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News au 21 juin 2020

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Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Juin - 10:05

Gilbert Chevalier
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Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Juin - 10:11



Dernière édition par Gilbert Chevalier le Dim 21 Juin - 11:52, édité 1 fois
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Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Juin - 10:20

- 1 -
« Malgré le joyeux communiqué de presse de Moderna cette semaine, les résultats des essais cliniques pour son vaccin révolutionnaire contre le Covid-19 ne pourraient être pires. »

« Le vaccin, développé et défendu par Anthony Fauci et financé par Bill Gates, utilise une technologie expérimentale d'ARNm... »

« Trois des quinze cobayes humains du groupe ayant reçu une forte dose (250 mcg) ont subi un grave effet indésirable dans les 43 jours suivant l'injection effectuée par Moderna. Moderna... qui a reconnu que trois volontaires ont développé des événements systémiques de grade 3 définis par la FDA comme empêchant l'activité quotidienne et nécessitant une intervention médicale. »

« Moderna n'a permis qu'à des volontaires exceptionnellement en bonne santé de participer à l'étude. Un vaccin présentant ces taux de réaction pourrait causer des blessures graves à 1,5 milliard d'êtres humains s'il était administré à chaque personne sur Terre. »

~ Robert F Kennedy, Jr., Children's Health Defense, 22 mai 2020, « La catastrophe des essais vaccinaux : le vaccin Moderna a un taux de 20 % de graves lésions dans le groupe qui a reçu des doses élevées ».

Mais qui s'en soucie, n'est-ce pas ? Ce qui compte c'est d'y aller à toute vapeur.

News au 21 juin 2020 Vaccin_sante_medicament_corona

J'ai démontré dans de nombreux articles au fil des années l'inutilité des vaccins qui sont destructeurs et inefficaces. Cet article porte sur un autre sujet : la manière dont est élaborée par ses planificateurs le « plan d'injection » dans le corps de la population mondiale d'un vaccin contre le Covid-19. Ces concepteurs ne sont pas complètement stupides, vous savez. Ils sont conscients des difficultés auxquelles ils vont devoir faire face. Ils savent que beaucoup de gens diront NON.

Considérez leur plan comme une opération des services de renseignement. Leurs architectes engagent de nombreuses discussions ; ils établissent des prédictions ; ils envisagent des options.

« Que se passera-t-il si nous rendons le vaccin obligatoire pour tout le monde ? »

En dehors de problèmes logistiques impressionnants, « obligatoire pour tous » signifie que les planificateurs n'ont aucune marge de manœuvre. Il devient difficile de faire des ajustements face à l'opposition du public. Ils ont dès le départ joué leur carte maîtresse.

Il est bien sûr possible d'appliquer des règles strictes. Faites appel à l'armée. Faites du porte à porte. Pendant des années. Essayez de traquer tous ceux qui refusent, plaquez-les au sol et abattez-les. État policier manifeste.

« Ça pourrait être un mauvais scénario. Nos tactiques inciteraient en fait plus de résistance et de rébellion. »

Essayer de faire passer huit milliards de personnes par un seul chemin pour une injection dans le bras présente de sérieux inconvénients. Il ne s'agit pas d'un thriller de science-fiction à petit budget diffusé sur grand écran. Le gouvernement ne se contente pas de claquer des doigts et de vacciner 320 millions de personnes aux États-Unis.

Ils pourraient — à l'autre bout du spectre — proposer une légère suggestion incitant tout le monde à se faire vacciner contre le Covid-19.

« C'est un raté. Toute notre propagande et nos préparatifs sont perdus. On a l'air de mauviettes. Les gens ne vont pas s'aligner comme des robots sur la base d'une simple suggestion. Ils vont penser que la pandémie n'est plus si grave que ça. Ce sera comme le vaccin contre la grippe. Beaucoup de gens accepteront, et beaucoup d'autres pas. Pas bon. »

À quoi pourrait ressembler un scénario intermédiaire ? À quelque chose qui se situe précisément entre les deux.

Les conditions

Définir les CONDITIONS dans lesquelles la vaccination est obligatoire. Insistez sur ces conditions, tout en encourageant fortement toutes les personnes à se faire vacciner. Mener une propagande continue à la télévision. Répandre la honte, cibler et dénoncer les personnes qui refusent de se faire vacciner. Colporter les habituelles histoires absurdes sur les personnes qui n'ont pas été vaccinées et qui sont mortes, ou qui ont transmis le virus à d'autres personnes qui en sont mortes.

« Si la recherche des contacts révèle qu'une personne a été en contact étroit avec une autre atteinte du Covid-19, elle doit — afin de protéger le public — être vaccinée. Une personne de plus de 65 ans qui a souffert d'une ou plusieurs maladies majeures doit être — par précaution — vaccinée. Tous les employés des hôpitaux et des maisons de retraite doivent être vaccinés. Les voyageurs qui reviennent des endroits suivants doivent être vaccinés avant d'entrer dans le pays... »

Même ici, il y aura des problèmes. Trop de conditions et la situation devient trop complexe. Le public ne peut pas se souvenir de toutes les lois. Pourtant, « nous devons faire en sorte que ça marche. »

Les conditions plus l'ÉDUCATION — cela pourrait constituer un duo gagnant. Par exemple, demandez l'aide des employeurs et des entreprises. Offrez des récompenses gouvernementales en fonction du taux de vaccination des employés. Demandez aux employeurs d'établir leurs propres règles strictes en matière de vaccination de leurs employés. Encouragez-les fortement.

« Alors, Bob, vous travaillez pour nous depuis vingt ans. Vous êtes un employé apprécié. Je vois que vous n'avez pas accepté de vous faire vacciner contre le Covid. À la cantine mardi dernier, vous avez parlé à Susie du Département comptable des dangers possibles du vaccin. Bob, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre ce genre de choses. Maintenant, je comprends vos questionnements sur le vaccin. Il y a toujours des questions. Vous avez un choix à faire. C'est un pays libre. Vous pouvez vous faire vacciner, ou nous pouvons ne pas vous employer... »

Contrairement à la plupart de ses collègues qui optent avec empressement pour l'injection, ou s'y plient à la première menace à peine voilée, Bob s'en tient à ses convictions. Il quitte son emploi. Maintenant, tous ses amis savent qu'il a sacrifié un très bon salaire et la sécurité de sa famille pour quelques principes bizarres. « Bob est un enfant de salaud. Comment a-t-il pu faire ça à Kathy et aux enfants ? Ignorez Bob. Ne lui parlez pas... »

L'éducation

« Bon sang, je pense que Bob avait le droit de refuser le vaccin. Mais si nous lui parlons, que vont dire nos amis ? Nous aimons Bob, mais nous ne pouvons pas prendre le risque... »

« Ici à XXX Corp, tous nos employés acceptent fièrement l'injection vaccinale. Nous voulons que la communauté sache que nous sommes des leaders en matière de respect des règles. Nous soutenons le gouverneur Gargouille et son équipe d'experts en santé publique. Notre nouvelle application de traçage des contacts a intégré des signaux vous indiquant quand vous êtes en danger dans certains quartiers. Visitez notre page Facebook pour en savoir plus. »

« Bonjour, je suis le Dr Julius Meng du CDC. Je veux vous parler d'un homme qui s'appelle Carl. Il a refusé le vaccin, toute les employés de l'usine ont été infectés et nous avons dû fermer la société. En ce moment, Carl est sous respirateur artificiel et se bat pour sa vie dans un hôpital... ne soyez pas un Carl... »

Évitez comme la peste les ignobles réfractaires

« Saviez-vous que vous pouvez signaler certaines personnes qui refusent résolument le vaccin ? Nous ne pouvons pas les vacciner de force [pas encore], mais nous pouvons, si nécessaire, les isoler et protéger la communauté. Rendez-vous sur notre page Facebook et découvrez qui vous pouvez dénoncer et pourquoi... »

« Ici, à YYY Corp, nous sommes 32 000 à vouloir saluer les personnes qui, à travers la Nation, tracent les contacts des autres et travaillent à notre sécurité à tous. Nous savons que vous êtes là pour nous protéger 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est pourquoi nous avons décidé de réduire vos primes d'assurance de 15 % pour les six prochains mois, en guise de remerciement. Souvenez-vous, en Amérique, le traçage mène à la vaccination, et c'est ce dont nous avons tous besoin : l'immunité contre le virus... »

« À la Une de notre édition du soir, le CDC a repéré trois zones de l'Utah où le refus du vaccin a augmenté ces dernières semaines. Selon certaines estimations, il pourrait atteindre 10 %. Une église dissidente et son pasteur ont été accusés de répandre des théories conspirationnistes. Conformément aux conditions fédérales dans lesquelles le vaccin Covid peut être obligatoire, l'une de ces zones a été désignée comme point chaud. Des contrôles frontaliers locaux ont été mis en place. Deux cliniques sont prêtes à recevoir les personnes qui ont refusé le vaccin et qui sont placées en détention. Nous nous rendons maintenant en direct du service réanimation de l'hôpital de Buchen... »

L'éducation et les conditions

Dénoncer les réfractaires ?

« À Houston, un groupe qui se fait appeler Vérité Covid a divulgué un fichier médical listant des résidents locaux qui ont jusqu'à présent refusé de se faire vacciner. Grâce à des messages sur Facebook, 90 noms ont été dévoilés. Bien sûr, la confidentialité des données médicales est un problème, mais la majorité des citoyens locaux semblent se ranger du côté de Vérité Covid... »

« Horreur. La rumeur dit qu'un évêque catholique de Chicago est prêt à exercer les anciennes lois d'excommunication pour tout membre de ses ouailles qui encourage activement le refus du vaccin Covid... »

L'éducation, les conditions et les mandats locaux

Un gouverneur d'État décide que tout nouvelle demande de licence pour un restaurant doit présenter le certificat d'immunité obtenu après vaccination de son requérant. Tous les travailleurs en hôtellerie doivent se faire vacciner. Les enseignants doivent être vaccinés. État par État, pièce par pièce, l'ossature prend forme. Cela ressemble à de l'improvisation (c'est normal), mais les responsables de la santé publique des États exécutent des ordres confidentiels du CDC fédéral pour conseiller les gouverneurs et s'appuyer sur eux de manière spécifique.

