papes, Pie XII est cité 55 fois, Léon XIII en 17 occasions, et Pie XI à douze reprises. S’y ajoutent Benoît XIV, Benoît XV, Pie IX, Pie X, Innocent I et Gélase. Le fait le plus impressionnant, cependant, est la présence des Pères de l’Eglise dans les textes de Lumen Gentium. Le Concile fait référence à l’enseignement des Pères à 44 reprises. Parmi eux : Augustin, Ignace d’Antioche, Cyprien, Jean Chrysostome et Irénée. En outre, les grands théologiens et docteurs de l’Église sont cités : Thomas d’Aquin est cité dans 12 passages au moins, avec sept autres personnes de poids. »

Comme je l’ai souligné pour le cas analogue du Synode de Pistoie, la présence d’un contenu orthodoxe n’exclut pas la présence d’autres propositions hérétiques et n’en atténue pas la gravité ; d’ailleurs la vérité ne peut servir à couvrir ne serait-ce qu’une seule erreur. Au contraire, les nombreuses citations d’autres conciles, d’actes magistériels ou des Pères de l’Église peuvent précisément servir à dissimuler, avec une intention malicieuse, les points controversés. À cet égard, il est utile de rappeler les paroles du Tractatus de Fide orthodoxa contra Arianos, cité par Léon XIII dans son encyclique Satis Cognitum

« Rien ne saurait être plus dangereux que ces hérétiques qui, conservant en tout le reste l’intégrité de la doctrine, par un seul mot, comme par une goutte de venin, corrompent la pureté et la simplicité de la foi que nous avons reçue de la tradition dominicale, puis apostolique. »

Léon XIII commente ensuite :

« Telle a été toujours la coutume de l’Église, appuyée par le jugement unanime des saints Pères, lesquels ont toujours regardé comme exclu de la communion catholique et hors de l’Église quiconque se sépare le moins du monde de la doctrine enseignée par le magistère authentique. »

Dans les pages de L’Osservatore Romano, dans un article du 14 avril 2013, le cardinal Kasper a reconnu qu’« en de nombreux endroits [les Pères du Concile] ont dû trouver des formules de compromis dans lesquelles, bien souvent, les positions de la majorité (les conservateurs) se trouvent à côté de celles de la minorité (les progressistes), pour les circonscrire. Par conséquent, les textes conciliaires portent en eux-mêmes un énorme potentiel de conflit, ouvrant la porte à une réception sélective dans chacun des deux sens ». Voilà d’où proviennent les ambiguïtés qui en résultent, les contradictions manifestes et les graves erreurs doctrinales et pastorales.

On pourrait objecter que la prise en considération de la présomption de dol dans un acte du Magistère doit être rejetée avec dédain, dès lors que le Magistère doit viser à confirmer les fidèles dans la Foi ; mais peut-être est-ce précisément la fraude délibérée qui fait qu’un acte puisse s’avérer comme n’appartenant pas au Magistère, et qu’il puisse être condamné ou déclaré nul. Son Éminence le cardinal Brandmüller a conclu son commentaire par ces mots : « Il conviendrait d’éviter l’“herméneutique du soupçon” qui accuse d’emblée l’interlocuteur d’avoir des conceptions hérétiques. » Je partage certes ce sentiment dans l’abstrait et en général, mais je pense qu’il convient d’établir une distinction pour mieux cerner un cas concret. Pour ce faire, il est nécessaire d’abandonner l’approche, un peu trop légaliste, selon laquelle il faut considérer que toutes les questions doctrinales appartenant à l’Église doivent être traitées et résolues principalement sur le fondement d’une référence normative : n’oublions pas que la loi est au service de la Vérité, et non l’inverse. Et il en va de même pour l’Autorité qui de cette loi, est la ministre, et de cette Vérité, la gardienne. D’autre part, lorsque Notre Seigneur se trouva face à la Passion, la Synagogue avait déserté sa fonction propre de guide du Peuple Élu dans la fidélité à l’Alliance, tout comme une partie de la hiérarchie le fait depuis soixante ans. 

Cette attitude légaliste est à la base de la duperie des Novateurs, ceux qui ont conçu une manière très simple de mettre la Révolution en marche, en l’imposant par l’autorité d’un acte que l’Ecclesia docens adoptait afin de définir les vérités de la Foi avec force contraignante pour l’Ecclesia discens, et en reprenant cet enseignement dans d’autres documents tout aussi contraignants, bien qu’à un degré différent. En somme, il a été décidé d’apposer l’étiquette “ Concile ”sur un événement conçu par certains dans le but de démolir l’Église, et pour ce faire, les conspirateurs ont agi avec une intention malveillante et dans un but subversif. Le P. Edward Schillebeeckx op l’a affirmé franchement : « Aujourd’hui nous nous exprimons de façon diplomatique, mais après le Concile, nous tirerons les conclusions implicites » (De Bazuin, n.16, 1965).

Il ne s’agit donc pas d’une « herméneutique du soupçon », mais au contraire de quelque chose de beaucoup plus grave qu’un soupçon, chose que corroborent une évaluation sereine des faits, et aussi l’aveu des protagonistes eux-mêmes. À cet égard, qui fait davantage autorité parmi eux que celui qui était alors le cardinal Ratzinger ?

« On avait de plus en plus l’impression que rien n’était stable dans l’Église, que tout était à revoir. Le Concile apparaissait de plus en plus comme un grand parlement d’Églises capable de tout modifier et de tout remodeler à sa manière. Un ressentiment montait contre Rome et contre la Curie, désignées comme ennemi réel de toute nouveauté et de tout progrès. Le débat du Concile fut de plus en plus présenté selon le schéma partisan propre au système parlementaire moderne. Lorsque l’information était présentée de cette manière, la personne qui la recevait se voyait obligée de prendre parti pour l’un ou l’autre camp. (…) Si les évêques qui étaient à Rome pouvaient changer l’Église, et même la foi elle-même (comme ils semblaient pouvoir le faire), pourquoi cela serait-il réservé aux seuls évêques ? En tout cas, la foi pouvait, là, être changée, et contrairement à tout ce que nous pensions jusqu’alors, cette possibilité ne paraissait plus soustraite aux décisions humaines, mais selon toutes les apparences, elle était désormais apparemment déterminée par celles-ci. Désormais, on savait que les nouveautés proposées par les évêques avaient été apprises auprès des théologiens. Pour les croyants, ce fut un phénomène étrange : leurs évêques semblaient montrer à Rome un visage différent de celui qu’ils montraient chez eux »
(d’après J. Ratzinger, Ma vie, éd. Fayard 2005). 

À ce stade, il convient d’attirer l’attention sur un paradoxe récurrent dans les questions mondiales : le courant dominant (le mainstream) appelle « théoriciens du complot » ceux qui révèlent et dénoncent le complot que le courant dominant lui-même a conçu, afin de détourner l’attention du complot et de nier toute légitimité à ceux qui le dénoncent. De même, il me semble qu’il y a un risque de qualifier de coupables d’« herméneutique du soupçon » tous ceux qui révèlent et dénoncent la fraude conciliaire, comme s’il s’agissait de personnes qui accusent sans motif et « d’emblée leur interlocuteur de conceptions hérétiques ». Il faut au contraire déterminer si l’action des protagonistes du Concile peut justifier la suspicion à leur égard, voire prouver que cette suspicion est fondée ; et si le résultat qu’ils ont obtenu justifie qu’on évalue négativement l’ensemble du Concile, ou certaines de ses parties, ou encore d’aucune d’entre elles. Si nous persistons à penser que ceux qui ont conçu Vatican II comme un événement subversif rivalisaient de piété avec saint Alphonse et de doctrine avec saint Thomas, nous faisons preuve d’une naïveté qui cadre mal avec le précepte évangélique, et qui frise certainement, sinon la connivence, au moins l’insouciance. Je ne parle évidemment pas de la majorité des Pères du Concile, qui étaient certainement animés d’intentions pieuses et saintes ; je parle des protagonistes de l’événement conciliaire, des soi-disant théologiens qui, jusqu’à Vatican II, ont été frappés de censures canoniques et interdits d’enseigner, et qui, pour cette raison même, ont été choisis, promus et aidés, de sorte que leur réputation d’hétérodoxie est devenue pour eux un motif de gloire, tandis que l’orthodoxie incontestée du cardinal Ottaviani et de ses collaborateurs du Saint-Office a été une raison suffisante pour jeter au feu les schémas préparatoires du Concile, avec le consentement de Jean XXIII.

Je doute qu’à l’égard de Mgr Bugnini – pour ne citer que lui – une attitude de suspicion prudente soit critiquable ou dépourvue de charité ; bien au contraire, la malhonnêteté de l’auteur du Novus Ordo dans la poursuite de ses objectifs personnels, son adhésion à la Maçonnerie et ses propres aveux dans ses journaux intimes donnés à la presse, montrent que les mesures prises par Paul VI à son égard n’ont été que trop indulgentes et inefficaces, puisque tout ce qu’il a fait dans les Commissions conciliaires et à la Congrégation des Rites est resté intact et, malgré tout cela, est devenu partie intégrante des Acta Concilii et des réformes qui leur sont liées. Ainsi, l’herméneutique du soupçon est tout à fait bienvenue si elle sert à démontrer qu’il existe des raisons valables de soupçonner et que ces soupçons se matérialisent souvent dans la certitude d’une fraude intentionnelle. 

Revenons maintenant à Vatican II, pour mettre en évidence le piège dans lequel les bons Pasteurs sont tombés, induits en erreur avec leur troupeau par un travail de tromperie des plus astucieux de la part de personnes notoirement infectées par le Modernisme, et dont il n’est pas rare que leur conduite morale ait été elle aussi dévoyée. Comme je l’ai écrit plus haut, la fraude consiste à avoir recours à un Concile comme l’emballage d’une manœuvre subversive, et à utiliser l’autorité de l’Église pour imposer la révolution doctrinale, morale, liturgique et spirituelle qui est ontologiquement contraire au but pour lequel le Concile a été convoqué et son autorité magistérielle exercée. Je le répète : l’étiquette « Concile » apposée sur l’emballage ne reflète pas son contenu. 

Nous avons assisté à une manière nouvelle et différente de comprendre les mots du lexique catholique eux-mêmes : l’expression « concile œcuménique » utilisée pour le Concile de Trente ne coïncide pas avec le sens qui lui a été donné par les partisans de Vatican II, pour qui le terme « concile » fait allusion à la « conciliation » et le terme « œcuménique » au dialogue inter-religieux. L’« esprit du concile » est l’« esprit de conciliation, de compromis », tout comme l’assemblée conciliaire a été une attestation solennelle et publique du dialogue conciliateur avec le monde, pour la première fois dans l’histoire de l’Église.