« Aujourd'hui, trois États de l'Est ont conclu un accord limitant les déplacements inter-étatiques, en déployant une vaste série de postes de contrôle routiers, où les agents peuvent exiger des certificats d'immunité... »

« Deux grandes compagnies aériennes n'accepteront des passagers pour des vols hors de l'État qu'après présentation de preuves de vaccination... »

« Le gouverneur de l'Alabama a jusqu'à présent résisté à tous les efforts visant à rendre la vaccination Covid obligatoire en toutes circonstances pour les résidents de l'État. Cependant, deux grands distributeurs de viande ont décidé de ne pas expédier de viande de bœuf ou de porc en Alabama... »

L'éducation, les conditions, les mandats locaux et les boycotts

Bien sûr, certains planificateurs voudront néanmoins un arrêté fédéral rendant le vaccin obligatoire pour TOUS. Ils veulent, avant tout, un État policier. Ils feront tout leur possible pour concocter, falsifier et gonfler le nombre de cas et de décès afin d'atteindre leur objectif. Bill Gates et ses subordonnés veulent absolument falsifier les données statistiques. Une seule raison à cela ? Lorsque les « effets indésirables » du vaccin commenceront à s'accumuler, ils devront étiqueter cette horrible épave humaine comme faisant partie des « cas causés par le virus épidémique du Covid. »

Le président des États-Unis, quel qu'il soit, dira :

« Nous surveillons attentivement les rapports et les mises à jour concernant le succès du vaccin et les nouveaux cas de coronavirus. Jusqu'à présent, nous ne voyons aucune raison d'émettre un décret fédéral d'urgence rendant le vaccin obligatoire pour tous. Nous espérons que cela ne changera pas dans les semaines et les mois à venir. La recherche des contacts et les tests sont absolument nécessaires... »

Le message sous-jacent est clair : si vous voulez avoir le droit de refuser l'injection, coopérez complètement à la recherche des contacts et faites-vous dépister... et ensuite nous verrons.

Plus d'éducation, de témoignages, de sensationnalisme, de célébrités

« Ce soir, la ville de New York est en ébullition avec l'histoire de l'ancien présentateur météo, Fred Smith. Populaire depuis de nombreuses années sur plusieurs chaînes locales, Fred a quitté son dernier emploi il y a un mois, après avoir refusé de se faire vacciner contre le Covid. Son divorce a fait la Une des journaux à scandales. Il s'est ensuite avéré que Fred avait également refusé de se faire dépister. C'en était trop pour ses deux enfants adultes. Ils ont fait des déclarations publiques pour prendre leurs distances par rapport à leur père. Son fils Ben a déclaré : « Je pouvais à peine comprendre pourquoi papa ne voulait pas se faire vacciner. Mais quand j'ai découvert qu'il ne voulait même pas se faire dépister, je n'y comprenais absolument plus rien. Je ne voulais plus lui parler. J'avais honte, j'étais dévasté ». Ce soir, nous avons appris que Fred a disparu. La police est à sa recherche. Il est peut-être encore en ville, mais personne n'est sûr de rien. De figure aimée à paria, Fred Smith... une tragédie... »

Le groupe de travail sur le coronavirus, composé de personnes du CDC, de l'OMS, de la NSA, du FBI et d'autres agences, continue de faire pression. Ce groupe présente une nouvelle série de chiffres au président. Celui-ci tient une conférence de presse :

« Franchement, ça me peine de dire ça, mais nous devons instituer un confinement dans deux villes. Dayton, dans l'Ohio, et Boulder, dans le Colorado, montrent une nouvelle vague de cas de Covid. Après consultation des gouverneurs de ces États, la vaccination obligatoire est en vigueur dans ces villes pour cinq groupes définis de résidents. Les gouverneurs publieront les détails demain... »

Dans un talk show de la télévision nationale :

« Alors, Jim, tout d'abord, merci pour votre service. Vous travaillez comme traceur de contacts depuis un an. Pouvez-vous nous dire en quoi cela consiste ? »

« Bien sûr, Bill. En gros, je fais du porte-à-porte et j'interroge des personnes qui ont été en contact avec des personnes infectées par le virus. Je les informe. Je leur dis qu'elles sont en danger. Je cherche à déterminer si elles ont des symptômes. Beaucoup d'entre elles sont surprises d'apprendre qu'il pourrait y avoir un problème. Mais j'ai aussi fait un nouveau stage de formation. Je peux non seulement tester ces personnes, mais je peux aussi les vacciner. »

« C'est vraiment génial, Jim. »

« Je sais. Je suis maintenant devenu un guichet unique. Vous voyez, j'avais perdu mon emploi pendant les confinements de 2020. Ma famille était au bord du gouffre. Mais quand j'ai vu l'annonce pour les traceurs, j'ai sauté sur l'occasion. Au début, je pensais à m'engager dans l'armée. Mais pour moi, ça, c'était encore mieux. Je pouvais travailler dans ma communauté... »

« Je vois que les universités inscrivent maintenant des étudiants pour qu'ils deviennent des traceurs de contacts. »

« Et comment. En grand nombre. Et des vaccinateurs aussi. Ces jeunes sont remarquables. Ils veulent servir. Je veux dire, l'éducation est une chose formidable, mais l'alternance travail-études est une évidence. Quand on est jeune et qu'on a des idéaux élevés, on veut faire la différence. Et maintenant, on le peut... »

L'éducation et le collectivisme « pur jus »

« Papa, maman, je veux vous dire quelque chose. J'ai décidé d'abandonner l'école et de devenir un traceur à plein temps. Je peux toujours reprendre mes études quand je veux. Mais ce travail me semble bien mieux. Ce que j'ai découvert, c'est que nous sommes vraiment tous dans le même bateau. Et regardez, je peux gagner 53 000 par an, avec les frais médicaux et dentaires qui sont pris en charge. Si et quand je retournerai à l'université, j'aurai une bourse complète. Cela fait partie du nouveau contrat. Vous n'aurez plus à payer pour mes études. Je suis formé pour vacciner les gens chez eux. Je suis ami avec Paul, l'attaquant de l'équipe de football. Il abandonne aussi. Il veut servir... »

L'éducation et le contrôle de l'esprit pour la victoire

« Ce soir, notre meilleur reportage local. À San Francisco, les membres du groupe VÉ, Vacciné ou Évacué, qui font du porte à porte pour s'assurer que les gens se font vacciner contre le Covid, disposent maintenant d'uniformes. Comme vous pouvez le voir dans ce clip, les pantalons et les vestes sont marron et ont un look militaire. Le VÉ déclare qu'il s'agit de « conseillers et non de responsables de l'application des lois », mais certains habitants sont inquiets. Le directeur de la santé publique de la ville, le Dr Marissa Molotov, a rencontré le VÉ et a déclaré « être parvenue à un accord » sur l'utilisation d'un langage fort. « Ces gens sont bien intentionnés », a-t-elle déclaré. « Ils ont juste besoin de se calmer un peu. Écoutez, des vies sont en jeu. Voulons-nous plus de morts, ou voulons-nous une adhésion facile au vaccin ? » Au début de ce mois, deux membres du VÉ, qui ne font plus partie du groupe, ont été arrêtés par la police après une altercation dans un gymnase. Le procureur de la ville est encore en train de rassembler les éléments de l'enquête et de déterminer si une arme a été effectivement dégainée et, si oui, de quelle arme il s'agissait. Julia Copper, une ancienne membre du groupe, a déjà déclaré à Channel Six News : « Ces gens sont des fascistes. Ils veulent aider le gouvernement en réprimant les gens. Cela n'a rien à voir avec la vaccination, que tout le monde soutient. VÉ a un état d'esprit violent. Ils ont formé des groupes dans quatre États. Ils se multiplient. »

L'éducation(encore)

Bill Gates, dans un TED talk :

« Maintenant que nous disposons enfin d'un vaccin, les gens demandent mon avis sur le déroulement de l'opération. C'est une question de logistique. Il ne fait aucun doute que nous devons trouver un moyen de rendre le vaccin obligatoire pour tout le monde.C'est ce que nous dit la science.Moi et d'autres avons un plan. Il est progressif et il fonctionne. Il permettra de réduire l'incidence du Covid-19 de près de 20 % en neuf mois... Les législateurs du monde entier examinent actuellement un ensemble de nouvelles lois qui définiront clairement les conditions dans lesquelles la surveillance électronique peut être étendue pour « pré-localiser » les personnes à risque de contracter le Covid-19 [ovation du public « intellectuel » qui croit comprendre la « science » mais n'en a bien sûr aucune idée]. »

Éducation, conditions, législation, humiliations, traçage, boycott, collectivisme, application de la loi, divulgations, mouchardage, célébrités...

Un mélange visqueux empoisonné de taille cosmique qui provoque l'amnésie du passé alors que le Meilleur des Mondes prend forme.

RÉSISTEZ !

Commentaire : Voir aussi :


[La stratégie est toujours la même : moutonner, moutonner, moutonner ! Et tout cela pour arriver à 6 6 6, autrement dit le chiffre de la Bête que l'Antéchrist imposera à tous ses adhérents. Quant aux autres...]
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Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Juin - 22:34

- 2 -

Stefano Fontana passe en revue les « mythes » créés par la politique pour faire passer le confinement: cela va du mythe du covid lui-même à l’instrumentalisation de la peur dans le but de restreindre les libertés et à la « remise des clés » aux experts en passant par la fortune du slogan trompeur « ensemble nous pouvons ». Et, en point d’orgue, la reddition inouïe de l’Église au pouvoir temporel, pour laquelle « un bon chrétien est avant tout un bon citoyen ».

News au 21 juin 2020 Peur3


PEUR et LIBERTÉ LIMITÉE :
ce que nous laisse le MYTHE du COVID


News au 21 juin 2020 Fontana

Pendant la pandémie de Covid-19, la politique s’est inventée de nombreux mythes dans le but de s’auto-consoler et de servir au pouvoir à limiter les libertés. Le premier est le mythe de la pandémie elle-même, avec des données qui ne tournent toujours pas rond; puis le mythe de l’urgence pour renforcer le pouvoir ; le mythe de la science, des experts et des virologues ; le mythe de la peur alimentée par les médias H 24 ; le mythe du « ensemble on peut » et dans l’Église, le mythe selon lequel avant d’être de bons chrétiens nous devons être de bons citoyens.