Bugnini écrivait : « Nous devons dépouiller nos prières catholiques et la liturgie catholique de tout ce qui pourrait être l’ombre d’une pierre d’achoppement pour nos frères séparés, les protestants » (cf. L’Osservatore Romano, 19 mars 1965). A partir de ces paroles, nous comprenons que la réforme qui a été le fruit de la mens conciliare avait pour but d’atténuer la proclamation de la Vérité catholique afin de ne pas offenser les hérétiques : et c’est exactement ce qui a été fait, non seulement dans la Sainte Messe – horriblement défigurée au nom de l’œcuménisme – mais aussi dans l’exposé des dogmes dans les documents au contenu doctrinal ; l’utilisation du subsistit in en est un exemple très clair.

Il sera peut-être possible de débattre des motifs qui ont pu conduire à cet événement unique, si lourd de conséquences pour l’Église ; mais nous ne pouvons plus nier l’évidence et prétendre que Vatican II n’était pas quelque chose de qualitativement différent de Vatican I, malgré les tentatives héroïques, nombreuses et documentées, y compris de la part de la plus haute autorité, pour l’interpréter de force comme un normal Concile œcuménique. Toute personne dotée de bon sens peut voir que c’est une absurdité que de vouloir interpréter un Concile, puisqu’il est et doit être une norme claire et sans équivoque de la Foi et de la Morale. En second lieu, si un acte magistériel soulève des arguments sérieux et raisonnés selon lesquels il pourrait manquer de cohérence doctrinale avec les actes du Magistère qui l’ont précédé, il est évident que la condamnation d’un seul point hétérodoxe discrédite de toute façon l’ensemble du document. Si l’on ajoute à cela le fait que les erreurs formulées, ou que l’on comprend indirectement entre les lignes, ne se limitent pas à un ou deux cas, et que les erreurs affirmées correspondent à l’inverse à une énorme masse de vérités non réaffirmées, on peut se demander s’il ne serait pas juste d’expurger le catalogue des Conciles canoniques de cette dernière assemblée. Au bout du compte, c’est l’histoire qui jugera, et le sensus fidei du peuple chrétien, avant même qu’une sentence ne soit prononcée par un document officiel. L’arbre est jugé à ses fruits, et il ne suffit pas de parler d’un printemps conciliaire pour cacher le rude hiver qui s’abat sur l’Église ; ni d’inventer des prêtres mariés et des diaconesses pour remédier à l’effondrement des vocations ; ni d’adapter l’Évangile à la mentalité moderne pour obtenir plus de consensus. La vie chrétienne est un combat, pas une sympathique promenade à la campagne, et cela est vrai à plus forte raison pour la vie sacerdotale. 

Je conclus par une demande adressée à ceux qui interviennent avec profit dans le débat sur le Conseil : je voudrais que nous cherchions avant tout à proclamer à tous les hommes la Vérité salvifique, parce que leur et notre salut éternel en dépend ; et que nous ne nous préoccupions que subsidiairement des implications canoniques et juridiques soulevées par Vatican II : anathema sit ou damnatio memoriae, cela importe peu. Si le Concile n’a vraiment rien changé à notre foi, alors reprenons le Catéchisme de saint Pie X, retournons au Missel de saint Pie V, restons devant le tabernacle, ne désertons pas le confessionnal, et pratiquons la pénitence et la mortification dans un esprit de réparation. C’est de là que jaillit l’éternelle jeunesse de l’Esprit. Et surtout : faisons-le en sorte que nos œuvres témoignent de manière solide et cohérente de ce que nous prêchons.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

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Message par Gilbert Chevalier le Lun 27 Juil - 21:46

RÉPONSE de Mgr VIGANÒ à Don MORSELLI

L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Morselli-300x265
Don Alfredo Morselli
L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Mgr_vi10

Nativité de Saint Jean-Baptiste
24 juin 2020

Cher et Révérend Père Morselli,

Je vous remercie pour votre courriel, dans lequel je vois confirmée votre vision surnaturelle des événements qui affligent la Sainte Mère l'Église.

Je suis d'accord avec vous sur le fait que le Concile Vatican II ne peut être considéré comme une sorte de sujet en soi, doté de sa propre volonté. Des études faisant autorité ont démontré que les schémas préparatoires élaborés par le Saint-Office avaient pour but de confirmer l'image d'une Église solide comme le roc qui, en réalité, surtout loin de Rome, montrait des signes de rupture dangereuse. Et s'il était si simple de les remplacer par de nouveaux schémas qui avaient été préparés dans les cliques d'innovateurs allemands, français, suisses et néerlandais, il est évident que de nombreux membres de l'épiscopat (avec leur cour de théologiens autoproclamés, dont la majorité faisait déjà l'objet de censures canoniques) étaient corrompus tant dans leur intellect que dans leur volonté.

Ce que vous identifiez avec les stratégies de marketing les plus courantes et que vous considérez à juste titre comme ayant été réalisé au sein du Concile était en fait une opération malhonnête, une escroquerie menée contre les fidèles et le clergé : afin d'augmenter les affaires, le produit et l'image de l'entreprise ont été modifiés, en le promouvant par des campagnes publicitaires et des rabais. Les « restes de l'entrepôt » étaient liquidés ou envoyés à l'usine de pâte à papier. Mais l'Église du Christ n'est pas une corporation, elle n'a pas de but commercial et ses ministres ne sont pas des gestionnaires. Cette erreur sensationnelle, ou plutôt cette véritable fraude, a été conçue par des personnes qui, avec cette vision humaine et mercantile des choses spirituelles, ont démontré non seulement leur propre insuffisance, mais aussi leur indignité pour le rôle qu'elles occupaient. Et pourtant, c'est précisément cette mentalité qui a officiellement marqué la rupture avec la Tradition : transformer l'Église en société signifiait la mettre en concurrence absurde avec des sectes et des fausses religions concurrentes, imposer une adaptation du « produit » pour répondre aux prétendus besoins des clients, et en même temps imposer également la nécessité de susciter chez les acheteurs potentiels le besoin de nouveaux « biens et services » alternatifs dont ils ne ressentaient même pas le besoin. Et c'est ainsi que nous avons reçu l'accent communautaire de la liturgie, l'approche « bricolage » de l'Écriture, l'approche « jeter tout » de la doctrine et de la morale, les nouveaux uniformes du personnel, etc...

Je crois que, si l'on veut poursuivre la comparaison que vous avez suggérée, on ne peut nier que, précisément pour éliminer la présence d'un produit qui n'a pas beaucoup de concurrents, il a fallu non seulement le rendre moins exclusif mais aussi, tôt ou tard, arriver au point d'absorber l'entreprise qui le produit par une entreprise plus puissante et plus répandue : au début, le meilleur produit est conservé comme « première ligne » pour une clientèle plus exigeante, puis il est retiré de la production et enfin, la marque elle-même disparaît. En suivant cette voie glissante, malheureuse et destructrice, nous sommes finalement arrivés à la faillite de l'entreprise aux mains de son liquidateur argentin, prêt à livrer la Church of Mercy Co. aux mains du Nouvel Ordre Mondial. Bergoglio est probablement convaincu que, dans cette nouvelle structure, il se verra confier une sorte de rôle de gestionnaire, ne serait-ce que par reconnaissance pour le travail qu'il a accompli.

Il n'y a personne qui ne voit pas que cette vision commerciale n'a rien de catholique, surtout que l'Église appartient au Christ, qui délègue son gouvernement à ses Vicaires. La transformation de l'Église en ce qu'elle n'est pas et ne peut jamais être se concrétise comme un péché très grave et un crime inouï, tant contre Dieu que contre le troupeau qu'Il a ordonné de faire paître dans des pâturages très bien définis, et non pas de le disperser dans des crevasses et des ronces. Et si les responsables de cette énorme ruine sont les administrateurs infidèles qui ont falsifié les statuts et les bilans et escroqué les clients, il faudra leur demander un compte : redde rationem villicationis tuae [rendez compte de votre gestion] (Lc 16, 2).

Cum benedictione

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

Source : https://www.cfnews.org.uk/noted-theologian-agrees-with-archbishop-vigano-over-problems-with-vatican-ii-but-suggests-reset-is-not-possible/
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 29 Juil - 16:16

RÉPONSE COMPLÈTE de l'ARCHEVÊQUE VIGANÒ
à Sandro MAGISTER


L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Vigano12

3 juillet 2020
Saint Irénée, évêque et martyr

Cher Monsieur Magister,

Permettez-moi de répondre à votre article "L'archevêque Viganò au bord du schisme", publié sur Settimo Cielo le 29 juin (ici).

Je suis conscient que le fait d'avoir osé exprimer une opinion fortement critique à l'égard du Concile est suffisant pour réveiller l'esprit inquisitorial qui, dans d'autres cas, est l'objet d'une exécution par des personnes sensées. Néanmoins, dans un différend respectueux entre ecclésiastiques et laïcs compétents, il ne me semble pas inopportun de soulever des problèmes qui restent non résolus à ce jour, dont le premier est la crise qui frappe l'Église depuis Vatican II et qui a maintenant atteint un point de dévastation.

Il y a ceux qui parlent de la déformation du Concile ; d'autres qui parlent de la nécessité de revenir à une lecture en continuité avec la Tradition ; d'autres encore de la possibilité de corriger les erreurs qu'il contient, ou d'interpréter les points équivoques dans un sens catholique. D'un autre côté, ceux qui considèrent Vatican II comme un plan d'action pour la révolution ne manquent pas : le changement et la transformation de l'Église en une entité entièrement nouvelle et moderne, en phase avec son temps. Cela fait partie de la dynamique normale d'un "dialogue" qui est trop souvent invoqué mais rarement pratiqué : ceux qui, jusqu'à présent, ont exprimé leur désaccord sur ce que j'ai dit ne sont jamais entrés dans le mérite de l'argument, se limitant à me coller des épithètes qui ont déjà été méritées par mes frères bien plus illustres et vénérables dans l'épiscopat. Il est curieux que, tant sur le plan doctrinal que politique, les progressistes revendiquent pour eux-mêmes une primauté, un état d'élection, qui place apodictiquement l'adversaire dans une position d'infériorité ontologique, indigne d'attention ou de réponse et liquidable de manière simpliste comme lefebvriste sur le front ecclésial ou comme fasciste sur le front socio-politique. Mais leur manque d'arguments ne les autorise pas à dicter les règles, ni à décider qui a le droit de parler, surtout lorsque la raison, même antérieure à la foi, a démontré où se trouve la tromperie, qui en est l'auteur et quel en est le but.

Il m'est d'abord apparu que le contenu de votre article devait être considéré davantage comme un hommage compréhensible au Prince, que l'on peut trouver dans les salons décorés de fresques de la troisième loggia ou dans les bureaux élégants de la rédaction ; et pourtant, en lisant ce que vous m'attribuez, j'ai découvert une inexactitude - appelons-la ainsi - qui, je l'espère, est le résultat d'un malentendu. Je vous demande donc de m'accorder un espace de réponse sur Settimo Cielo.

Vous affirmez que j'ai prétendument reproché à Benoît XVI « d'avoir « trompé » toute l'Église en faisant croire que le Concile Vatican II était immunisé contre les hérésies et devait en outre être interprété en parfaite continuité avec la véritable doctrine pérenne ». Je ne pense pas avoir jamais écrit une telle chose sur le Saint-Père, bien au contraire : J'ai dit, et je réaffirme, que nous avons tous - ou presque - été trompés par ceux qui ont utilisé le Concile comme un « contenant » doté de sa propre autorité implicite et de l'autorité des Pères qui y ont participé, tout en déformant sa finalité. Et ceux qui sont tombés dans cette tromperie l'ont fait parce que, aimant l'Église et la papauté, ils ne pouvaient pas imaginer qu'au cœur de Vatican II une minorité de conspirateurs très organisés puisse utiliser un Concile pour démolir l'Église de l'intérieur ; et que ce faisant ils pouvaient compter sur le silence et l'inaction de l'Autorité, sinon sur sa complicité. Ce sont là des faits historiques, dont je me permets de donner une interprétation personnelle, mais que d'autres pourraient partager, je pense.

Je me permets également de vous rappeler, comme s'il en était besoin, que les positions de relecture critique modérée du Concile au sens traditionnel par Benoît XVI font partie d'un passé récent louable, alors que dans les redoutables années soixante-dix, la position du théologien de l'époque, Joseph Ratzinger, était bien différente. Des études faisant autorité côtoient les mêmes admissions du professeur de Tubingen confirmant les repentirs partiels de l'émérite. Je ne vois pas non plus de « mise en accusation imprudente de Viganò contre Benoît XVI pour ses « tentatives ratées de corriger les excès conciliaires en invoquant l'herméneutique de la continuité » », car c'est une opinion largement partagée non seulement dans les milieux conservateurs mais aussi et surtout parmi les progressistes. Et il faut dire que ce que les innovateurs ont réussi à obtenir par la tromperie, la ruse et le chantage est le résultat d'une vision que nous avons trouvée plus tard appliquée au plus haut degré dans le "magistère" bergolien d'Amoris Laetitia. L'intention malveillante est admise par Ratzinger lui-même : « L'impression ne cessait de croître que rien n'était plus stable dans l'Église, que tout était ouvert à la révision. De plus en plus, le Concile apparaissait comme un grand parlement de l'Église qui pouvait tout changer et tout remodeler selon ses propres désirs. » (cf. J. Ratzinger, Milestones, traduction de l'allemand par Erasmo Leiva-Merikakis, Ignatius Press, San Francisco, 1997, p. 132). Mais plus encore par les mots du dominicain Edward Schillebeecks : « Nous l'exprimons diplomatiquement [maintenant], mais après le Concile nous en tirerons les conclusions implicites. » (De Bazuin, n.16, 1965)

Nous avons confirmé que l'ambiguïté intentionnelle des textes avait pour but de maintenir ensemble des visions opposées et irréconciliables, au nom d'une évaluation de l'utilité et au détriment de la Vérité révélée. Une Vérité qui, lorsqu'elle est intégralement proclamée, ne peut manquer de diviser, tout comme Notre Seigneur divise : « Croyez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. » (Lc 12, 51).

Je ne trouve rien de répréhensible à suggérer que nous devrions oublier Vatican II : ses partisans ont su exercer avec confiance cette damnatio memoriae non seulement avec un Concile mais avec tout, jusqu'à affirmer que leur concile était le premier de la nouvelle église, et qu'à partir de leur concile l'ancienne religion et l'ancienne messe étaient terminées. Vous me direz que ce sont là les positions des extrémistes, et que la vertu se trouve au milieu, c'est-à-dire parmi ceux qui considèrent que Vatican II n'est que le dernier d'une série ininterrompue d'événements dans lesquels l'Esprit Saint parle par la bouche du seul et unique Magistère infaillible. Si tel est le cas, il convient d'expliquer pourquoi l'Église conciliaire a reçu une nouvelle liturgie et un nouveau calendrier, et par conséquent une nouvelle doctrine - nova lex orandi, nova lex credendi - qui se distancie de son propre passé avec dédain.

La simple idée de mettre le Concile de côté provoque le scandale même chez ceux qui, comme vous, reconnaissent la crise de ces dernières années, mais qui persistent à ne pas vouloir reconnaître le lien de causalité entre Vatican II et ses effets logiques et inévitables. Vous écrivez : « Attention : ce n'est pas le Concile qui a été mal interprété, mais le Concile en tant que tel et en bloc. » Je vous demande donc : quelle serait l'interprétation correcte du Concile ? Celle que vous donnez ou celle donnée - pendant qu'ils rédigeaient les décrets et les déclarations - par ses très laborieux architectes ? Ou peut-être celle de l'épiscopat allemand ? Ou celle des théologiens qui enseignent dans les universités pontificales et que l'on voit publiés dans les périodiques catholiques les plus populaires du monde ? Ou celui de Joseph Ratzinger ? Ou celui de l'évêque Schneider ? Ou celle de Bergoglio ? Cela suffirait à comprendre l'ampleur des dégâts causés par l'adoption délibérée d'un langage si obscur qu'il légitimait des interprétations opposées et contraires, sur la base desquelles s'est alors produit le fameux printemps conciliaire. C'est pourquoi je n'hésite pas à dire que cette assemblée doit être oubliée « en tant que telle et en bloc », et je revendique le droit de le dire sans me rendre ainsi coupable du délit de schisme pour avoir attaqué l'unité de l'Église. L'unité de l'Église est inséparable de la Charité et de la Vérité, et là où l'erreur règne ou même ne fait que s'infiltrer, il ne peut y avoir de Charité.

La fable de l'herméneutique - même si elle fait autorité par son auteur - reste néanmoins une tentative de vouloir donner la dignité d'un Concile à une véritable embuscade contre l'Église, afin de ne pas discréditer avec elle les Papes qui ont voulu, imposé et reproposé ce Concile. A tel point que ces mêmes Papes, l'un après l'autre, s'élèvent aux honneurs de l'autel pour avoir été « papes du Concile ».

Permettez-moi de citer l'article que le docteur Maria Guarini a publié le 29 juin dernier sur Chiesa e postconcilio en réaction à votre article sur Settimo Cielo, intitulée : "L'archevêque Viganò n'est pas au bord du schisme : de nombreux péchés arrivent à leur terme." Elle écrit : « Et c'est précisément de là que naît et que risque de se poursuivre - sans résultat (jusqu'à présent, sauf pour le débat déclenché par l'archevêque Viganò) - le dialogue entre sourds, parce que les interlocuteurs utilisent des grilles de réalité différentes : Vatican II, en changeant le langage, a également modifié les paramètres d'approche de la réalité. Il se trouve donc que l'on parle de la même chose, mais avec des significations totalement différentes. La principale caractéristique de la hiérarchie actuelle est, entre autres, l'utilisation d'affirmations incontestables, sans jamais se soucier de les démontrer ou avec des démonstrations imparfaites et sophistiques. Mais elles n'ont même pas besoin de démonstrations, car la nouvelle approche et le nouveau langage ont tout subverti depuis le début. Et la nature non prouvée de cette "pastoralité" anormale, sans principes théologiques définis, est précisément ce qui enlève la matière première du litige. C'est l'avancée d'un fluide informe, changeant et dissolvant à la place de la construction claire, sans équivoque, définitive et véridique : la fermeté incandescente et pérenne du dogme contre les eaux usées et les sables mouvants du néo-magistère transitoire. » (ici).

Je continue à espérer que le ton de votre article n'a pas été dicté par le simple fait que j'ai osé rouvrir le débat sur ce Concile que beaucoup - trop - de personnes dans la structure ecclésiale considèrent comme un unicum dans l'histoire de l'Église, presque une idole intouchable.

Vous pouvez être certains que, contrairement à de nombreux évêques, comme ceux de la Voie synodale allemande, qui ont déjà dépassé de loin le bord du schisme - promouvant et essayant effrontément d'imposer des idéologies et des pratiques aberrantes à l'Église universelle - je n'ai aucun désir de me séparer de l'Église Mère, pour l'exaltation de laquelle je renouvelle quotidiennement l'offrande de ma vie.

Deus refugium nostrum et virtus,
populum ad Te clamantem propitius respice;
Et intercedente Gloriosa et Immaculata Virgine Dei Genitrice Maria,
cum Beato Ioseph, ejus Sponso,
ac Beatis Apostolis Tuis, Petro et Paulo, et omnibus Sanctis,
quas pro conversione peccatorum,
pro libertate et exaltatione Sanctae Matris Ecclesiae,
preces effundimus, misericors et benignus exaudi.

Recevez, cher Sandro, ma bénédiction et mes salutations, avec mes meilleurs vœux pour toute bonne chose, dans le Christ Jésus.