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Quand la raison se détache de la foi, elle tombe dans le mythe. C’est l’un des grands enseignements de Benoît XVI. Pour lui, la réciproque valait aussi: quand la foi se détache de la raison, elle tombe dans le mythe. La chute dans le mythe de la part de la religion s’appelle le fidéisme, la chute dans le mythe de la part de la raison s’appelle le rationalisme: ce sont deux religions mythiques. Dans le célèbre discours de Ratisbonne de 2006, il l’a très bien expliqué. De nos jours, nous constatons que, d’une part, une religiosité mythique est exaltée, comme celle, panthéiste, idolâtre et animiste, des primitifs (pensons au synode sur l’Amazonie), et que, d’autre part, la raison politique se nourrit de mythes politiques. Dans les deux cas, il y a un défaut de rationalité.

Pendant la pandémie de Covid-19, la politique s’est inventée de nombreux mythes pour se consoler ou pour servir le pouvoir politique.

Sur le mythe de l’urgence on peut renforcer le pouvoir ou le rendre plus omniprésent, précisément pour contrer l’urgence. Le pouvoir peut accroître le contrôle, les libertés peuvent être réduites avec le consentement de tous, les dispositions autoritaires sont même les bienvenues et le pouvoir en profite.

Sur le mythe de l’urgence se construit alors une mythologie: les conférences de presse de Conte, le moralisme de Mattarella [président de la République], les grands reportages des chaînes de la RAI, la rhétorique sentimentale de la publicité des grandes marques « qui attendent de nous embrasser à nouveau », les « nouveaux héros », les parades liturgiques des task forces, la collecte de fonds à la télévision pour la protection civile, toujours en cours même si les garnisons ont été fermées.

Le premier grand mythe a sans doute été celui de la pandémie elle-même. Son taux de mortalité était inférieur à 4 %. Les nombreux décès sont dus à un manque d’infrastructures sanitaires. Les victimes qui sont décédées avec le Covid ne sont pas mortes du Covid, mais d’autres maladies ou parce qu’il n’y avait pas de services de soins intensifs. Le Covid lui-même a donc été transformé en mythe.

Un deuxième mythe était sans doute celui de la science et en particulier des virologues. Aucun d’entre eux ne nous a donné de certitudes, leurs opinions étaient toujours discordantes, beaucoup d’entre eux en ont profité pour passer à la télévision et vendre des livres … mais néanmoins le gouvernement s’est toujours caché derrière l’opinion des « scientifiques ». Les gens sont convaincus qu' »un vaccin est nécessaire », les médecins qui s’y opposent sont réduits au silence, arrive le financement de Bill Gates, et le processus des traitements sanitaires obligatoires (TSO) avance parce que « la science le dit ».

C’est ce qui s’est passé avec le mythe de la peur. L’alarmisme excessif peut s’expliquer par les carences sanitaires mentionnées plus haut, mais pas si on le compare à l’ampleur réelle de l’épidémie dans notre pays. Les nombreuses mesures insensées (vous vous souvenez des 200 mètres de la maison?) ont contribué à l’alimenter. Les télévisions d’État, occupées 24 heures sur 24 à parler du Covid, ont été la force motrice d’un sentiment généralisé de crainte qui, même si le problème est aujourd’hui fortement revu à la baisse, peine à se dissoudre. De nombreuses personnes âgées ne vont même pas à la messe à cause de cette peur artificielle persistante. Les régimes ont toujours utilisé les mythes et la peur induite.

Et puis on a créé le mythe selon lequel « ensemble, nous pouvons », et donc les opinions divergentes, les manifestations publiques, même conformes aux règles, ont été stigmatisées, le Parlement a été congelé et les oppositions critiques ont été accusées de ne pas coopérer parce qu’en cas d’urgence, nous devrions tous être solidaires. On mythifie un ennemi hypothétique pour condamner les fronts internes et les accuser de défaitisme. Les voix dissidentes ont été réduites au silence et ceux qui ont déclaré que certaines mesures étaient irrationnelles et nuisibles ont été frappés par la suspicion du public.

Un autre mythe qui a été créé est celui des experts. Le gouvernement s’est entouré d’une pléthore de groupes d’experts non seulement pour traiter le virus d’un point de vue sanitaire mais aussi pour décider de ce qu’il faut faire après le virus. Les États généraux ont même été convoqués et la situation est devenue ridicule. Ainsi, les retards et l’incompétence évidente ont été dissimulés sous le mythe des super-héros super-compétents super-payés.

Tous ces mythes ont également été repris par l’Église catholique, qui n’a pas été capable de dire des mots de vérité et s’est même montrée encore plus rigide dans l’application des comportements requis par les nouveaux mythes.
L’Église experte en mythologie qui empêche les gens de s’agenouiller à l’église même si le gouvernement ne le demande pas. Les incohérences, les dispositions absurdes et contradictoires des fonctionnaires du ministère ont été acceptées (pourquoi 70 personnes peuvent-elles être dans une église, mais seulement 15 à un enterrement?), les restrictions absurdes (pourquoi pas plus de 200 personnes à la messe à l’intérieur s’il y en a beaucoup plus dans de nombreuses cathédrales?) La raison politique devenue un mythe a produit une mythologie religieuse dure à mourir: les terrains de jeux sont maintenant pleins de gens et d’enfants sans protection, mais dans l’église, on assiste à des mesures de la fièvre, de la distance, des chaises fixées au sol avec du scotch pour qu’elles ne puissent pas être déplacées, et après le ite missa est, les « préposés au service d’ordre » viennent vous chercher pour vous faire sortir.

Dans l’Église, on a vu se répandre le mythe selon lequel la première façon d’être un bon chrétien est d’être un bon citoyen et qu’être un bon citoyen signifie exécuter sans discussion les décisions – souvent absurdes en plus d’être inconstitutionnelles – du gouvernement en place.
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Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Juin - 22:44

- 3 -

Marcello Veneziani est l’un des intellectuels qui, dès les premiers jours de la pandémie, n’a cessé de s’interroger sur ses implications, plus sur celles morales, spirituelles, sociales que sur celles économiques. Il a évolué petit à petit, comme notre connaissance du virus, sans toutefois dévier de sa ligne critique de la gestion de la crise. Il ne lit pas dans l’avenir, mais il nous fait participer à ses inquiétudes, qui sont réelles. Voici , à confinement conclu, ses dernières réflexions dans l’hebdomadaire « Panorama ».

News au 21 juin 2020 Nos-vies-bouleversées
(Couverture de « Courrier International »)


La PEUR de VIVRE et la CAGE de la SANTÉ

News au 21 juin 2020 Veneziani-e1592033444370

Mais allons-nous ou non revenir à la liberté et à la démocratie d’avant la pandémie? Retrouverons-nous, quand et comment, les places noires de monde et le travail au bureau, les élèves à l’école et les étudiants à l’université, le visage découvert et les relations amicales? Ou bien les changements intervenus au cours des trois derniers mois ont-ils définitivement modifié notre système de vie, de travail, d’études, de loisirs et de citoyenneté, ont-ils imposé les cages sanitaires après les cages salariales ?

Ou, pour être plus mauvaise langue, les restrictions imposées au nom de la pandémie seront-elles étendues et appliquées pour changer pour de bon nos relations humaines et productives et nous rendre plus dociles au pouvoir politique et technocratique, scientifique et sanitaire, économique et financier? L’extension sine die de l’école à distance, outre qu’elle détruit l’essence communautaire de l’école et la relation vitale entre l’enseignant et l’apprenant, veut en réalité former les nouvelles générations au travail à domicile, au smart working, plus pratique pour les entreprises, moins coûteux et moins dispersif, réduisant les employés à des monades, loin de toute agrégation sociale, syndicale, culturelle et conviviale et rendus incapables de faire la distinction entre public et privé, entre temps de loisir et temps de travail, entre domicile et caserne? Et combien de mécanismes de contrôle et de prévention seront utilisés au-delà du temps de la mesure sanitaire, et exerceront-ils une surveillance plus capillaire sur les citoyens, leurs préférences, leur consommation, leur traçabilité lors de leurs déplacements? Et la vaccination obligatoire qui se profile, n’est-elle pas une forme inquiétante de contrôle sur la liberté, la santé et la domination d’une tyrannie pharmaceutique, comme toujours justifiée au nom du bien? Tout cela ne vous rappelle-t-il pas le communisme qui, pour fonder la société parfaite, la meilleure société, pour imposer un avenir meilleur, un homme nouveau et une nouvelle société, a ensuite été contraint d’utiliser tous les moyens de contrôle et de répression, jusqu’à la déportation et au génocide ?

Un essaim de questions qui constituent en fait une mosaïque d’angoisses
. On a parfois l’impression que s’instaure un dispositif économico-sanitaire qui, au nom de la peur – vieille source de tous les pouvoirs, surtout despotiques – génère une forme de totalitarisme appliqué à une société moléculaire de masse. L’idée que nous devrons vivre avec le virus, que tôt ou tard il reviendra, ou qu’un autre arrivera, sous des formes nouvelles et donc dangereuses, est associée à la recommandation obsessionnelle de ces mois: ne baissez pas la garde, gardez votre vigilance élevée. En d’autres termes, ne revenez pas à la normalité et à la liberté, faites en sorte que cet état d’urgence, d’isolement et de restriction se poursuive indéfiniment.

A qui tout cela profite-t-il? Qui a tout à gagner dans cette situation? Ceux qui restent au pouvoir, avec l’alibi de l’urgence. Ceux qui vendent des produits pharmaceutiques, des programmes de contrôle, des outils technologiques de surveillance ou d’autres lignes de produits, y compris idéologiques, voire pseudo-médicaux, jusqu’aux livres omniprésents et bien rémunérés des virologues-star. Bref, tous ceux qui spéculent sur cette situation et bénéficient de sa poursuite. Ceux qui détiennent dans ces conditions un vaste pouvoir, jusqu’au pouvoir de vie et de mort sur la population, ont tout intérêt à rendre permanente et chronique la situation dans laquelle la pandémie nous a projetés. Le fait que la Chine, un régime totalitaire mêlant marché, prophylaxie et communisme, soit devenue le modèle de référence rend la situation actuelle encore plus préoccupante.