+ Carlo Maria Viganò

Source : https://www.lifesitenews.com/blogs/abp-vigano-defends-his-union-with-church-i-have-no-desire-to-separate-myself-from-mother-church
Gilbert Chevalier
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L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Empty Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Sam 1 Aoû - 21:22

Jeanne Smits, sur son Blog au 25 juillet 2020, a écrit:
Mgr VIGANÒ
 S'ENTRETIENT avec Marco TOSATTI :

NOUVELLES ACCUSATIONS sur l'affaire McCARRICK,
les ABUS SEXUELS dans l’Église
et les “MILLIARDS” versés par la CHINE au Saint-Siège


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Mgr Carlo Maria Viganò s'exprime une nouvelle fois sur l'affaire McCarrick, en évoquant notamment le rôle joué par ce dernier dans la conclusion de l'accord entre la Chine et le Vatican, avec des « milliards » à la clef.  Je vous propose ci-dessous ma traduction  l'entretien accordée par Mgr Viganò au vaticaniste Marco Tosatti, précédé par l'introduction signée par celui-ci. Il s'agit de la traduction officielle, relue et autorisée par Mgr Viganò. Et c'est encore une bombe…

Voir la version italienne sur Stilum curiae, le blog de Marco Tosatti, et la version anglaise, publiée également à 7 h 00 (heure de Rome) ce samedi matin, sur LifeSiteNews


Je n'ai pas encore eu le temps de traduire l'important appareil de notes. Elles sont disponibles dans les versions italienne et anglaise.
– Jeanne Smits

*

La détermination de Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique aux États-Unis d’Amérique, à dénoncer le voile du silence et les dissimulations dans la gestion des cas d’abus par des membres du clergé, est bien connue. La réaction pimentée et énervée des autorités du Vatican – et en particulier de divers prélats – aux réfutations bien argumentées du combatif prélat est également bien connue. Dans cette interview, nous nous penchons avec Son Excellence sur les développements de l’affaire de l’ex-cardinal McCarrick, notamment  à la lumière d’un article récent de Church Militant intitulé « The McCarrick Bombshell » (« La bombe McCarrick) ».

Mais avant d’entrer dans le vif de cet article, faisons un bref rappel. Du 21 au 24 février 2019, une réunion de tous les présidents des conférences épiscopales s’est tenue à Rome sur le thème de la protection des mineurs dans l’Église.  Quelques jours auparavant, le 16 février 2019, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a annoncé le renvoi de l’état clérical de Theodore McCarrick, accusé d’autres crimes graves, et a ajouté : « Le Saint-Père a reconnu le caractère définitif de cette décision prise en accord avec la loi, la rendant res iudicata (c’est-à-dire n’admettant aucun autre recours). »
– M. Tosatti


Marco Tosatti : Excellence, quelles sont aujourd’hui les nouvelles à propos de l’affaire McCarrick ?

Mgr C.M. Viganò : Je crains qu’il n’y ait pas de nouvelles, et la nouvelle est précisément celle-là. Avec le renvoi à l’état laïque de McCarrick, on a voulu mettre fin à une longue affaire qui a été révélée par mon témoignage en 2018, mais tout a été fait pour que les résultats et les détails du procès n’apparaissent pas. La tromperie mise en œuvre par une stratégie consistant à procéder par voie administrative et non par voie judiciaire, et la décision de Bergoglio de confirmer la sentence avec autorité, ont en fait empêché de mettre au jour, en même temps que les fautes objectives de McCarrick, les responsabilités de ceux qui, pendant des années, ont contribué à dissimuler la nature et l’étendue des crimes commis par lui, et à protéger ses complices et ceux qui, par leur silence, ont couvert ses crimes. C’est ainsi que la condamnation du coupable n’a pas fait la lumière sur les points obscurs. En tant que laïc, il jouit désormais d’une totale liberté de mouvement et d’action, et peut encore intervenir à tous les niveaux : au niveau ecclésial – et ce même auprès de ceux qui l’ont couvert et soutenu, au Vatican et ailleurs ; au niveau politique, social et financier, par l’intermédiaire des personnes qui sont restées en relation avec lui et qui ont reçu des faveurs de sa part. Le renvoi à l’état laïque ne constitue en aucun cas une sanction médicinale (n’étant que sa prémisse nécessaire, en raison de l’indignité avérée du délinquant), elle n’implique aucune forme de pénalité réparatrice, ni ne rend justice aux victimes, mais permet à M. McCarrick de poursuivre ses activités criminelles sans être dérangé, y compris celles de prédateur sexuel.

La procédure administrative a également empêché l’audition des victimes, alors que les témoignages recueillis tout récemment par Maître Jeffrey Lena, avocat du Saint-Siège, semblent avoir été rédigés sous la dictée : ceux qui ont subi le harcèlement viennent s’excuser de la lenteur de la publication du Rapport en l’attribuant à la masse de témoignages, avec un ton indulgent et justificateur qui ne correspondent pas à l’extrême gravité des crimes qui lui sont reprochés. On peut penser que certaines victimes, protégées par un pseudonyme, se sont prêtées à une opération visant à décharger le Saint-Siège de ses responsabilités et à valider la version que celui-ci fait valoir devant l’opinion publique. On soupçonne aussi ces témoignages anonymes d’être de la pure fiction. C’est en tout cas une tromperie qui doit être dénoncée avec force, car si la corruption de ce prélat en tant que prélat est scandaleuse, le silence coupable de ceux qui représentent l’Église l’est d’autant plus. Si ces épisodes s’étaient produits sous le pontificat de Benoît XVI, ils auraient déclenché la fureur des médias : tant de compassion pour Jorge Mario est révélatrice de l’attitude complice des médias dominants.

Marco Tosatti : La convocation de la réunion au Vatican a été annoncée comme une occasion d’apporter des réponses fermes et déterminées aux scandales sexuels du clergé. Dans son discours d’introduction, le pape François déclarait : « Le poids de la responsabilité pastorale et ecclésiale qui nous oblige à discuter ensemble de manière synodale, sincère et approfondie sur la façon d’affronter ce mal, qui afflige l’Église et l’humanité, pèse sur notre rencontre. Le saint Peuple de Dieu nous regarde et attend de nous, non pas de simples et faciles condamnations, mais des mesures concrètes et efficaces à préconiser. Il faut être concret. »

Mgr C.M. Viganò : Les proclamations solennelles qui ont précédé, accompagné et suivi cette réunion n’ont en aucune façon donné lieu à une action concrète et pratique, comme on le souhaitait.  De même, lors de la réunion, les questions légitimes et insistantes des journalistes posées à Bergoglio le 26 août 2018 après ma dénonciation sont restées sans réponse.

Pour ce qui est du contenu de ce qui a été dit, il semble que, plus qu’à aggraver les peines et à rendre les discours plus incisifs, les scandales sexuels du clergé eux-mêmes aient servi à réaffirmer presque obsessionnellement la nouvelle structure « synodale » de l’Église, qui sert une intention précise de réécrire sa constitution selon une clef démocratique. L’archevêque de Chicago, Blase Cupich lui-même – ami de Theodore McCarrick et président de la réunion au Vatican – a centré son discours à la conférence sur la « synodalité », comme passage obligé d’une « réforme structurelle, juridique et institutionnelle » de l’action dont l’objectif de freiner les abus est de pure forme.

Marco Tosatti : De quelle manière la « synodalité » peut-elle aider les évêques à résoudre le problème des abus du clergé ?

Mgr C. M. Viganò : La proposition d’établir une commission de laïcs indépendants qui aurait supervisé le travail des évêques, formulée lors de l’assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis en novembre 2018, a été bloquée par le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques.  Cette intervention du Vatican a démenti les proclamations de « synodalité » dès lors que les décisions des conférences épiscopales ne coïncidaient pas avec ce que voulait Rome. Cependant, je considère que Son Éminence le Cardinal Ouellet n’a été que l’exécuteur de manœuvres qui lui ont été imposées d’en haut.

Marco Tosatti : N’est-il pas bon que le Vatican garde pour lui des décisions impliquant des questions doctrinales et morales ?

Mgr C. M. Viganò : L’autorité du Pontife romain, qui s’exprime également à travers les Congrégations romaines, ne peut évidemment pas être déléguée à de simples organes consultatifs qui n’ont aucune compétence et qui ne font pas partie de la structure hiérarchique de l’Église telle que le Christ l’a instituée : nous devons être clairs sur ce point. Il est cependant significatif que la « voie synodale » souhaitée par les dirigeants romains ne rencontre aucun obstacle, sauf au moment où elle risque de devenir médiatiquement gênante, comme dans le cas d’une commission spéciale nommée pour recevoir les plaintes contre les évêques.

Cette référence à la « synodalité » est un thème cher au courant théologique progressiste qui veut dénaturer la structure hiérarchique de l’Église. Les récents articles de Massimo Fagggioli, professeur à l’Université de Villanova, sont très révélateurs à cet égard. C’est là que le 11 octobre 2013 McCarrick a prétendu avoir favorisé l’élection du cardinal Bergoglio lors des Congrégations générales précédant le Conclave, qui s’étaient tenues quelques mois plus tôt, et avoir parlé avec « un monsieur italien très influent » qui lui a confié que dans cinq ans le nouveau Pape aurait réformé l’Église.

On ferait bien de s’alarmer du fait que cette même école donne aujourd’hui des signes inquiétants de mécontentement à l’égard de l’œuvre de Bergoglio, dont le pontificat est défini comme étant « en crise » par des « gens déçus » – peut-être parce que les cinq années auxquelles McCarrick faisait allusion n’ont pas donné les résultats escomptés.

Marco Tosatti : Dans le rapport qu’il a présenté lors de la réunion du Vatican, le cardinal Reinhard Marx a déclaré : « Les procédures légales correctes servent à établir la vérité et constituent une base pour imposer une sanction proportionnée à l’infraction. On a besoin de voir de quelle manière le juge arrive à un jugement ; le plus souvent, ce n’était pas le cas et je pense que dans notre situation, ce n’est pas une bonne chose. Elles renforcent également la confiance dans son organisation et sa hiérarchie. Les doutes persistants sur le bon déroulement des procédures judiciaires ne font que nuire à la réputation et au fonctionnement d’une institution. Ce principe s’applique également à l’Église. »

Mgr C.M. Viganò : La publication des actes de procédure devrait être une des pierres angulaires d’une opération de transparence et d’honnêteté envers les victimes d’abus de la part des membres du clergé. Il me semble évident que les paroles du cardinal Marx ont été ignorées, à commencer par l’affaire McCarrick, précisément à l’initiative de Bergoglio.

Je rappelle en outre que le cardinal Daniel DiNardo, président de la conférence épiscopale des États-Unis, a été désavoué sans guère de ménagements par l’intervention du Vatican, qui l’a remplacé lors de la rencontre à Rome en février de l’année 2019 par les cardinaux Blase Cupich et Joseph William Tobin, qui ne sont pas non plus au-dessus de tout soupçons sur leur compte personnel. Ces ingérences, manifestement souhaitées d’en haut, ont fabriqué une image médiatique qui ne correspond pas à la réalité, dans laquelle Bergoglio est présenté comme l’architecte d’une réforme inexistante, à de simples fins de propagande. Même la demande de démission de tout l’épiscopat chilien faite par François s’inscrit dans une opération de façade qui est clairement démentie par les faits.

Je pense que le « deux poids, deux mesures » réservé aux Conférences épiscopales américaine et française est emblématique : du côté américain, l’interventionnisme bergoglien a empêché une opération de transparence de la part des autorités ; tandis que du côté français, il a permis des violations claires du droit canonique et civil, en permettant de confier les enquêtes du propres au for ecclésiastique à un juge maçonnique qui est également favorable à l’euthanasie. L’esprit jacobin qui a présidé à la poursuite des clercs français accusés de pédophilie ne prend cependant pas en compte la responsabilité des Ordinaires et des Supérieurs religieux, qui sont coupables des mêmes dissimulations qui s’installent également dans la pratique à Rome.

Marco Tosatti : Mais nous avons aussi entendu le Pape rappeler, dans son discours final, les paroles qu’il avait déjà prononcées devant la Curie romaine en 2018 : « L’Église ne tentera jamais de couvrir ou de minimiser quelque cas que ce soit. »

Mgr C.M. Viganò : Cette affirmation solennelle a été contredite par le cas le plus emblématique, celui de Theodore McCarrick, et laisse penser que d’autres intérêts ont mené à la décision de liquider l’affaire par voie administrative et, ce qui est encore plus grave, sans publication d’actes judiciaires.

Marco Tosatti : Quels sont ces intérêts, à votre avis ?

Mgr C.M. Viganò : On a voulu focaliser l’attention sur les abus dont des enfants ont été l’objet, en la détournant de la condamnation claire et légitime des comportements homosexuels qui sont souvent à l’origine de ces abus. Pour Bergoglio et son entourage, la sodomie n’est pas un péché qui crie vengeance devant Dieu, comme l’enseigne le Catéchisme. Les propos de Bergoglio sur le sujet – et plus encore les actes et les paroles des personnes dont il s’entoure – confirment, hélas, qu’un travail de légitimation est en cours au sujet de l’homosexualité, et que ce sont les prélats et les théologiens qui font avancer cette discussion qui ont manifesté sans ambiguïté qu’ils n’étaient pas fidèles à l’enseignement catholique.

Le cardinal Tobin lui-même – dont les messages embarrassants sur son téléphone portable parlent d’eux-mêmes – a clairement déclaré qu’il n’adhérait pas à la condamnation de la sodomie dans le Catéchisme, refusant de définir les actes homosexuels comme « intrinsèquement désordonnés ». Et ces déclarations font suite au soutien de ce cardinal au livre Building a Bridge du père James Martin s.j., qui affirme la même chose. On retrouve donc un cardinal ami de McCarrick qui se montre favorable aux mouvements LGBT et le jésuite que Bergoglio a nommé consulteur du Secrétariat pour les communications du Saint-Siège, l’invitant même à prendre la parole à la Rencontre mondiale des familles à Dublin en 2018 et le recevant en audience. Le cardinal Cupich s’est également exprimé en faveur des homosexuels à plusieurs reprises, et lors du Synode de la jeunesse – auquel il a été invité à participer par le Pape sans avoir été désigné par les évêques américains – le sujet controversé des relations homosexuelles a été inclus dans l’Instrumentum laboris sans qu’aucun groupe de jeunes ne l’ait demandé. Je rappelle, en passant, que Cupich a été imposé au siège de Chicago par Bergoglio, contre l’avis de la nonciature.

Les intérêts sont donc clairement ceux du « lobby gay » qui s’est infiltré dans l’Église et qui est littéralement terrifié à l’idée que de bons Pasteurs fassent la lumière sur l’influence qu’il exerce à la Secrétairerie d’État, dans les Congrégations, dans les Diocèses et sur l’Église tout entière. La fresque homo-érotique obscène, voire sacrilège, que Mgr Paglia a commandée pour la cathédrale de Terni est un manifeste idéologique arrogant qu’aucune autorité n’a jamais censuré ou déploré ; les trop nombreuses affaires financières du Substitut de la Secrétairerie d’État, Mgr Edgar Peña Parra – liées au Card. Maradiaga (impliqué dans le scandale des abus homosexuels de son évêque auxiliaire, Pineda, sans qu’on n’ait de nouvelles d’une initiative ecclésiastique contre lui) – ainsi que les très graves accusations de Sexto qui pèsent sur lui et que j’ai largement dénoncées, n’ont en rien interrompu son cursus honorum au Vatican ; il en va de même pour Mgr Gustavo Óscar Zanchetta, que Bergoglio a promu et qui, en attendant son procès pénal, a récemment été renommé au poste d’assesseur pour l’Administration du patrimoine du Siège apostolique. Après l’ordre de transférer tous les comptes courants des Diocèses et des Congrégations religieuses du monde à l’APSA, Zanchetta se retrouve à gérer les finances de l’Église – lui qui peut aujourd’hui se vanter dans son CV d’avoir un diplôme faisant autorité, celui de mécanicien électricien – ce qui fait de lui en même temps l’objet facile de chantage interne et externe. Et n’oublions pas le travail de Mgr Ilson de Jesus Montanari, archevêque, secrétaire de la Congrégation des évêques, secrétaire du Sacré Collège et vice-camerlingue de la Sainte Église Romaine, au nom et pour le compte de ceux qui l’ont ensuite élevé aux plus hauts rangs de la Curie romaine en récompense de sa fidélité.

Je crois qu’il est essentiel de mettre en lumière une fois pour toutes le lien étroit entre la sodomie et la pédophilie, qui est également confirmé par les statistiques elles-mêmes : un lien que le sommet qui s’est tenu au Vatican a scrupuleusement passé sous silence afin de ne pas heurter la mentalité actuelle, répandue jusque parmi de nombreux prélats. Mais il serait hypocrite et coupable de condamner la pédophilie dans le sillage de la législation civile actuelle, sans condamner également la sodomie, que la pensée unique de ce temps ne considère pas comme pénalement pertinente mais que l’Église compte au nombre des péchés qui crient vengeance devant Dieu.

Mais il y a aussi un autre intérêt, de nature politique, qu’il ne faut pas sous-estimer le moins du monde…

Marco Tosatti : A quoi faites-vous référence ?

Mgr C.M. Viganò : Je parle du rôle politique de McCarrick, qui est également mentionné dans le dernier article de Church Militant : « C’est McCarrick qui a rédigé l’accord Vatican-Chine, une mission qui lui a été confiée personnellement par le pape François. François a suspendu les restrictions imposées par Benoît quelques semaines après être devenu pape – un fait confirmé par Mgr Viganò. De même, des sources chinoises […] montrent que McCarrick pourrait avoir joué un rôle déterminant par rapport à des milliards de dollars de paiements secrets en cours, envoyés par les communistes chinois au Vatican de François. Si cela est vrai (et cela semble plausible, étant donné les liens communistes de McCarrick et son amitié avec Pékin), cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi le rapport reste sur le bureau du Pape, sans être publié. »

Ces derniers jours, Christian Today a divulgué la nouvelle selon laquelle « la Chine a ordonné à des villageois chrétiens de renoncer à leur foi et d’adorer à la place les dirigeants du Parti communiste de la nation ».  Face à cette persécution des chrétiens – et des catholiques fidèles au Saint-Siège – par la dictature communiste, le silence de Santa Marta est littéralement assourdissant, comme il l’était il y a quelques jours lorsque, dans son message pour l’Angelus, Bergoglio a omis l’appel en faveur de Hong Kong qui avait été remis à la presse.  L’accord secret conclu entre le Saint-Siège et Pékin, dénoncé publiquement par le cardinal Zen, démontre la soumission de l’Église bergoglienne aux diktats de la dictature communiste, livrant la Hiérarchie locale à ses persécuteurs et gardant le silence sur les violations des droits de l’homme perpétrées par le régime.

Je me rappelle qu’au printemps 2014, j’ai écrit au secrétaire d’État Parolin pour lui demander si les mesures prises par Benoît XVI contre McCarrick étaient toujours valables ou non, suite à un article du Washington Times rapportant qu’il s’était rendu en République Centrafricaine au nom du département d’État américain. Le cardinal Parolin ne m’a jamais répondu, mais les nouvelles qui émergent ces jours-ci semblent aussi mettre en évidence ces aspects. La liberté de circulation accordée à McCarrick était bien connue, et il a lui-même écrit en 2012 : « J’étais à Doha la semaine dernière et je suis allé en Irlande… et ensuite… j’ai entamé l’un de mes plus longs voyages – Beyrouth, Jordanie, Égypte, Thaïlande, Myanmar, Cambodge et Hong Kong… avant de recommencer en Terre Sainte et au Belarus. » Et en 2014 : « Je pars pour la Chine le jeudi 27… Je suis sûr que le cardinal Parolin me recevra puisqu’il est impliqué dans mon voyage en Chine. »

Entre autres choses, la participation de la Compagnie de Jésus aux démarches diplomatiques du Vatican auprès de la dictature de Pékin – à commencer par l’édition spéciale en chinois de Civiltà Cattolica – confirme la volonté du Saint-Siège de cautionner la Chine, au moment même où se concrétisent les soupçons sur sa responsabilité dans la propagation du COVID pour déstabiliser l’équilibre géopolitique international. Le rôle d’Antonio Spadaro et d’autres jésuites – qui, tous, fréquentent assidûment l’université de Villanova – est emblématique et révèle le fil conducteur qui lie le progressisme doctrinal à la perversion morale et à la corruption politique. D’autre part, ces trois éléments – hérésie, sodomie, corruption – sont tellement récurrents qu’ils sont presque une marque de fabrique du deep state et de la deep church.

Puisque nous évoquons le deep state, il n’est pas surprenant que l’OMS soit complice de cette opération d’ingénierie sociale pour plaire à la Chine, ni que le président Trump ait décidé de révoquer les financements qu’elle a reçus jusqu’à présent. Ce qui est surprenant et scandaleux, c’est le silence complice du Vatican face à une sorte de coup d’État qui vise à faire de l’église bergoglienne le bras spirituel du Gouvernement Mondial, sous l’égide de la tyrannie communiste et avec la complicité des partis mondialistes. L’Italie, avec son gouvernement non élu, alors que la majorité se trouve dans une crise politique très grave, semble suivre le programme et ne semble pas vouloir revoir ses positions vis-à-vis de Pékin : les menaces continues d’un retour de l’urgence COVID et du confinement sont clairement instrumentalisées pour maintenir un pouvoir qui, en présence d’élections convoquées démocratiquement, ferait la preuve de sa propre inconsistance. Ce qui est certain, c’est qu’une opposition un peu plus incisive et moins alignée sur le discours dominant pourrait être perçue positivement tant par l’électorat que par les partenaires internationaux de l’Italie.