Je vais donc tenter de résumer les caractéristiques de la nouvelle humanité qui se profile, dans laquelle tout ce qui semblait une tendance individuelle répandue mais privée devient au contraire un système et un modèle social: 1) La solitude globale des citoyens, connectés mais isolés, reliés mais dissociés, séparés par la distance de sécurité. 2) La prison sans murs, c’est-à-dire la liberté déjà limitée à l’intérieur, vidée de son contenu, dans laquelle le rejet est introduit dans le comportement individuel comme une forme de précaution pour soi-même et pour les autres; une liberté niée dans ses fonctions et expressions élémentaires, totalement dissociée de la nature, de la réalité, de l’histoire. 3) la réduction de l’existence à la vie nue à préserver à tout prix, gardée par un biopouvoir qui oblige le citoyen-usager-patient à renoncer à tout ce qui pourrait mettre en danger la vie nue, même si c’est nécessaire à l’intelligence, à l’âme, à la vie sociale et communautaire du citoyen. 4) Le remplacement de la religion et du sacré par la technologie et les soins de santé, avec l’hospitalisation universelle qui en découle.
(…)

A ce stade, ce qu’il faudrait, c’est une nouvelle vague d’athéisme envers le nouveau dieu, la Santé, ou plutôt le système totalitaire, produit par l’intersection des idéologies égalitaires, du capitalisme technologique et du contrôle pharmaceutique; [un athéisme] fondé sur la peur de Dieu (la peur de la contagion), le salut des vies humaines même au prix de la perte de toute raison de vivre.

Bien sûr, rien n’est écrit au départ, la menace peut perdre de sa force et se dégonfler en cours de route, comme cela arrive avec les virus; l’avenir est ouvert à toute solution, au triomphe du Biopouvoir ou de ceux qui s’y opposent. L’homme est mortel mais il ne se met pas en cage.
Gilbert Chevalier
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News au 21 juin 2020 Empty Re: News au 21 juin 2020

Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Juin - 22:57

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News au 21 juin 2020 2915011424
  
Même les pires crises peuvent produire leurs avantages collatéraux. Le confinement à grande échelle ne fait pas exception, avec le report en octobre 2020 de la rencontre voulue par François sur le thème du Pacte Éducatif Mondial. À l’origine, cet événement devait se tenir au Vatican le 14 mai. Il y a maintenant plus de quatre ans, nous signalions sur ce blog l'engagement du pape François pour la mise en place d'une religion mondiale, d'une sorte de catholicisme élargi qui trahirait totalement la véritable doctrine catholique, en remettant en cause la place essentielle du Christ dans le mystère du salut. Un lustre plus tard, force est de constater que rien n'a changé à ce niveau. Ou plutôt si, une chose a changé : même dans l’Église, le projet mondialiste se fait de plus en plus explicite. Et manifestement, François a des idées pour intégrer ce projet à l'éducation de nos enfants…
  
Un prérequis relativiste

   « Un changement de vitesse est urgent pour faire prévaloir, par l’intermédiaire d’une éducation intégrale et inclusive, capable d’une écoute patiente et d’un dialogue constructif, l’unité sur le conflit », nous assure l'instrumentum laboris (p. 2-3). « Faire prévaloir l'unité sur le conflit », qui refuserait de souscrire à un tel projet ? Pas si vite, cependant ! Le terme « inclusive » doit nous mettre la puce à l'oreille. En effet, ce néologisme a copieusement servi ces dernières années pour promouvoir l'idéologie homosexuelle, le « mariage » gay, le transsexualisme, l'antispécisme, etc. La méfiance est donc de mise.

   « Respecter la diversité, pourrions-nous dire, est donc le premier préalable du pacte éducatif », lit-on ensuite en p. 4. Voilà un préalable éminemment relativiste. Apparemment, la recherche de la vérité ne constitue pas le premier critère de ce pacte éducatif mondial. Cette mauvaise impression se voit corroborée quelques lignes plus loin, avec une référence à la déclaration conjointe d'Abou Dhabi Sur la fraternité humaine. Signée par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar le 4 février 2019, ce texte a fait scandale chez bien des catholiques, qui ont eu l'occasion d'y découvrir une jolie nouveauté catéchétique : « Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. »1 Voilà donc la diversité des religions mis sur le même plan que la différenciation sexuelle dans le projet divin… En se réclamant du document d'Abou Dhabi, l'instrumentum laboris s'inscrit de fait dans la même veine relativiste.

   À la p. 13, les présupposés relativistes se font encore plus explicites. Se fondant sur l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium (n° 250) de François, le document rappelle que « le dialogue entre les religions […] est une condition nécessaire pour la paix dans le monde, et par conséquent est un devoir pour les chrétiens, comme pour les autres communautés religieuses. » Sauf que le dialogue promu ici n'a aucunement pour objectif l'annonce de l'évangile ou même la recherche de la vérité. Qu'on nous permette de citer la suite, reprise elle aussi du même paragraphe d'Evangelii Gaudium : « C’est précisément dans la pratique du dialogue, en effet, que « nous apprenons à accepter les autres dans leur manière différente d’être, de penser et de s’exprimer. De cette manière, nous pourrons assumer ensemble le devoir de servir la justice et la paix, qui devra devenir un critère de base de tous les échanges. Un dialogue dans lequel on cherche la paix sociale et la justice est, en lui-même, au-delà de l’aspect purement pragmatique, un engagement éthique qui crée de nouvelles conditions sociales » (ibid.) » Est-il vraiment utile de commenter ? Le pape promeut un dialogue « dans lequel on cherche la paix sociale et la justice », et non la vérité. Celles-ci deviennent, à la place de la vérité, « un critère de base de tous les échanges ».

   Peut-être certains catholiques objecteront-ils que le dialogue ainsi envisagé se trouve au service de la charité. Il s'agit d'une erreur, dès lors que ce dialogue n'a pas d'abord en vue la vérité. Comme le rappelle Mgr Athanasius Schneider dans son récent ouvrage Christus Vincit, c'est la vérité qui fonde la charité et non pas le contraire. Nous en voyons un indice très certain dans la Sainte Trinité, où l'Esprit Saint qui est amour procède du Fils, du Verbe, qui est vérité. Autrement dit, pas de charité sans vérité préalable !2 Par conséquent, un dialogue qui évacue toute recherche de la vérité au profit d'un consensus relativiste ne remplit pas les conditions d'un dialogue charitable. Et pourtant, l'instrumentum laboris prétend nous faire passer de la Caritas in veritate à la Caritas in diversitate…

   Quelle implication pour l'éducation de nos enfants ? « Il faut donc exercer la pensée qui ordonne l’unité dans la distinction et qui considère la différence comme une bénédiction pour sa propre identité et non comme un fort empêchement à la réalisation de soi. Le travail éducatif doit intervenir avant tout à ce niveau » (p. 12 de l'instrumentum laboris). Vous avez bien lu : l'éducation doit être relativiste « avant tout ». Dans le même style, « le premier principe indispensable à la construction d’un nouvel humanisme est donc celui de l’éducation à une pensée nouvelle, capable de maintenir l’unité et la diversité, l’égalité et la liberté, l’identité et l’altérité » (p. 12). Dans la promotion de cette diversité, l'annonce de l'évangile se voit littéralement balayée : « il convient aujourd’hui de se concentrer à éduquer les questions des jeunes, prioritaires par rapport au fait de donner des réponses », préconise l'instrumentum laboris à sa huitième page. Il ne s'agit donc surtout plus de transmettre les vérités de la foi. Surtout, pas de prosélytisme !

   Dans un communiqué du 3 mars 2020, la Congrégation pour l'éducation catholique (sic), qui semble bien être à la manœuvre pour la mise en place du pacte éducatif mondial, rappelle la dimension radicalement interreligieuse de la rencontre voulue par le pape : « dans la conviction que l'engagement en faveur de l'éducation doit être partagé par tous, [le pacte] implique des représentants des religions, des organismes internationaux et des différentes institutions humanitaires, du monde académique, économique, politique et culturel. De ce point de vue, on peut comprendre que la participation plus large et plus variée souhaitée par le pape François ne constitue pas une dimension supplémentaire au Pacte mondial pour l'éducation, mais qu'elle constitue en même temps le fondement et le but d'une telle alliance. »

   Le Christ aux oubliettes

   L'instrumentum laboris élaboré en vue du Pacte Éducatif Mondial tient en dix-neuf pages. Sur cette petite vingtaine de pages, le nom de Jésus n'apparaît qu'une seule fois, en troisième page. Et c'est tout… Ah non, pardon ! Toujours à la p. 3, le mot « Christus » apparaît entre parenthèses dans le titre d'une exhortation apostolique. Cela ne fait tout de même pas beaucoup. N'est-ce pas étonnant, au sein d'une institution ecclésiale censée être le corps mystique du Christ ? Plus surprenant encore, dans son invitation à Rome afin de lancer son Pacte Éducatif Mondial, le pape lui-même ne mentionne le Christ qu'une seule fois, à l'occasion d'une simple comparaison. François n'est-il pourtant pas le vicaire du Christ ? Historiquement, si… Mais historiquement seulement, à en croire l'annuaire pontifical de 2020, où la mention « vicaire de Jésus-Christ » n'apparaît plus que parmi les « titres historiques ». Malgré les explications embrouillées du porte-parole du Saint-Siège sur cette modification, les mots conservent un sens, et un sens précis. Un titre historique, c'est un titre daté, tombé en désuétude, démodé même s'il n'a pas fait l'objet d'une abrogation formelle… Au risque de fâcher, il faut donc se poser la question : si le pape François n'est plus le vicaire du Christ, de qui est-il le vicaire ?

   Une spiritualité horizontale

   Ne croyez pas pour autant que les considérations spirituelles aient disparu de ces documents. Le vocabulaire religieux s'y trouve omniprésent, mais détourné de son sens traditionnel. Par exemple, dans son invitation, François appelle de ses vœux « une alliance entre toutes les composantes de la personne : entre l’étude et la vie ; entre les générations ; entre les enseignants, les étudiants, les familles et la société civile selon leurs expressions intellectuelles, scientifiques, artistiques, sportives, politiques, entrepreneuriales et solidaires. Une alliance entre les habitants de la Terre et la « maison commune » à laquelle nous devons sauvegarde et respect. » Ah bon ? Et nous qui croyions que le Christ scellait « l'Alliance nouvelle et éternelle », comme le disent les prêtres lors de la consécration ! Ici, une autre alliance nous est proposée, non plus entre le Créateur et l'homme avec le Christ comme médiateur (cette acception traditionnelle du mot est d'ailleurs rappelée aux p. 3-4 de l'instrumentum laboris), mais d'une part entre la terre et ses habitants, et d'autre part entre les différentes instances de la société. Et il s’agit bien d’une alliance de type religieux, car « toute alliance, toute alliance en vue du bien commun, en vue du bien de l'humanité, porte en elle quelque chose de sacré », affirme la page internet officielle consacrée au logo du projet. La société humaine, mais aussi la terre, font donc ici l'objet d'une divinisation implicite. Cela ne vous surprendra guère si vous vous rappelez la cérémonie idolâtre qui s'est tenue le 4 octobre 2019, dans les jardins du Vatican, en présence de François lui-même. Les participants s'étaient alors prosternés en cercle devant une statue que le pape en personne avait fini par identifier comme étant la Pachamama… autrement dit, la déesse de la terre-mère dans le paganisme sud-américain…

   Autre exemple flagrant de ce détournement sémantique, cette fois dans l'instrumentum laboris (p. 7) : « « Ensemble » est le mot qui sauve tout et accomplit tout. » Au quatrième chapitre des Actes des Apôtres, c'est pourtant dans les termes suivants que saint Pierre ―le premier pape !― évoque Jésus : « il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (verset 12). N'oublions pas que le nom « Jésus » lui-même ne signifie rien d'autre que : « Dieu sauve » ; et que les derniers mots du Christ au moment de mourir sont précisément : « Tout est accompli » (Jean, XIX, 30. Mais non ! nous dit-on. « « Ensemble » est le mot qui sauve tout et accomplit tout. » Le Christ ne fait donc pas l'objet d'un simple « oubli » de la part des auteurs du document. Il se voit purement et simplement remplacé. L'humanité n'est plus sauvée par Jésus, mais par elle-même, pour peu qu'elle sache faire preuve de solidarité…

   En voulez-vous encore ? Reprenant l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium de François (n° 87), l'instrumentum laboris insiste sur « la nécessité de découvrir et de transmettre la “mystique” de vivre ensemble, de se mélanger, de se rencontrer, de se prendre dans les bras, de se soutenir, de participer à cette marée un peu chaotique qui peut se transformer en une véritable expérience de fraternité, en une caravane solidaire… » (p. 2). Apparemment, l'expression « mystique du vivre ensemble » a plu aux auteurs du document, qui l'ont insérée dans la liste des « noyaux thématiques générateurs d'autres réflexions » (sic, p. 19). Là encore, si les termes ont une signification, la mystique, c'est « l'ensemble des pratiques du mysticisme, intuitions, connaissances obtenues par elles ». Et le mysticisme lui-même se définit comme « l'ensemble des croyances et des pratiques se donnant pour objet une union intime de l'homme et du principe de l'être (divinité) » (dictionnaire le Petit Robert de 1981). Ici, l'union aux autres vient donc très clairement remplacer l'union à Dieu.

   Pour être parfaitement honnête, dans le contexte d'Evangelii Gaudium, cette « mystique de vivre ensemble » peut encore être perçue comme une allusion à l’Église, corps mystique du Christ. En effet, le paragraphe 87 où cette expression apparaît est précédé d'un titre qui invite à la comprendre dans ce sens : « Oui aux relations nouvelles engendrées par Jésus Christ » ; en outre, la phrase de François, citée par l'instrumentum laboris, se termine originellement comme suit : « en une caravane solidaire, en un saint pèlerinage ». Les auteurs du nouveau document ont donc censuré tout ce qui aurait permis de comprendre de manière catholique « la mystique de vivre ensemble ». Le « saint pèlerinage », vraisemblablement parce qu'il semble remettre Dieu au centre des relations humaines, n'a pas trouvé grâce à leurs yeux, et ils ont caviardé ce passage en le remplaçant par des points de suspension !

   Autre détournement très significatif du vocabulaire religieux : la vertu théologale d’espérance n’a plus pour objet la vie éternelle3, mais seulement la vie ici-bas, censée, grâce à nos efforts, devenir meilleure à l’avenir. Ainsi comprise, elle se confond avec l’espoir. En effet, les auteurs de l’instrumentum laboris utilisent à six reprises le terme « espérance ». Et dans la moitié de ces occurrences, ce mot est explicitement associé soit au terme « futur », soit au terme « avenir » (p. 3 et p. 9). C’est aussi le cas dans l’invitation du pape François : « Cherchons ensemble à trouver des solutions, à lancer sans aucune crainte des processus de transformation et à regarder l’avenir avec espérance. » Ici, il ne s’agit absolument pas de se préparer à l’au-delà, mais de préparer ici-bas un monde meilleur. Il ne s’agit plus de l’espérance dans la vie éternelle, mais de « l’espérance dans le futur » (p. 9 de l’instrumentum laboris).

   Un panthéisme qui dit enfin son nom

   Les conséquences de ce que nous venons de décrire s’imposent d’elles-mêmes. Si « « ensemble » est le mot qui sauve tout et accomplit tout », alors, ensemble, nous sommes Dieu. Si le simple fait de « vivre ensemble » constitue une « mystique », et nous unit donc ipso facto à la divinité, c’est là encore parce qu’ensemble nous sommes Dieu. Et si notre espérance est tournée vers un futur terrestre qu’il nous faut réaliser par nos propres forces, alors c’est que nous pouvons nous procurer par nous-mêmes la vie éternelle. Nous sommes ensemble le divin, indépendamment de toute référence à un être transcendant, à un au-delà de nous-mêmes. Voilà un catéchisme aux antipodes du christianisme…

   Mais au fait, qui est « nous » ? Et « ensemble », c’est qui ? C’est tout ce qui existe. La page officielle dédiée à l’exégèse du logo ne laisse place à aucun doute : « La ligne du cercle symbolise ce macrocosme qu'est Dieu, et exprime le début et la fin de toute chose : l'être, la totalité. » Donc Dieu n’est plus le Créateur de l’univers, mais c’est l’ensemble de l’univers qui est Dieu. Nous voici bel et bien face à un panthéisme explicite. Rétrospectivement, nous pouvons comprendre à la lumière de ce constat certaines affirmations pour le moins tendancieuses de l’encyclique Laudato Si'. Voici à la volée quelques extraits des paragraphes 233 (cité comme par hasard aux p. 10-11 de l’instrumentum laboris) et 234 qui prennent désormais tout leur sens :

   « L’univers se déploie en Dieu, qui le remplit tout entier. »

   « L’idéal n’est pas seulement de passer de l’extérieur à l’intérieur pour découvrir l’action de Dieu dans l’âme, mais aussi d’arriver à le trouver en toute chose .» Le trouver lui, et non plus simplement son action…

   « Comme l’enseignait saint Bonaventure : « La contemplation est d’autant plus éminente que l’homme sent en lui-même l’effet de la grâce divine et qu’il sait trouver Dieu dans les créatures extérieures ». » Vous apprécierez au passage la récupération éhontée du saint franciscain.

   « Le mystique fait l’expérience de la connexion intime qui existe entre Dieu et tous les êtres, et ainsi « il sent que Dieu est toutes les choses » » La citation provient de saint Jean de la Croix, à son tour embrigadé sous la bannière du panthéisme…

   « Les vallons solitaires sont paisibles, agréables, frais et ombragés. [...] Mon Bien-Aimé est pour moi ces vallons ». Nouvelle citation du Cantique spirituel de saint Jean de la Croix. Rappelons au passage que cette œuvre, tout comme Le Cantique des créatures de saint François d’Assise (abusivement repris par le pape actuel), appartient au genre de la poésie, et non du traité théologique. De toute évidence, on ne peut pas faire de catéchèse sérieuse à coups de citations poétiques… En revanche, en les détournant de leur sens premier, on peut s’en servir comme arguments d’autorité très commodes pour rendre crédible l’inacceptable…

   Et revoilà l’antispécisme…

   Les hommes, d’après l’instrumentum laboris, font donc partie intégrante d’un tout divin. Cette idée, même si elle contredit la doctrine catholique, peut sembler très généreuse à première vue… François prétend d’ailleurs bâtir un « nouvel humanisme » : l’expression se trouve dans son invitation et l’instrumentum laboris la reprend telle quelle. Ce nouvel humanisme, cette nouvelle vision de l’homme, constitue elle aussi une rupture par rapport à la tradition chrétienne. Celle-ci s’appuyait sur la parole de Dieu dans le livre de la Genèse. En effet, dès la création de l’homme, le Seigneur affirme nettement la souveraineté de ce dernier sur les autres êtres vivants : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. » (Genèse I, 28) Il le place également dans un jardin « afin de le cultiver et de le garder » (Genèse II, 15). Évidemment, il faut éviter que le jardin ressemble à une décharge… Cette primauté ne constitue donc pas une invitation à faire n’importe quoi, mais elle implique une responsabilité.

   Dans le monde de François, tout se passe comme si cette supériorité de l’homme sur les autres êtres n’existait pas. Voici un passage de l’encyclique bergoglienne cité par l’instrumentum laboris (p. 10) : « Considérer la question environnementale comme intrinsèquement relationnelle « nous empêche – affirme Laudato si’ – de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle » (n° 139). » Retenez bien cette thèse : nous sommes une partie de la nature. Or, seulement deux paragraphes plus loin dans l’encyclique (n° 141), on lit que « le tout est supérieur à la partie », idée déjà développée avec insistance dans Evangelii Gaudium (n° 234-237). Ces deux affirmations forment les prémisses d’un syllogisme dont, très habilement, le pape se garde bien de formuler la conclusion de manière explicite : « le tout est supérieur à la partie » (prémisse majeure) ; or nous, les hommes, sommes une partie de la nature (prémisse mineure) ; donc la nature est supérieure aux hommes (conclusion logique).