Marco Tosatti : Revenons sur la question des scandales au sein du clergé. Précisément le 19 février, deux jours avant le début de la réunion présidée par le cardinal Cupich, une lettre ouverte des cardinaux Raymond Burke et Walter Brandmüller aux présidents des conférences épiscopales était publiée : « Face à la dérive actuelle de l’Église, il semble que le problème se réduise à celui des abus commis sur des enfants, qui ne sont qu’un élément d’une crise beaucoup plus vaste. Le cléricalisme est désigné comme étant la cause d’abus sexuels, mais la première responsabilité du clergé ne réside pas dans les abus de pouvoir, mais dans le fait de s’être éloigné de la vérité de l’Évangile. Face à cette situation, les cardinaux et les évêques gardent le silence. Garderez-vous également le silence ? A la suite de nos Dubia, il n’y a pas eu de réponse du Pape ; nous vous encourageons à élever la voix pour sauvegarder l’intégrité de la doctrine de l’Église. Quel a été le résultat de l’appel de ces éminents prélats ?

Mgr C.M. Viganò : Les cardinaux Burke et Brandmüller, comme d’autres prélats, n’ont fait que réaffirmer de façon louable la doctrine catholique : ce qui est inouï, c’est que ce sont eux qui sont considérés comme « étranges » dans la structure ecclésiale, alors que la parole est donnée à des personnalités qui, en raison de leur présence, de leur « cautionnement » de l’agenda LGBT et dans certains cas aussi en raison des ombres qui pèsent sur leur conduite, devraient être retirées de l’Eglise et sévèrement censurées.

En avril 2019, Benoît XVI a publié un vigoureux discours dans Klerusblatt, repris ensuite en Italie par le Corriere della Sera ;  ce discours a été férocement critiqué par Marco Politi dans Il Fatto Quotidiano. Cet article était en fait destiné à la réunion de Rome par l’intermédiaire de la Secrétairerie d’État, mais il a été boycotté, ce qui confirme l’intervention de la « lavender mafia » pour empêcher le Saint-Père de faire connaître sa propre position sur le sujet aux évêques.

Marco Tosatti : Pouvez-vous nous rappeler en quoi consistait cette intervention de Benoît XVI ?

Mgr C.M. Viganò : Le point central de l’article de Ratzinger, celui qui a exaspéré les partisans de Bergoglio, était précisément la mise en évidence du lien entre homosexualité et pédophilie, ainsi que l’assouplissement de la morale à la suite du Concile, et la propagation du fléau des abus.

Fermant obstinément les yeux devant les preuves, le progressiste Politi écrivait : « Quel est le rapport entre l’abandon par l’Eglise d’une éthique basée sur la loi naturelle et la pédophilie ? Qu’est-ce que les changements dans la théologie morale catholique ont à voir avec cela, qu’est-ce que les bandes d’homosexuels dans les séminaires ont à voir avec cela, qu’est-ce que les films pornographiques ont à voir avec cela, qu’est-ce que la relativisation des valeurs et du jugement moral a à voir avec cela ? » Pourtant, il est évident que là où la formation des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse supprime la discipline et la vie intérieure, les vices et les péchés se multiplient et dégénèrent ensuite en crimes très graves contre les mineurs, mais pas seulement.

La cause de ce changement réside précisément dans « l’esprit du Concile », que Benoît XVI a seulement voulu mentionner, mais qui n’a pas manqué d’être aussitôt saisi par ceux qui ont vu le superdogme mis en cause : « Elle est vraiment grotesque [sic], la tentative de l’ancien pontife de mettre sur le compte de l’esprit “conciliaire” le garantisme extrême des procès ecclésiastiques, visant à la protection de l’accusé “au point d’exclure pratiquement – comme il est écrit dans l’essai – la condamnation du coupable”. Ce serait donc la faute des partisans du Concile, ou pour le dire plus simplement, celle des réformateurs, si le réseau des spécialistes de la dissimulation et des juristes madrés, qui ont essayé et essaient encore par tous les moyens d’empêcher le procès et la condamnation des clercs prédateurs, s’est toujours avéré si écrasant et puissant ?

Marco Tosatti : Pensez-vous que Marco Politi ait raison ?

Mgr C.M. Viganò : Je crois que la réponse à cette question rhétorique du vaticaniste Politi peut être affirmative, incontestablement : il existe une relation très étroite entre la crise doctrinale de l’Eglise et l’immoralité du clergé, qui atteint scandaleusement les plus hauts rangs de la Hiérarchie. Mais il est également évident que cette crise est utilisée par l’aile ultra-progressiste non seulement pour imposer une fausse morale accompagnée d’une fausse doctrine, mais aussi pour discréditer irrémédiablement la Sainte Église et la papauté devant les fidèles et le monde, par l’action de ses propres dirigeants.

Marco Tosatti : Ne pensez-vous pas qu’à la fin, le rapport que tout le monde attend sera publié ?

Mgr C.M. Viganò : S’il est possible de faire la lumière sur cette affaire, cela se fera malgré le Vatican : les intérêts en jeu sont énormes et touchent directement le sommet de l’Église, et pas seulement pour des questions de nature doctrinale, morale ou canonique, mais en raison des aspects politiques et diplomatiques qui ont vu le Saint-Siège faire l’objet d’un coup d’État avec la complicité de ceux qui auraient dû au contraire le défendre dans sa souveraineté et son indépendance. Ce qui avait échoué pendant le pontificat de Benoît XVI a été mené à terme après sa démission. Comment pouvons-nous espérer que ceux qui sont redevables, y compris de leur propre élection, à McCarrick – qui était l’un des principaux partisans de l’accord secret avec la Chine – puissent faire la lumière sur une série d’événements qui l’impliqueraient personnellement, démontrant la connivence avec la dictature chinoise contre les catholiques fidèles au Siège apostolique et peut-être aussi la responsabilité de ce régime dans la démission du pape Benoît ? Comment peut-on imaginer que les sombres événements de Saint-Gall aient été éclaircis alors que c’est précisément là que les conspirateurs ont organisé l’élection de Bergoglio ? Et comment croire que l’Église sera purifiée de la corruption et du vice de ses clercs et prélats, alors que ce sont eux qui ont pris le pouvoir et qui arrivent à être promus au plus haut niveau, dans un tissu de complicité entre hérétiques, traîtres et pervers ?

Ceux qui sont chargés d’enquêter sur les scandales sont fortement impliqués dans la nomination, la promotion et la protection des coupables : Bergoglio s’est entouré de personnages compromis, et par conséquent sujets au chantage, dont il n’a aucun scrupule à se débarrasser dès qu’ils risquent de compromettre son image médiatique.

N’oublions pas que la légitimation de l’homosexualité fait partie du programme du Nouvel Ordre Mondial – auquel l’église bergoglienne adhère ouvertement et inconditionnellement – non seulement en raison de sa valeur déstabilisatrice dans le corps social, mais aussi parce que la sodomie est le principal instrument avec lequel l’ennemi entend détruire le sacerdoce catholique, en corrompant les âmes des ministres de Dieu.

C’est pourquoi, du moins dans la mesure où cela semble possible, toute la vérité sur McCarrick ne sera jamais officiellement révélée.

Marco Tosatti : Comment pouvons-nous réagir face à cette corruption ?

Mgr C.M. Viganò : Ce qu’on ne peut désormais plus remettre à plus tard, c’est une action commune du bien – ceux que dans la Lettre ouverte au Président Trump j’ai appelés, en termes bibliques, « les enfants de la Lumière » – afin que la complicité et les crimes de ceux qui font la guerre au Bien pour établir le Nouvel Ordre Mondial soient mis en lumière. Dans cette opération de vérité et de transparence, le rôle des États-Unis peut être décisif, surtout lorsque ceux qui devraient et pourraient contribuer du côté du Vatican restent silencieux. Comme l’a dit le Seigneur : « Je vous le dis : s’ils se taisent, les pierres crieront. »

Mais il y a un aspect plus important, de nature spirituelle. Nous devons comprendre que la crise de l’Église a été provoquée par le fait d'avoir retiré sa couronne à son Roi, Notre Seigneur : il est nécessaire qu’Il revienne pour régner non seulement dans nos cœurs et dans nos familles, mais aussi dans la société civile et surtout dans l’Église. Oportet illum regnare. Et avec le Roi des rois, doit aussi régner Notre-Dame, Reine et Mère de l’Eglise, à qui celle-ci a désobéi en ne consacrant pas la Russie à son Cœur Immaculé. C’est mon souhait le plus sincère, auquel je demande à toutes les personnes de bonne volonté de s’unir.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
22 juillet 2020
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Message par Gilbert Chevalier le Mer 19 Aoû - 16:17

\"Benoît-et-moi", le 19 août 2020, a écrit:
SAUVONS nos ENFANTS de la DICTATURE SANITAIRE !

[Voici un texte magistrale de Mgr Viganò qui a écrit bien d'autres choses qui hélas n'ont pas été traduites en français sous prétexte certainement que le prélat critiquait trop Vatican II et les papes conciliaires. Eh oui, nous en sommes là : il n'y a pas que la dictature sanitaire !!!
On peut en trouver un résumé ici : Message à VicitLeo , Vatican II et la papauté sont devenus des chevaux de Troie , Vatican II a remplacé le Christ par une "tyrannie détestable" , Viganò rejette une citation de Ratzinger sur Vatican II & Viganò : François a transformé l'Église en esclave des seigneurs de ce monde]

Sauvons nos enfants de la dictature sanitaire et le monde, de la féroce tyrannie mondialiste. Un message incroyablement fort de Mgr Vigano, s’adressant à une association de parents catholiques. Enfin un pasteur qui ose élever la voix, même si son appel, vu le faible impact médiatique, risque malheureusement de rester « vox clamantis in deserto« . On n’est plus dans la controverse théologique sur le Concile, il s’adresse ici non seulement aux catholiques, mais à tous les hommes de bonne volonté. Certains lui reprocheront sans doute de sortir de son domaine de compétence, mais si l’on met de côté le ton (excessivement?) politique et polémique, on perçoit par moments des accents ratzingériens – quand le préfet de la CDF d’alors affirmait que « rien de ce qui concerne l’homme n’est étranger à un pasteur« .