   D’autres éléments viennent exprimer cet antispécisme. Par exemple, la p. 6 de l’instrumentum laboris cite un long extrait d’un discours de François :

   « La créature humaine semble aujourd’hui se trouver à un moment particulier de son histoire […]. La caractéristique emblématique de ce moment peut être reconnue de manière synthétique dans la diffusion rapide d’une culture centrée de manière obsessionnelle sur la souveraineté de l’homme – en tant qu’espèce et en tant qu’individu – par rapport à la réalité. Certains vont même jusqu’à parler d’égolâtrie, c’est-à-dire d’un véritable culte du moi, sur l’autel duquel on sacrifie toute chose, y compris les liens d’affection les plus chers. Cette perspective n’est pas inoffensive : elle façonne un sujet qui se regarde sans cesse dans un miroir, jusqu’à devenir incapable de tourner les yeux vers les autres et le monde. »

   Ici, la thèse antispéciste est introduite dans l’incise « en tant qu’espèce et en tant qu’individu », qui mêle savamment le vrai et le faux : d’un point de vue chrétien, l’égoïsme individuel sera toujours condamnable, contrairement à la souveraineté des hommes sur le reste des créatures, qui fait partie des desseins divins, ainsi qu’on l’a rappelé plus haut. Admirez au passage la virtuosité rhétorique, qui agit ici comme un rayon paralysant : la vérité d’une proposition paraît bien avoir pour objectif d’empêcher le lecteur de réagir contre la fausseté de l’autre… Dernière précision avant de passer à la suite : ce discours anti-humain a été tenu « aux participants à l’assemblée générale des membres de l’Académie Pontificale pour la Vie en octobre 2017. » Ironie ?

   L'idéologie antispéciste s'incarne aussi dans la langue utilisée par François. Les énumérations notamment, parce qu'elles relient plusieurs éléments en les mettant sur le même plan syntaxique, enfoncent subrepticement dans le cerveau du lecteur l'idée d'une égalité fondamentale entre les êtres personnels et impersonnels. Voici par exemple un extrait du n° 70 de Laudato Si', cité par l'instrumentum laboris à la p. 10 : « La négligence dans la charge de cultiver et de garder une relation adéquate avec le voisin, envers lequel j’ai le devoir d’attention et de protection, détruit ma relation intérieure avec moi-même, avec les autres, avec Dieu et avec la terre. » Cette énumération met sur le même plan le rapport à la terre, être impersonnel, et le rapport aux êtres personnels. Elle établit par le fait même une équivalence entre eux. Il ne s'agit pas de la seule occurrence de ce phénomène. En voici une autre, toujours à la p. 10, qui emprunte cette fois-ci au n° 233 de l'encyclique : « il est possible de redécouvrir – ainsi que l’affirmait le pape François – « une mystique dans une feuille, dans un chemin, dans la rosée, dans le visage du pauvre. » » Ici encore, cet inventaire à la Prévert nous dit quelque chose de la vision bergoglienne de l'homme : visiblement, « le visage du pauvre » n'a pas une valeur plus grande que la « feuille », « la rosée » et le « chemin » évoqués avant lui.

   La coordination produit parfois le même effet nivelant. La p. 13 de l'instrumentum laboris se réfère à nouveau l'encyclique écologique : « si « le cœur est authentiquement ouvert à une communion universelle, rien ni personne n’est exclu de cette fraternité » (Laudato si’, n° 92). » Vous avez bien lu : « rien ni personne ». Subtil, n'est-ce pas ? Deux petits mots supplémentaires et le tour est joué ! Autre occurrence de coordination à portée antispéciste en page 5 : « plus la fraternité est exercée, moins elle exprime –en premier lieu– un devoir moral, mais bien plutôt l’identité objective du genre humain et de toute la création. » Réduisons cette phrase à sa plus simple expression : « la fraternité exprime l’identité objective du genre humain et de toute la création. » Nous voici donc désormais frères des ours et des nénuphars, qui ne valent pas moins que nous…4

   Ami lecteur, que ces considérations syntaxiques ne vous fassent pas hausser les épaules ! Dans le dernier livre de la bible, saint Jean a décrit le faux prophète comme « une bête » qui « avait deux cornes comme un agneau, mais parlait comme un dragon » (Apocalypse XIII, 11). L'auteur sacré nous lance ainsi un avertissement : le langage, sa manipulation et son déchiffrement joue(ro)nt un rôle clé dans la bataille spirituelle finale. Pour démasquer le faux prophète, ne vous demandez donc pas si sa tête vous revient ou non. Prêtez plutôt attention à ce qu'il dit.

L'écologie intégrale : cheval de Troie païen dans l'enseignement catholique

   Dans son invitation à Rome, le pape François évoque un thème qui lui est cher, celui de l'écologie intégrale, déjà mentionné dans Laudato Si'5 et repris dans l'instrumentum laboris (page 10). Depuis la fameuse encyclique, ce concept a été volontiers repris par des catholiques aussi enthousiastes que mal informés. Car enfin, d'où vient cette expression d'« écologie intégrale » ? Qui l'employait avant François ?

   On la trouve en l'an 2000 sous la plume des penseurs païens de la Nouvelle Droite, Alain de Benoist et Charles Champetier dans leur Manifeste pour une renaissance européenne. Ces auteurs se positionnent « pour une écologie intégrale, contre la démonie productiviste ». Selon eux, il faut « en appeler au dépassement de l’anthropocentrisme moderne et à la conscience d’une co-appartenance de l’homme et du cosmos. »6 « Cette transcendance immanente fait de la nature un partenaire, non un adversaire ou un objet. »7 Comme par hasard, à ces affirmations se superpose parfaitement celle de Laudato Si' (n° 139), partiellement citée par l'instrumentum laboris (page 10), et d'après laquelle « quand on parle d’“environnement”, on désigne en particulier une relation, celle qui existe entre la nature et la société qui l’habite. Cela nous empêche de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle ». Il existe donc bel et bien une véritable similitude de pensée entre écologistes païens et catholiques qui se réclament de l'écologie intégrale. Mais contrairement aux seconds, les premiers ont la lucidité de reconnaître l'incompatibilité radicale qui demeure entre écologie intégrale et anthropologie chrétienne : cette vision du monde, rappellent-ils avec raison, « ne gomme pas la spécificité de l’homme, mais lui dénie la place exclusive que lui avaient attribuée le christianisme et l’humanisme classique. »8

   Sous le pontificat de Benoît XVI, un jeune auteur catholique se fait à son tour le chantre de l'écologie intégrale. En 2007, Falk van Gaver publie ainsi dans le journal catholique L'Homme Nouveau un article au titre évocateur : « Pour une écologie intégrale »9. En 2011, il publie, toujours aux éditions de l'Homme Nouveau, L'Ecologie selon Jésus-Christ, essai dans lequel il nie toute incompatibilité entre écologie intégrale et christianisme. En 2017, dans une interview donnée à Aleteia, il témoigne de son rôle pionnier dans l'intégration de l'écologie intégrale à l'enseignement catholique : « Comme toute chose, la doctrine de l’Église est changeante, et plus précisément évolutive : en témoigne « l’écologie intégrale », terme que je crois avoir été le premier (en tout cas en langue française) à employer publiquement en chrétien, et en tant que chrétien, dans mes articles et conférences, il y a dix ans et davantage, et qui est devenu doctrine officielle de l’Église. » Accessoirement, on apprend au cours de cet entretien qu'il a « perdu la foi »10. Dans une autre interview donnée un an plus tard au site Hommes de Polynésie, Falk van Gaver confirme « la remise en cause de [s]on adhésion au christianisme institutionnel et [s]a crise de foi. » Il y évoque aussi un de ses projets : « Un autre projet qui me tient à cœur est le « Te Fare Philo », c’est-à-dire la polysophie, le multinaturalisme et le polyculturalisme : promouvoir les sagesses polynésiennes, les sagesses pacifiques, les sagesses locales et les sagesses plurielles. Faire sortir la philosophie des salles de classe et d’examen et des exercices académiques. Je veux diffuser l’écosophie : les sagesses écologiques philosophiques, traditionnelles, populaires, savantes, scientifiques, spirituelles, religieuses… Promouvoir la convergence, le syncrétisme et le pluralisme écosophique. »11 Comprenez : les sagesses païennes. Voilà donc Falk van Gaver laissé au paganisme qu'il avait déjà adopté sans le savoir avec l'écologie intégrale. La malheureuse trajectoire de ce militant illustre à merveille l'incompatibilité qui perdure malgré tout entre cette idéologie et le catholicisme. Vous pouvez peut-être faire coexister les deux un temps, mais l'un finira par expulser l'autre. Ici, comme dans le domaine économique, la loi de Gresham semble devoir se vérifier : la mauvaise doctrine chasse la bonne… Une fois gratté le vernis catholique, l'écologie intégrale se donne à voir pour ce qu'elle est toujours : une doctrine intrinsèquement païenne.

   Fait intéressant, dans un troisième entretien, Falk van Gaver mentionne lui-même un autre promoteur de l'expression « écologie intégrale » : « lorsque j’ai forgé publiquement ce concept en 2006-2007 dans le cadre de mon engagement spirituel, intellectuel et existentiel chrétien dans l’Église catholique, [...] j’ignorais que le théologien de la libération et ex-prêtre catholique Leonardo Boff avait utilisé cette expression quelques années auparavant. »12 Effectivement, ce théologien brésilien vantait déjà l'écologie intégrale au milieu des années 90. On en trouve un exemple dans un article de lui paru le 12 mai 1996 dans le quotidien Folha de S. Paulo. Il y distingue quatre niveaux d'écologie, tous pertinents et complémentaires selon lui : l'écologie environnementale, l'écologie sociale, l'écologie mentale et l'écologie intégrale. L'écologie mentale consiste ainsi à lutter contre une vision anthropocentrique de la création :

« L'anthropocentrisme considère l'être humain comme le roi/la reine de l'univers. Il pense que les autres êtres n'ont de sens que lorsqu'ils sont commandés à l'être humain ; ils y sont disponibles à volonté. Cette structure rompt avec la loi la plus universelle de l'univers : la solidarité cosmique. Tous les êtres sont interdépendants et vivent dans un réseau de relations très complexe. Tous sont importants.

Il n'existe pas de personne qui soit roi ou reine et qui se considère comme indépendante sans avoir besoin des autres. La cosmologie moderne nous enseigne que tout a à voir avec tout, à tout moment et en toutes circonstances. L'être humain oublie cette réalité. Il s'éloigne et se met aux choses au lieu de se sentir ensemble et avec elles, dans une immense communauté planétaire et cosmique. Il est important que nous retrouvions des attitudes de respect et de vénération envers la Terre. »13

Quelle différence entre cette « écologie mentale » et la « co-appartenance de l’homme et du cosmos » affirmée par les penseurs païens de la Nouvelle Droite ? Aucune. On retrouve la même rupture avec le livre de la Genèse.

   Là encore, on peut parler d'habillage catholique d'une doctrine païenne. En effet, Leonardo Boff a beau avoir été franciscain avant de défroquer, il défend dès 1996 une vision toute païenne de l'univers :

« La grande question n’est pas de savoir quel sera l’avenir de l’Église, mais quel sera celui de l’humanité et dans quelle mesure l’Église peut aider et garantir cet avenir. A l’intérieur de l’option pour les pauvres, il faut penser la terre comme un grand pauvre ; il faut le penser à l’intérieur de la libération : libérer la terre pour qu’elle ne souffre pas, pour qu’elle soit la grande Pachamama ou la grande Mère qui nous nourrit tous. Elle est notre corps élargi. Il faut aussi, théoriquement, faire à partir de la terre une expérience plus complète de Dieu, une expérience plus cosmique du Christ qui est dans la matière, de l’esprit qui conduit l’univers. De la façon dont nous saisissons la terre, nous saisissons Dieu, et il s’agit d’avoir à partir de là une théologie de la libération et une spiritualité. Et je pense que nous pouvons avoir une théologie de la libération plus intégrale si nous incluons toutes ces dimensions, le pauvre, tous les hommes car tous sont menacés comme la terre et avec elle. Et ceci permet que la théologie de la libération soutienne une spiritualité qui inclut aussi les personnes dans cette dimension de sauvegarde de la nature, de la terre, de l’avenir, afin que nous puissions tous vivre ensemble avec la terre en la considérant comme notre mère. »14

Vous noterez au passage, la présence de la Pachamama, qui s'est depuis illustrée dans les jardins du Vatican

   Pour résumer, Alain de Benoist, Charles Champetier, Falk van Gaver, Leonardo Boff sont quatre pionniers de l'écologie intégrale qui nous orientent tous dans la même direction : celle du paganisme. Dès lors, faire entrer l'écologie intégrale dans l'enseignement catholique, c'est y introduire un élément païen susceptible de le dissoudre de l'intérieur…
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Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Juin - 23:14

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   Leonardo Boff, nègre du pape ?

   En fait, une étude comparative révèle sans difficulté l'étrange parenté entre la pensée de Leonardo Boff et celle présente dans les documents du pacte éducatif mondial.

Leonardo Boff (textes des années 90)
Documents pour le Pacte éducatif mondial
« Nous devons faire la paix et pas seulement une trêve avec la terre. Nous devons reconstruire un pacte de fraternité/sororité et de respect pour celle-ci. » (source)
« Une alliance entre les habitants de la Terre et la « maison commune » à laquelle nous devons sauvegarde et respect. » (invitation du pape François)
« C'est là, dans l'esprit humain, que sont initiés les mécanismes qui nous mènent à une guerre contre la Terre. Ils s'expriment dans une catégorie : notre culture anthropocentrique. L'anthropocentrisme considère l'être humain comme le roi/la reine de l'univers. »
« La caractéristique emblématique de ce moment peut être reconnue de manière synthétique dans la diffusion rapide d’une culture centrée de manière obsessionnelle sur la souveraineté de l’homme – en tant qu’espèce et en tant qu’individu – par rapport à la réalité. » (Instrumentum laboris, p. 6 ; citation d'un discours de François)
« Tous les êtres sont interdépendants et vivent dans un réseau de relations très complexe. » (source)
« L’être humain et la nature doivent être pensés comme interdépendants » (Instrumentum laboris, p. 10)
« […] comprendre que la terre est un super organisme vivant, qu’elle n’est pas un dépôt de ressources naturelles dont nous pouvons tirer et retirer des tas de choses, mais qu’elle est la Grande Mère, la Grande Pachamama, qu’elle prolonge notre corps » (source)
« Considérer la question environnementale comme intrinsèquement relationnelle « nous empêche – affirme Laudato si’ – de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle » (n° 139). » (Instrumentum laboris, p. 10)
« Cette vision exige une nouvelle civilisation et un nouveau type de religion, capable de reconnecter Dieu et le monde, le monde et l'être humain, l'être humain et la spiritualité du cosmos. » (source)
« Il n’y aura pas de nouvelle relation avec la nature sans un être humain nouveau. Il n’y a pas d’écologie sans anthropologie adéquate » (Laudato si’, n° 118) (Instrumentum laboris, p. 10)
« L'écologie intégrale cherche à habituer l'être humain à cette vision globale et holistique. Le holisme ne signifie pas la somme des parties, mais la capture de la totalité organique, une et diverse dans ses parties, mais toujours articulée entre elles au sein de la totalité et constituant cette totalité. » (source)
« L'écologie intégrale qu'appelle le pape […] naît de la conscience pleine que « tout est lié », « tout est en relation », ainsi que l’a répété plusieurs fois Laudato si’ (cf. nos 70, 92, 117, 120, 138,142). » (Instrumentum laboris, p. 10)
« Le christianisme est amené à approfondir la dimension cosmique de l'incarnation, l'inhabitation de l'esprit de la nature et le panenthéisme, selon lequel Dieu est en tout et tout est en Dieu. » (source)
« L’idéal n’est pas seulement de passer de l’extérieur à l’intérieur pour découvrir l’action de Dieu dans l’âme, mais aussi d’arriver à le trouver en toute chose .» (Laudato si’, n° 233) (Instrumentum laboris, p. 10-11)
« Ils nous aident à être un être de relations » (source)
« C’est précisément ce que signifie mettre au centre la personne qui est relation. » (Instrumentum laboris, p. 13)
  

Même sanctionnée jadis par Jean-Paul II, la pensée de Leonardo Boff, pourtant défroqué et vivant aujourd’hui en concubinage, semble avoir fait son chemin dans l’Église. Le principal intéressé reconnaît lui-même cette influence, ainsi que le rôle qu'il a joué dans l'écriture de Laudato si'. Dans une interview donnée à un journal allemand et traduite sur le site Benoît-et-moi, le théologien brésilien explique comment François lui a demandé de lui faire parvenir du matériel pour l'écriture de l'encyclique. Il raconte aussi par quels moyens détournés, recommandés par François lui-même, s'est fait cet envoi, afin d'éviter toute interception de la part de l'administration vaticane. Enfin, il évoque les remerciements que lui a adressés le pontife lorsque l'encyclique a été publiée. Il s'avère donc tout à fait logique de retrouver les élucubrations de Leonardo Boff dans les documents du pacte éducatif mondial, pensé par le pape comme un prolongement de Laudato Si', ainsi qu'il le rappelle dès le début de son invitation.

   Du service chrétien à l'asservissement totalitaire

   Éducation au service, éducation par le service et éducation comme service… Le service constitue une des grandes idées du pacte éducatif mondial, tant dans l'invitation du pape François que dans l'instrumentum laboris. Car il s'agit ici de « former des personnes disponibles à se mettre au service de la communauté. » (p. 3 de l'instrumentum laboris). Là encore, cela paraît parfaitement chrétien à première vue. Mais à première vue seulement. En effet, le sens ultime du service nous est donné par Jésus-Christ lui-même dans l'évangile selon saint Matthieu (XXV, 31-46) : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi! […] chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » C'est donc Jésus que le chrétien sert dans ses frères. Ôtez cette dimension transcendante et le service perd toute signification chrétienne. Or, les documents relatifs au pacte éducatif mondial, sans la nier de manière explicite, ne rappellent jamais cette signification ultime du service.

   La vie humaine et le service se voient ici réduits à leur seule dimension terrestre. « Nous sommes créés non seulement pour vivre « avec les autres », mais aussi pour vivre « au service des autres », dans une réciprocité salvifique et enrichissante » (p. 5 de l'instrumentum laboris). Voilà une affirmation bien pauvre : nous sommes d'abord créés pour vivre avec Dieu et au service de Dieu, un court moment ici-bas, puis dans l'éternité. Et c'est seulement dans cette perspective que le service du prochain acquiert un sens. Ne vous y méprenez pas : il ne s'agit pas ici d'un simple problème de formulation. Ces conceptions appauvries du but de la vie et du service portent en elles de très graves implications. À partir du moment où la finalité de la vie humaine est réduite à une perspective purement horizontale, plus rien n'empêche de l'enfermer dans un projet tout aussi horizontal, où l'individu se voit tout entier asservi à la collectivité. Si je suis créé uniquement « pour vivre au service des autres », alors les autres peuvent tout exiger de moi : me voilà corvéable à merci ! Ainsi absolutisé, car non limité par la perspective eschatologique traditionnelle, « le service de la communauté » se mue très facilement en esclavage et en aliénation. Relire à ce sujet les § 47 et 48 du Compendium de la doctrine sociale de l’Église que les auteurs du pacte éducatif mondial feraient bien d'avoir en tête !

   Dans ce système dont la théorie n'a rien à envier aux pires régimes communistes, l'éducation s'effectue tout entière en vue du service de la collectivité : « la recherche éducative distingue toujours plus clairement la dimension centrale du service au prochain et à la communauté en tant qu’instrument et but de l’éducation. » (p. 18 de l'instrumentum laboris). Vous croyiez que le Vatican allait mettre l'accent sur l'éducation religieuse ? Eh bien, vous vous êtes trompé ! Ou plutôt, non, vous ne vous êtes pas trompé. Car l'éducation religieuse a Dieu pour objet. Et précisément, rappelez-vous que la collectivité est Dieu, puisqu'« « ensemble » est le mot qui sauve tout et accomplit tout » (p. 7 de l'instrumentum laboris). Donc il s'agit bien ici d'une éducation religieuse, quoique d'un genre nouveau…

   Mais comment cette éducation peut-elle avoir pour but de mettre au centre le « service au prochain et à la communauté », et être en même temps une « éducation écologique intégrale » (p. 10 de l'instrumentum laboris), « ayant pour vocation de créer une citoyenneté écologique » (Laudato si' n° 211, p. 16 de l'instrumentum laboris) ? Comment comprendre l'articulation entre ces deux aspects apparemment irréductibles l'un à l'autre ? Tout simplement en prenant conscience du fait que le prochain et la communauté auxquels on prétend nous asservir ne sont pas seulement les êtres humains. Il s'agit, antispécisme oblige, de la grande communauté de la nature : les animaux (et parmi eux les humains), les végétaux et les minéraux ! Vous avez l'honneur de faire partie d'un tout divin ? Eh bien, vous allez devoir perpétuellement vous sacrifier pour « ce macrocosme qu'est Dieu » ! Souvenez-vous : « rien ni personne n’est exclu de cette fraternité. [...] Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre. » (Laudato si’, n° 92).