(Ap 13, 16-17) a écrit: « [La Bête] fit en sorte que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur la main droite et sur le front ; et que personne ne puisse acheter ou vendre sans une telle marque » (1) .
*


LETTRE aux MÈRES

« Sauvons nos enfants de la dictature sanitaire !
Sauvons l’Italie de la tyrannie mondialiste ! »

Mgr Carlo Maria Viganò a écrit cette lettre en réponse à une association de parents qui, le 5 septembre prochain, lancera à Rome une initiative pour protéger la santé physique, morale et spirituelle de leurs enfants « contre la dictature sanitaire, financière et judiciaire ».


L'AFFAIRE VIGANO - Page 6 Vigano-19-8-20

La manifestation que vous promouvez entend recueillir le désaccord des citoyens et en particulier des parents face aux règles que le gouvernement, abusant de son pouvoir, s’apprête à édicter en vue de la nouvelle année scolaire ; des règles qui auront de graves répercussions sur la santé et l’équilibre psychophysique des élèves, comme l’ont justement souligné des experts faisant autorité.

Il convient avant tout de dénoncer la tentative systématique de démolition de la famille,
cellule de la société, avec la prolifération d’attaques féroces non seulement contre l’union conjugale que le Christ a élevée à un Sacrement, mais aussi contre son essence même, à savoir le fait que le mariage est par nature constitué d’un homme et d’une femme, dans un lien indissoluble de fidélité et d’assistance mutuelle. La présence d’un père et d’une mère est fondamentale pour la croissance des enfants, qui ont besoin d’une figure masculine et féminine comme référence pour leur développement intégral et harmonieux ; les enfants, dans la phase très délicate de leur enfance et de leur adolescence, ne peuvent pas non plus être utilisés pour des revendications idéologiques partisanes, avec de graves dommages pour leur équilibre psychophysique, par ceux qui rejettent la notion même de nature avec leur propre comportement rebelle. Vous pouvez facilement comprendre l’impact de la destruction de la famille sur le consortium civil : nous avons tous sous les yeux les résultats de décennies de politiques malheureuses qui conduisent inévitablement à la dissolution de la société.

Ces politiques, inspirées par des principes qui répugnent autant à la Loi de la nature inscrite par le Créateur dans l’homme qu’à la Loi positive que Dieu lui a donnée dans les Commandements, vont jusqu’à permettre que les enfants soient mis à la merci du caprice des individus, et que le caractère sacré de la vie et de la conception soit même objet de commerce, humiliant la maternité et la dignité des femmes. Les enfants ne peuvent être commandés à des « femelles reproductrices » (fattrice) contre rémunération, car ils sont le fruit d’un amour que la Providence a établi comme devant toujours et en toutes circonstances rester dans l’ordre naturel.

Les parents sont responsables, comme droit primaire et inaliénable, de l’éducation de leur progéniture : l’État ne peut s’arroger ce droit, encore moins corrompre leurs enfants et les endoctriner aux principes pervers si répandus aujourd’hui. N’oubliez pas, chères Mamans, que ceci est la marque des régimes totalitaires, et non d’une nation civile et chrétienne. Il est de votre devoir d’élever la voix pour que ces tentatives de vous priver de l’éducation de vos enfants soient dénoncées et rejetées avec force, car vous ne pourrez pas faire grand-chose pour eux lorsque votre foi, vos idées et votre culture seront jugées incompatibles avec celles d’un État impie et matérialiste. Et il ne s’agit pas seulement d’imposer un vaccin à vos enfants et à vos jeunes, mais de les corrompre dans l’âme avec des doctrines perverses, avec l’idéologie du genre, avec l’acceptation du vice et la pratique d’un comportement de péché. Aucune loi ne peut jamais légitimement faire de l’affirmation de la vérité un crime, car l’autorité ultime vient de Dieu, qui est la Vérité suprême elle-même. A l’oppression des tyrans a répondu le témoignage héroïque des Martyrs et des Saints : soyez aujourd’hui encore, avec courage, les témoins du Christ contre un monde qui voudrait nous soumettre aux forces déchaînées de l’enfer !

Un autre aspect crucial de ce combat pour la famille est la défense de la vie, de la conception à la mort naturelle.
Le crime de l’avortement, qui a fait des millions de victimes innocentes et qui crie vengeance au ciel, est considéré aujourd’hui comme une prestation de soins de santé normale, et c’est justement ces jours-ci que le gouvernement [italien] a autorisé l’utilisation plus étendue de la pilule abortive, encourageant ainsi un crime abominable et passant sous silence les terribles conséquences sur la santé psychophysique de la mère. Si vous pensez que durant le confinement, tous les traitements pour les malades ont été suspendus, mais que les avortements ont continué à être pratiqués, vous comprenez bien quelles sont les priorités de ceux qui nous gouvernent : la culture de mort ! Quel progrès peut-on invoquer lorsque la société tue ses propres enfants, lorsque la maternité est horriblement violée au nom d’un choix qui ne peut être libre, puisqu’il implique une vie innocente et viole un Commandement de Dieu ? Quelle prospérité notre Patrie peut-elle espérer, quelles bénédictions de Dieu, si des sacrifices humains sont faits dans ses cliniques comme aux temps de la barbarie la plus sanglante ?

L’idée que les enfants sont la propriété de l’État répugne à toute personne humaine.
Dans l’ordre social chrétien, l’autorité civile exerce son pouvoir pour garantir aux citoyens le bien-être naturel qui est ordonné au bien spirituel. Le bien commun poursuivi par l’État dans les choses temporelles a donc un objet bien défini qui ne peut et ne doit pas être en conflit avec la loi de Dieu, législateur suprême. Chaque fois que l’État doit enfreindre cette loi éternelle et immuable, son autorité disparaît et les citoyens doivent refuser de lui obéir. Cela vaut certainement pour l’odieuse loi sur l’avortement, mais cela doit aussi s’appliquer à d’autres cas, où l’abus d’autorité consiste à imposer des vaccins dont la dangerosité est inconnue ou qui, par leur composition même, devraient entraîner des problèmes éthiques. Je pense, par exemple, aux cas où un vaccin contient du matériel fœtal provenant d’enfants avortés.

Mais il y a aussi d’autres aspects inquiétants, aujourd’hui proposés, qui concernent non seulement les contenus de l’éducation, mais aussi la manière de participer aux leçons : la distanciation sociale, l’utilisation de masques et d’autres formes de prévention présumée de l’infection dans les classes et les environnements scolaires impliquent de graves dommages à l’équilibre psychophysique des enfants et des jeunes, compromettant la capacité d’apprendre, les relations interpersonnelles entre les élèves et les enseignants, et les réduisant à des automates à qui l’on ordonne non seulement quoi penser, mais aussi comment bouger et respirer. Il semble qu’on ait perdu la notion même de bon sens qui devrait encadrer des choix lourds de conséquences dans la vie sociale et paraissent être un prélude à un monde inhumain dans lequel les parents se voient retirer leurs enfants lorsqu’ils sont considérés comme positifs pour un virus de grippe, avec des protocoles de traitement sanitaire obligatoires appliqués dans les dictatures les plus féroces.

On est également très perplexe en apprenant qu’à la présidence de la Commission européenne pour la santé de et le développement, l’OMS a choisi Mario Monti, qui s’est distingué pour les mesures draconiennes prises à l’encontre de l’Italie, parmi lesquelles il ne faut pas oublier la réduction drastique du financement public des hôpitaux. Ces perplexités sont confirmées par le fait qu’il appartient à des organismes supranationaux tels que la Commission trilatérale et le Club Bilderberg, dont les objectifs contrastent fortement avec les valeurs inaliénables protégées par la Constitution elle-même, valeurs qui obligent le gouvernement. Ce mélange d’intérêts privés dans les affaires publiques, inspiré par les diktats de la pensée maçonnique et mondialiste, doit faire l’objet d’une vigoureuse dénonciation par les représentants des citoyens, et par ceux qui voient leurs pouvoirs légitimes usurpés par une élite qui n’a jamais fait mystère de ses intentions.

Nous ne devons pas perdre de vue un élément fondamental : la poursuite d’objectifs pervers idéologiquement orientés s’accompagne invariablement, comme une voie parallèle, d’un intérêt économique. Il est facile de convenir qu’il n’y a pas de profit dans le don volontaire du cordon ombilical, tout comme il n’y a pas de profit dans le don de plasma hyperimmune pour le traitement du Covid ; par contre, il est extrêmement lucratif pour les cliniques pratiquant l’avortement de fournir du tissu fœtal et pour les entreprises pharmaceutiques de produire des anticorps monoclonaux ou du plasma artificiel. Il n’est donc pas surprenant que, dans une logique de simple profit, les solutions les plus raisonnables et les plus durables d’un point de vue éthique fassent l’objet d’une campagne délibérée de discrédit : nous avons entendu des experts autoproclamés promouvoir des traitements proposés par des sociétés dans lesquelles ils détiennent eux-mêmes – en conflit d’intérêts évident – des parts ou dans lesquelles ils sont des consultants bien rémunérés.

Cela dit, il est nécessaire de comprendre si la solution des vaccins représente toujours la réponse sanitaire appropriée à un virus : dans le cas du Covid, par exemple, de nombreux membres de la communauté scientifique conviennent qu’il est plus utile de développer une immunité naturelle, plutôt que d’inoculer le virus dépotentialisé. Mais même dans ce cas, comme nous le savons, l' »immunité de troupeau » est obtenue gratuitement, alors que les campagnes de vaccination impliquent d’énormes investissements et garantissent des gains tout aussi substantiels à ceux qui les brevettent et les produisent. Et il faudrait également examiner – mais les experts pourront certainement s’exprimer de manière plus compétente à ce sujet – s’il est possible de produire un vaccin pour un virus qui ne semble pas encore avoir été isolé selon les protocoles de la médecine basée sur la science ; et quelles pourraient être les conséquences de l’utilisation de vaccins génétiquement modifiés de nouvelle génération.

La Santé Mondiale, avec le rôle pilote de l’OMS, est devenue une véritable multinationale dont le but est le profit de ses actionnaires (compagnies pharmaceutiques et fondations dites philanthropiques) et un moyen de poursuivre la transformation des citoyens en malades chroniques. Et c’est clair : les entreprises pharmaceutiques veulent gagner de l’argent en vendant des médicaments et des vaccins ; si éliminer les maladies et produire médicaments efficaces entraînent une réduction du nombre de patients et donc des profits, il sera d’autant plus logique d’attendre des médicaments qu’ils soient inefficaces et des vaccins qu’ils soient un moyen de propager la maladie plutôt que de l’éradiquer. C’est effectivement ce qui se passe. Comment peut-on penser que la recherche de remèdes et de thérapies est encouragée si ceux qui la financent gagnent des somme d’argent disproportionnée précisément à cause de la persistance des maladies ?