   Des influences onusienne et mondialistes indéniables

   Un des problèmes les plus visibles du pacte éducatif mondial réside dans le fait qu'il s'inspire en grande partie de la mentalité onusienne. Sur le plan formel, l'idée d'un pacte mondial provient tout droit de l'ONU, qui avait lancé le sien en 2000. Comparez son logo avec celui du pacte éducatif mondial : leur parenté crève les yeux. Dès votre arrivée sur le site dédié au projet, vous voilà face à un diaporama où les considérations de Kofi Annan (longtemps secrétaire général des Nations Unies) sur l'éducation côtoient des citations de Gandhi et C. S. Lewis, tous trois grands catholiques comme chacun le sait…

   Mais ces ressemblances ne s'arrêtent pas là. On peut parler de véritable influence onusienne. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter le programme de l'atelier qui s'est tenu les 6 et 7 février 2020 au Vatican dans le but d'échanger sur le pacte éducatif mondial15. Parmi les participants, on trouve Stefania Giannini, sous-directrice générale de l'UNESCO pour l'éducation, Jeffrey Sachs, lui aussi très impliqué dans diverses responsabilités au sein des Nations-Unies, Leslee Udwin, militante féministe récompensée à deux reprises par l'ONU pour son combat en faveur des droits de l'homme, José Maria del Corral, un proche de François récompensé par l'UNICEF. La note introductive de ce programme (p. 3) cite même les items 2 et 3 des Objectifs du Millénaire pour le Développement, respectivement « l'éducation primaire pour tous » et « l'égalité des sexes », et la moitié de ses notes de bas de page renvoie à des documents de l'ONU. Or, se réclamer de ces objectifs devrait normalement poser problème à l'Académie Pontificale des Sciences Sociales, organisatrice de l'atelier. En effet, l'item 5 des OMD (« améliorer la santé maternelle ») inclut l'accès à la contraception et à ce que l'on nomme pudiquement la « planification familiale » (voir les p. 31 à 39 du rapport de 2012). Tout cela ne semble pas très catholique… Mais François n'a-t-il pas déclaré que nous devions obéir aux Nations-Unies ?

   L'intervention de Jeffrey Sachs lors de cet atelier s'avère très significative des liaisons dangereuses que l’Église catholique cultive actuellement avec les instances mondialistes. Pendant une demi-heure, l'économiste disserte sur les moyens financiers qui permettraient d'assurer l'éducation de toute la planète. À un aucun moment, la question du contenu précis de cette éducation n'est vraiment abordée. Son allocution se termine sur ce qui ressemble à d'excellentes nouvelles. En effet, les plus grandes fortunes du monde (Bill Gates…) et ses plus hautes instances se déclarent prêtes à soutenir financièrement le pacte éducatif mondial du pape : les agences onusiennes (UNICEF, UNESCO...), le Fonds Monétaire International, l'Union Européenne… Et là, on peine à croire qu'il s'agisse, de la part de ces instances mondialistes, de soutenir une éducation authentiquement catholique… Surtout lorsque l'on voit apparaître, dans la liste de Jeffrey Sachs, les promoteurs des Objectifs de Développement Durable du Secrétaire Général de l'ONU, dont il fait lui-même partie. Or, parmi ces ODD, on retrouve l'accès à la contraception et à la « planification familiale ». En fait, durant son intervention, Jeffrey Sachs se réclame constamment des objectifs onusiens, sans que personne ne bronche. Tout se passe comme s'il n'y avait pas d'incompatibilité majeure entre ces objectifs et la morale catholique…

   Conclusion

   Le pacte éducatif mondial voulu par le pape se présente donc comme une étape décisive dans la mise en place d'une nouvelle spiritualité globale ; une spiritualité sous-tendue par une vision du monde relativiste, panthéiste et antispéciste, débarrassée de Jésus-Christ et de la morale catholique ; une spiritualité à laquelle même les entités mondialistes et satanistes peuvent apporter leur soutien16, car elle s'inscrit pleinement dans leur projet d'asservissement mondial ; une spiritualité que beaucoup de catholiques promeuvent sans même en avoir conscience, sous le nom d'écologie intégrale.

   N'en déplaise aux papolâtres de tous crins, on ne peut que pointer du doigt la très lourde responsabilité du pape François dans cette subversion sans précédent de la doctrine catholique. Bien sûr, cela n'empêche bien sûr pas de prier pour sa conversion et pour le salut de son âme. Mais il est évident que s'il se comporte jusqu'à la fin comme le faux prophète décrit par saint Jean dans l'Apocalypse, il connaîtra le même sort que lui : « Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre. » (Apocalypse, XIX, 20)
 

NOTES
1 Pour bien saisir la rhétorique relativiste à l'œuvre dans cette phrase, voir plus bas le paragraphe sur les effets nivelants de la coordination.

2
 Cf. MONTAGNA, Diane, SCHNEIDER, Athanasius, Christus Vincit: Christ’s Triumph Over the Darkness of the Age, New-York, Angelico Press, 2019, p. 165-166.

3
« L’Espérance est une vertu surnaturelle, infuse par Dieu dans notre âme, par laquelle nous désirons et nous attendons la vie éternelle que Dieu a promise à ses serviteurs, et les secours nécessaires pour l’obtenir. » Cf. le Grand Catéchisme de saint Pie X, chapitre I, cinquième partie, § 6.

4
Bien sûr, dans la promotion de cette fraternité, tout comme dans celle de la prétendue maternité de la terre, saint François d'Assise, avec son Cantique des créatures, constitue l'alibi parfait. Mais il faut ici rappeler que le poverello se voulait poète, et non pas théologien ; qu'il se méfiait de l'érudition livresque ; qu'il ne souhaitait pas que ses fils spirituels entreprennent des études. Dans ces conditions, se servir de ses écrits comme d'une base doctrinale sûre et certaine, c'est juste ne pas faire preuve de sérieux…

5
§ 10-11 ; 62 ; 124 ; 137 ; 156 ; 159 ; 225 ; 230.

6
GRECE (Alain de Benoist et Charles Champetier), Manifeste pour une renaissance européenne. À la découverte du GRECE. Son histoire, ses idées, son organisation, Paris, 2000, p. 92. Cité par François Stéphane, « La Nouvelle Droite et l'écologie : une écologie néopaïenne ? », Parlement[s], Revue d'histoire politique, 2009/2 (n° 12), p. 132-143. DOI : 10.3917/parl.012.0132. URL : https://www.cairn.info/revue-parlements1-2009-2-page-132....

7
Ibidem, p. 92. Cité par le même article de François Stéphane.

8
Ibid.

10
Cf. « Falk Van Gaver : « Le christianisme est riche en alternatives au capitalisme » entretien avec Kévin Boucaud-Victoire publié sur Aleteia le 1er septembre 2017, que l'on peut lire à l'adresse suivante : https://fr.aleteia.org/2017/09/01/falk-van-gaver-le-christianisme-est-riche-en-alternatives-au-capitalisme/

11
Cf. « Falk, l'écologiste intégral de Raiatea », entretien publié le 30 octobre 2018 sur le site hommesdepolynesie.com, et que l'on peut lire à l'adresse suivante : http://hommesdepolynesie.com/societe/falk-l-ecologiste-integral-de-raiatea/

12
Cf. « Falk Van Gaver : « Le christianisme est incompatible avec le capitalisme et le système-argent », entretien avec Kévin Boucaud-Victoire, publié le 11 septembre 2017 sur le site Le Comptoir, et que l'on peut lire à l'adresse suivante : https://comptoir.org/2017/09/11/falk-van-gaver-le-christi...

13
Cf. « Desafios ecológicos do fim do milênio », article de Leonardo Boff paru le 12 mai 1996 dans le quotidien Folha de S.Paulo, que l'on peut consulter à la page suivante : https://www1.folha.uol.com.br/fsp/1996/5/12/mais!/3.html


14 Cf. « Les mutations en cours dans la théologie de la libération », article originellement paru dans Cencos Iglesias, avril 1996, Mexico, puis traduit en français et publié par DIAL (Diffusion de l'Information sur l'Amérique Latine), dans l'exemplaire D 2102 du 1-15 octobre 1996. On peut lire cette interview ici : http://www.dial-infos.org/05_archives/html_05texte/dialD2102.html. Je souligne.

15
 On peut visionner les interventions des différents participants à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/playlist?list=PLPHLdH2gKE0edlKOAB...

16 D'après Jeffrey Sachs, Bill Gates est intéressé par le pacte éducatif mondial. Selon le journaliste très bien informé Edward Pentin, son épouse Melinda Gates a rencontré le pape en privé en novembre 2019. Et tout le monde a pu voir cette dame s'afficher avec une croix inversée en pendentif, lors du show Today, diffusé le 8 mai 2020. C'est ce que l'on appelle pousser très loin le dialogue interreligieux…
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Message par Gilbert Chevalier le Lun 22 Juin - 8:06

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Bienvenue dans cette série sur le Pacte Éducatif Mondial du Pape François ! Nous montrerons dans ce premier épisode que ce projet repose sur des fondements relativistes, et oublie la primauté du Christ.
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Message par Gilbert Chevalier le Lun 22 Juin - 8:08

- 7 -


Bienvenue dans cette série sur le Pacte Éducatif Mondial du Pape François ! Nous montrerons dans ce deuxième épisode que ce projet promeut une spiritualité horizontale et panthéiste.
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Message par Gilbert Chevalier le Lun 22 Juin - 8:10

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Bienvenue dans cette série sur le Pacte Éducatif Mondial du Pape François ! Nous montrerons dans ce troisième épisode que ce projet est sous-tendu par une vision du monde antispéciste.
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