Il peut sembler difficile de se persuader que ceux qui sont censés garantir la santé veulent plutôt assurer la poursuite des maladies: un tel cynisme répugne – et à juste titre – à ceux qui sont étrangers à la mentalité qui s’est instaurée dans le domaine des soins de santé. C’est pourtant ce qui se passe sous nos yeux, et cela concerne non seulement l’urgence Covid et les vaccins – en particulier les vaccins antigrippaux, qui ont été largement utilisés en 2019 dans les régions mêmes où Covid a fait le plus grand nombre de victimes – mais aussi tous les soins et traitements, l’accouchement et l’assistance aux malades. Un tel cynisme, qui répugne au code d’éthique, en vient à voir en chacun de nous une source de revenus, alors qu’il devrait voir en chaque patient le visage du Christ souffrant.

Nous lançons donc un appel aux nombreux, innombrables médecins catholiques de bonne volonté, afin qu’ils ne trahissent pas le serment d’Hippocrate et le cœur même de leur profession, qui est faite de miséricorde et de compassion, d’amour pour ceux qui souffrent, d’aide désintéressée aux plus faibles, en se souvenant des paroles de Notre Seigneur : « Chaque fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites ». (Mt 25, 40).

L’Église catholique, surtout au cours des dernières décennies, a pu intervenir avec autorité dans ce débat, grâce aussi à l’Académie pontificale pour la vie fondée par Jean-Paul II. Ses membres, jusqu’à il y a quelques années, donnaient des indications de nature médico-scientifique qui n’entrent pas en conflit avec les principes moraux inviolables pour tout catholique.

Mais tout comme dans la société civile nous avons assisté à une perte progressive de responsabilité des individus et des dirigeants dans les différents domaines de la vie publique, y compris les soins de santé, de même dans l' »église de la miséricorde » née en 2013 l’engagement des Dicastères pontificaux et de l’Académie pour la vie a été adapté à une vision liquide, je dirais perverse car elle nie la vérité, qui épouse les instances de l’environnementalisme, avec de lourdes connotations de malthusianisme. La lutte contre l’avortement, qui s’oppose à la dénatalité poursuivie par le Nouvel Ordre Mondial, n’est plus une priorité pour de nombreux Pasteurs. Lors des manifestations pro-vie – comme celles qui ont eu lieu à Rome ces dernières années – le silence et l’absence du Saint-Siège et de la Hiérarchie ont été honteux !

Bien sûr, les principes moraux sur lesquels reposent les normes à adopter dans le domaine médical restent toujours valables, et il ne pourrait en être autrement. L’Église est la gardienne de l’enseignement du Christ et n’a pas le pouvoir de le modifier ou de l’adapter à sa guise. Cependant, il reste déconcertant de constater le silence de Rome, qui semble se préoccuper davantage des méthodes de collecte sélective – au point d’écrire une encyclique – que de la vie des enfants à naître, de la santé des plus faibles ou des soins aux malades en phase terminale. Ce n’est qu’un aspect d’un problème beaucoup plus vaste, d’une crise beaucoup plus grave, qui, comme je l’ai dit à maintes reprises, revient au moment où la partie déviante de l’Église, avec à sa tête ce qui était autrefois la Compagnie de Jésus, a pris le pouvoir et s’est rendue esclave de la mentalité du monde.

Compte tenu de la nouvelle orientation de l’Académie pontificale pour la vie (dont la présidence a été confiée à un personnage bien connu de tous pour avoir donné le meilleur de lui-même lorsqu’il était évêque de Terni), on ne peut s’attendre à aucune condamnation contre ceux qui utilisent des tissus fœtaux provenant d’enfants avortés volontairement. En effet, ses membres attendent la vaccination de masse et la fraternité universelle du Nouvel Ordre Mondial, contredisant de précédentes déclarations de la même Académie Pontificale. Sur cette vague d’anomalie s’est insérée ces jours-ci la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles: d’un côté, elle a reconnu que « l’Église est opposée à la production de vaccins utilisant des tissus provenant de fœtus avortés, et le malaise que ressentent de nombreux catholiques face au choix de ne pas vacciner leur enfant ou de paraître complices d’avortement », mais elle a ensuite déclaré, en grave contradiction avec les principes irréformables dictés par la morale catholique, que « l’Église enseigne que l’importance fondamentale de la santé d’un enfant et d’autres personnes vulnérables pourrait permettre aux parents d’utiliser un vaccin qui a été développé dans le passé à l’aide de ces lignées cellulaires diploïdes ». Cette déclaration est dépourvue de toute autorité doctrinale et est plutôt conforme à l’idéologie dominante promue par l’OMS, son principal parrain Bill Gates et les sociétés pharmaceutiques.

Du point de vue moral, pour tout catholique qui souhaite rester fidèle à son Baptême, il est absolument inadmissible d’accepter une vaccination qui utilise des matériaux provenant de fœtus humains dans le processus de production : cela a également été rappelé avec autorité par l’évêque américain Joseph E. Strickland dans sa Lettre Pastorale du 27 avril dernier et dans son tweet du 1er août dernier

Nous devons donc prier le Seigneur de donner une voix aux Pasteurs, afin de créer un front uni qui s’oppose à la puissance écrasante de l’élite mondialiste qui voudrait nous assujettir tous. Et il faut rappeler que si les entreprises pharmaceutiques s’engagent sur la seule voie de l’intérêt économique, la voie idéologique est suivie par des gens qui, avec le vaccin, voudraient également implanter des dispositifs permettant d’identifier les personnes ; et que ces nanotechnologies – je fais référence au projet ID2020, aux quantum dots et autres du même type – sont brevetées par les mêmes personnes qui ont breveté à la fois les virus et leur vaccin. En outre, un projet de crypto-connaissance a été breveté pour permettre non seulement l’identification sanitaire, mais aussi l’identification personnelle et bancaire, dans un délire de toute-puissance qui, jusqu’à hier, pouvait être écarté comme un délire complotiste, mais qui, aujourd’hui, a déjà commencé dans certains pays, dont, par exemple, la Suède et l’Allemagne. Nous voyons les paroles de Saint Jean se matérialiser sous nos yeux : « Il fit en sorte que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur la main droite et sur le front ; et que personne ne puisse acheter ou vendre sans une telle marque » (Ap 13, 16-17).

Vu la gravité de la situation, nous devons également nous prononcer sur ces aspects : nous ne pouvons pas rester silencieux si l’autorité publique devait rendre obligatoires des vaccins qui posent de graves problèmes éthiques ou moraux ou qui, plus prosaïquement, ne garantissent pas l’obtention des effets escomptés et se contentent de promettre des bénéfices qui, d’un point de vue scientifique, sont absolument discutables. Que les Pasteurs de l’Église élèvent enfin la voix pour défendre, dans cette attaque systématique contre Dieu et l’homme, le troupeau qui leur a été confié !

N’oubliez pas, chères Mamans, qu’il s’agit d‘un combat spirituel – voire d’une guerre – dans lequel des pouvoirs que personne n’a jamais élus et qui n’ont d’autre autorité que celle de la force et de l’imposition violente de leur propre volonté, tentent de démolir tout ce qui évoque, même de loin, la Paternité divine de Dieu sur ses enfants, la Royauté du Christ sur les sociétés et la Maternité virginale de Marie Très Sainte. C’est pourquoi ils détestent mentionner les mots père et mère ; c’est pourquoi ils veulent une société irréligieuse et rebelle qui se rebelle contre la Loi de Dieu ; c’est pourquoi ils promeuvent le vice et détestent la vertu. C’est pourquoi ils veulent corrompre les enfants et les jeunes, s’assurant des armées d’esclaves obéissants pour un avenir proche dans lequel le nom de Dieu est annulé et le sacrifice rédempteur de son Fils sur la Croix est blasphémé ; une Croix qu’ils veulent bannir, parce qu’elle rappelle à l’homme que le but de sa vie est la gloire de Dieu, l’obéissance à ses Commandements et l’exercice de la charité fraternelle : non pas le plaisir, non pas l’exaltation de soi, non pas la domination arrogante des faibles.

L’innocence des enfants et leur recours confiant à la Très Sainte Marie, la Mère du Ciel, peuvent vraiment sauver le monde : c’est pourquoi l’Ennemi vise à les corrompre, à les éloigner du Seigneur et à insinuer en eux la semence du mal et du péché.

Chères Mamans, ne manquez jamais à votre devoir de protéger vos enfants non seulement dans l’ordre matériel, mais aussi dans l’ordre spirituel, qui est bien plus important. Cultivez en eux la vie de la Grâce, avec une prière constante, surtout par la récitation du Saint Rosaire ; avec la pénitence et le jeûne ; avec la pratique des œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles ; avec la fréquence assidue et dévouée des Sacrements et de la Sainte Messe. Nourrissez-les avec le Pain des Anges, véritable nourriture pour la vie éternelle et défendue contre les assauts du Malin. Demain, ils seront d’honnêtes citoyens, des parents responsables et des protagonistes de la restauration de la société chrétienne que le monde voudrait effacer. Et prier aussi, car la prière est une arme redoutable, un véritable vaccin infaillible contre la dictature perverse qui va nous être imposée.

L’occasion m’est donnée de vous assurer de ma prière et de vous donner ma bénédiction à tous : à vous, chères Mamans et à vos enfants, et à tous ceux qui se battent pour sauver nos enfants et chacun d’entre nous de cette féroce tyrannie mondialiste qui s’abat sur notre Italie bien-aimée.

Carlo Maria Vigano


- - - - -

(1) Note additive de traduction :



16 À tous, petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, elle fait mettre une marque sur la main droite ou sur le front,
.
17 afin que personne ne puisse acheter ou vendre, s’il ne porte cette marque-là : le nom de la Bête ou le chiffre de son nom.
.
18 C’est ici qu’on reconnaît la sagesse. Celui qui a l’intelligence, qu’il se mette à calculer le chiffre de la Bête, car c’est un chiffre d’homme, et ce chiffre est six cent soixante-six.
*
https://www.aelf.org/bible/Ap/13

Source : http://www.benoit-et-moi.fr/2020/2020/08/19/sauvons-nos-enfants-de-la-dictature-sanitaire/
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